«Dans certaines sections, ta vie était réellement en danger» – Carole Fournier

EDMUNDSTON – Malgré tous les judicieux conseils obtenus et la préparation qu’elle s’est imposée avant sa participation au Marathon des Sables, Carole Fournier sait maintenant qu’elle n’aborderait pas la course de la même façon si elle devait y retourner un jour.

La chose dont elle est la plus certaine, c’est qu’elle saurait mieux gérer son matériel.

«Mon sac pesait 11 kg en comptant l’eau et c’était trop lourd de deux à trois kilos. Disons que je m’étais permis du luxe. Je m’étais même apporté une petite caméra pour prendre des photos. Mais après la première journée, j’avais tellement mal aux épaules que j’ai détesté tout mon luxe. J’ai aussitôt jeté des aliments et des vêtements de surplus, ainsi qu’un réchaud pour chauffer ma nourriture», raconte-t-elle avec humour.

«La gestion de tout ce qui t’entoure est très importante. Dans une telle course, tu dois bien gérer ton eau et tu dois accepter que tu ne manges pas bien, que tu ne dors pas bien, que tes pieds font mal et que tu es fatiguée. Tu dois l’accepter parce que dès le lendemain, tout est à recommencer avec une autre épreuve» affirme-t-elle.

Selon elle, même si la longue étape de 91,7 km n’était pas de tout repos, la plus difficile à ses yeux était la deuxième étape. Une épreuve de 31,1 km où les participants sont en mode escalade sur la moitié de la distance.

«Avant de commencer le marathon, je savais que cette étape serait la plus difficile. On y retrouve une longue section où on grimpe une série de montagnes avec des cordes sans harnais. Ce sont des montagnes de roche et de sable que tu grimpes en marchant sur tes mains et tes pieds. Dans certaines sections, ta vie était réellement en danger à chacun de tes pas. Avec mon vertige, ce n’était pas le moment de faire un faux pas», lance-t-elle.

Les pieds de Carole Fournier, couverts de diachylon en raison des ampoules. - Gracieuseté
Les pieds de Carole Fournier, couverts de diachylon en raison des ampoules. – Gracieuseté

«Je me suis quand même retrouvée dans une situation de panique psychologique quand les jambes m’ont lâché lorsque je suis arrivée sur le haut d’une crête. Je me suis assise. Je savais que c’était impossible de descendre et je ne me sentais pas capable de continuer à grimper. Ce sont finalement trois participants qui m’ont aidée à passer au travers.

«Le Marathon des Sables, c’est une course où il y a beaucoup de solidarité entre les participants. Peut-être pas parmi l’élite, mais les autres oui. La même journée, j’ai moi-même eu l’occasion d’aider quelqu’un qui était vraiment mal en point. Il était sous médication, il venait de recevoir une perfusion et il était pris de nausées et d’étourdissements. Je me suis collée à lui et je lui ai parlé pour l’encourager à continuer. Il a fini par compléter l’épreuve et je l’ai revu dans la dernière journée du marathon. Il est venu me remercier de l’avoir aidé. C’est venu me chercher», dit-elle avec émotion.

Carole Fournier dit avoir puisé aussi beaucoup de réconfort dans les messages d’encouragement qu’elle recevait sur une base quotidienne via internet.

«Autant leurs encouragements me mettaient de la pression, autant ça m’a encouragé à continuer, indique-t-elle. Il était hors de question de laisser tomber tous les gens qui m’avaient aidé à me rendre jusque-là.»

Parmi ceux et celles qui n’ont jamais cessé de la nourrir d’espoir, il y a ses parents, Michel Fournier et Éveline Gallant-Fournier.

«Ils étaient inquiets avant mon départ, mais ils m’ont suivie avec énormément d’enthousiasme pendant la course grâce à une puce électronique qu’on avait à une cheville et une balise GPS qui était sur nos sac. Ils pouvaient même me voir le soir quand je franchissais le fil d’arrivée à chaque fin d’épreuve. Ils étaient fiers de me voir réaliser mon rêve. Ils ont cependant été inquiets une fois lors de la longue épreuve. Pendant un bon bout de temps, ils n’ont pas vu le point du GPS bouger. Les médecins de la course m’empêchaient de repartir parce que je souffrais de déshydratation. J’ai même eu peur d’être obligée d’abandonner parce que je ne voyais pas comment j’allais être en mesure d’arriver à temps pour compléter l’épreuve. Chacune d’elles devait être terminée dans un certain temps», indique-t-elle.

Carole Fournier a par tenu à souligner l’appui de ses commanditaires, soit Jessome’s La Source du Sport, Les Caisses populaires acadiennes, Assomption Vie, la Caisse populaire des Trois-Rives, Martin Mazda et Imagigo. Elle est également fière d’annoncer qu’elle s’est trouvée cette semaine (grâce à Jessome’s La Source du Sport) un nouveau partenaire en Salomon, une entreprise spécialisée dans les vêtements et les chaussures de courses en sentier.