Commandos: «Nous réalisons lentement ce que nous venons d’accomplir» – Jeff LeBlanc

DIEPPE – Jeff LeBlanc n’a pas beaucoup dormi dans la nuit de vendredi à samedi. Mais les détails des célébrations qui ont suivi la victoire des Commandos de Dieppe sur les Bearcats de Truro en finale de la Coupe Kent ne sont apparemment pas pour publication. Disons seulement qu’ils se sont payés royalement la traite!

Et pourquoi pas?

L’équipe dirigée par l’ancien joueur des Wildcats n’a perdu que deux rencontres – les deux contre les Timberwolves de Miramichi en finale de la division Meek, dont une en prolongation – lors des séries 2015 de la Ligue de hockey junior des Maritimes.

Dieppe a balayé les Tigres de Campbellton en première ronde, avant de réserver la même médecine aux Bearcats en finale du circuit.

Malgré le manque de sommeil, le coach flottait toujours un nuage samedi.

«Nous réalisons lentement ce que nous venons d’accomplir. Les jeunes ont travaillé fort et ils ont été récompensés pour tous les sacrifices qu’ils ont fait cette saison», indique Jeff LeBlanc.

Les Dieppois ont mis la main sur la première Coupe Kent de leur histoire, en signant une victoire de 5 à 2 sur Truro, vendredi.

Les Commandos avaient également remporté le championnat de la saison régulière, une autre première.

«Tous ça est le résultat d’un travail de tous les instants de beaucoup de gens, qu’on pense à Michel Gauvin (directeur du recrutement), Troy Dumville (directeur gérant),

Jean-François Damphousse (propriétaire), les adjoints et tout le monde engagés dans cette organisation. Tous ces gens-là n’ont jamais calculé les heures», indique le pilote des Commandos.

«Nous avons eu droit à quelques lueurs de récompense pour tout ce travail l’an dernier alors que nous avons atteint la finale. On pouvait déjà dire que cette saison serait spéciale.»

Dieppe a complètement dominé ses adversaires en séries, notamment en finale face aux champions en titre (Truro). Comment expliquer une telle performance?

«Nous avons vraiment embouteillé les Bearcats vendredi et tout au long des quatre rencontres. Ils n’ont réussi que 27, 25, 23 et 21 tirs au but contre nous. Ça, ça veut dire que beaucoup de joueurs ont bloqué des tirs, qu’ils ont bien joué défensivement et qu’ils ont bien appliqué le système que nous avons mis en place toute la saison», analyse-t-il.

«On savait qu’on avait l’attaque pour aller loin et on savait aussi que comme groupe, si on parvenait à garder la rondelle loin de notre filet, on aurait une chance de remporter beaucoup de parties de hockey.»

Son seul regret, c’est que sa famille n’était pas à Truro pour assister à ce moment magique vendredi.

«Je me sentais mal pour mon épouse et pour mes enfants qui n’ont pas pu apprécier cette soirée spéciale. Mais je vais apporter la coupe à la maison au cours des prochains jours et on va en profiter en famille. Ils ont sacrifié beaucoup de choses cet hiver parce que j’étais souvent parti», précise-t-il avec une voix qui manquait soudainement d’assurance.

C’est d’ailleurs lui qui va être le premier à rapporter la coupe à la maison.

«Mon fils a vu des photos de la coupe vendredi soir, mais il ne l’a pas encore vue en personne. Ça ne saurait tarder.»

Les partisans de l’équipe n’ont pas eu la chance de célébrer beaucoup avec leurs favoris puisque les Commandos ont remporté leurs trois séries sur la route.

L’entraîneur confirme donc que tout le monde aura la chance de souligner cette conquête lors d’une fête qui aura probablement lieu en fin de semaine prochaine.

Les détails devraient être connus cette semaine.

Toute l’attention sur la Coupe Fred Page

Les célébrations ne sont pas encore terminées, mais déjà, les Commandos portent leur attention vers la Coupe Fred Page.

Jeff LeBlanc soulève la Coupe Kent. - Gracieuseté
Jeff LeBlanc soulève la Coupe Kent. – Gracieuseté

«On sait qu’on va affronter de puissantes équipes dans ce tournoi, mais en même temps, on sait qu’on a une très bonne équipe de hockey. On s’en va là (à Cornwall) pour remporter un championnat et pas pour prendre des vacances», promet l’entraîneur Jeff LeBlanc.

Les Commandos seront d’ailleurs de retour sur la glace dès mardi. L’entraîneur assure d’ailleurs que le travail est loin d’être terminé et que Dieppe ne voit pas sa participation au tournoi de la Coupe Fred Page comme un boni.

«J’ai vu un bout du quatrième match entre Pembroke et Carleton (les finalistes ontariens) et ce sont deux équipes imposantes physiquement. Mais notre force demeure notre vitesse et c’est ce que nous devrons exploiter à Cornwall», souligne l’entraîneur.

«Qu’on joue au Manitoba, en Ontario ou ailleurs, on doit rester fidèle à notre identité et à nos forces. Si vous êtes plus gros, ça veut dire que vous êtes aussi plus lents et qu’une équipe rapide peut en profiter», poursuit Jeff LeBlanc.

«On sait que la compétition sera féroce parce que nous allons affronter les champions du Québec et de l’Ontario», ajoute-t-il.

Seulement deux équipes sont connues pour le moment, les Commandos et la formation hôtesse de Cornwall.

Sherbrooke et Longueuil sont présentement en finale dans le circuit québécois, alors que Carleton et Pembroke s’affrontent dans la Ligue de hockey junior centrale de l’Ontario.

Un esprit d’équipe qui fait la différence

Quelle est la recette magique des Commandos de Dieppe? Pour l’entraîneur Jeff LeBlanc, c’est l’esprit d’équipe qui fait toute la différence.

«Nous avons un groupe de gars qui s’entendent vraiment bien ensemble. Plusieurs ont joué ensemble dans le hockey mineur et plusieurs autres en sont à leur troisième saison avec nous. Je pense notamment à Shane Dallaire, Michael Poirier, Mathieu Newcomb, Cody Drover et Matt Bernier», souligne-t-il.

«Beaucoup de gens s’imaginent qu’il y a des cliques dans l’équipe à cause de la présence de joueur francophones et anglophones, mais ce n’est pas du tout le cas. En toute sincérité, je n’ai jamais vu de friction entre les deux groupes depuis que je suis ici», explique l’entraîneur, qui est parfaitement bilingue.

«Je regarde Robbie Graham, un Acadien de Rexton, qui joue avec un anglophone de Quispamsis (Ryan Langan) et un autre de Salisbury (Lindon Beckwith) et les trois s’aiment comme des frères. C’est un groupe vraiment spécial», constate Jeff LeBlanc.

«C’est un vieux cliché de dire qu’une équipe forme une grande famille, mais dans notre cas, c’est tout à fait vrai. Les gars feraient n’importe quoi pour le gars qui est assis à côté. Nous sommes vraiment une famille.»