Carole Fournier revient fatiguée, mais satisfaite du Marathon des Sables

EDMUNDSTON – Courir 250 kilomètres dans le désert est une expérience exigeante en soi. Carole Fournier, de Saint-Basile, est satisfaite d’avoir complété le 30e Marathon des Sables et d’avoir pu s’en sortir sans blessures sérieuses.

Carole Fournier revient tout juste de sa participation au Marathon des Sables, tenu la semaine dernière dans le désert du Sahara.

«Cela a été une belle expérience, difficile mais inspirante. Pour l’instant, je suis en repos, je sens que mon corps récupère bien avec beaucoup de sommeil. Mes espadrilles sont là et j’attends juste qu’elles me parlent pour les chausser à nouveau», a-t-elle blagué.

Carole Fournier montre fièrement sa médaille du 30e Marathon des Sables dans le désert du Sahara. - Gracieuseté
Carole Fournier montre fièrement sa médaille du 30e Marathon des Sables dans le désert du Sahara. – Gracieuseté

Malgré cet éreintant parcours de 250 kilomètres en six jours, elle dit ne pas vivre une «écoeurantite» de la course à pied.

«Je savais dans quoi je m’embarquais. On a bien beau penser qu’on a tout planifié au préalable, mais c’est en vivant la course qu’on se rend compte qu’il y a des impondérables», a-t-elle mentionné.

Elle cite en exemple la lourdeur du sac qu’elle transportait pour son alimentation et besoins personnels, la gestion de l’eau, les blessures ou encore la température très chaude.

«C’est un parcours difficile. Mais j’ai été chanceuse, je n’ai pas eu de blessures sérieuses, à part des complications à mes pieds (ampoules). Je les avais tellement enflés que je ne laçais plus mes chaussures vers la fin», a-t-elle souligné, laissant entendre que la texture du sol en courant dans le sable du Sahara se rapprochait un peu de la course dans la neige en hiver au Nouveau-Brunswick.

Carole Fournier a terminé le parcours de 250 km en un temps de 68h04m. Le gagnant est un compétiteur marocain qui a franchi les six étapes en 20h21m.

La quatrième étape du parcours de 92 km était étalée sur deux jours, la plus éreintante de l’épreuve. À ce moment-là, les participants ont notamment dû courir sous une température de 52 degrés Celsius.

«J’ai fait du temps en sauna durant ma préparation et ça ne se comparait même pas. Un moment donné, il y avait assez d’arbres verts pour faire de l’ombre et je n’ai pas eu le choix d’y aller me réfugier pour abaisser la température de mon corps», a admis celle qui revient avec le visage bien bronzé.

«Oui, ça fait mal, mais on endure» – Carole Fournier

Cette photo montre les soins apportés aux pieds de Carole Fournier, victime de nombreuses ampoules et de l’enflure. - Gracieuseté
Cette photo montre les soins apportés aux pieds de Carole Fournier, victime de nombreuses ampoules et de l’enflure. – Gracieuseté

La bataille se fait autant contre le parcours que contre soi-même lors d’un tel marathon, selon Carole Fournier. En fait, ça devient une question d’accomplissement de soi, a-t-elle ajouté.

«C’est certain que ton corps est rudement mis à l’épreuve physiquement. Et on dirait qu’on veut voir jusqu’où il pourra tenir. Oui, ça fait mal, mais on endure. On veut se surpasser et on continue malgré tout. C’est là qu’on réalise que notre corps est capable de beaucoup plus que ce que l’on croyait. Ce n’est pas un gain pour la santé mais une victoire comme athlète», a expliqué celle qui a perdu neuf livres durant le marathon.

Elle reprendra l’entraînement sous peu dans le but de prendre part à un autre ultramarathon cet automne.

Dans quelques semaines, Carole Fournier effectuera une conférence pour relater son expérience.