Marc Lalonde, très heureux pour sa fille Geneviève

MONCTON – Marc Lalonde a beau être le plus grand fan de sa fille Geneviève, il n’en demeure pas moins un homme modéré. Certes, celui qui cumule également les fonctions de vice-président d’Athlétisme Nouveau-Brunswick est le plus heureux des papas de voir sa fille accéder au niveau le plus élevé en athlétisme, mais il est encore plus content de savoir que sa fille a réussi à développer le talent qui lui a été donné.

Dès le début de l’entrevue, lorsque l’auteur de ces lignes lui suggère qu’il doit être immensément fier de savoir que sa fille va prendre part le 13 juin au Grand Prix de New York, qui se veut l’une des épreuves de la Ligue diamant de l’Association internationale des fédérations d’athlétisme (IAAF), il tique aussitôt sur le mot fierté.

«Il me fait peur ce mot. C’est d’ailleurs arrivé très rarement que je lui dise que j’étais fier d’elle. Le mot “fierté” m’a toujours soutiré de l’inquiétude. Souvent, le mot “fierté” est associé à un parent qui vit son rêve à travers son enfant. Ma conjointe (Lyne) et moi, nous nous contentons de jouer le rôle de partisans. C’est son show à elle et nous la supportons, que ce soit dans ses victoires ou dans ses moments plus difficiles. Nous sommes ses pare-chocs quand elle a besoin d’aide», image-t-il.

«Bien sûr, on doiy être content quand ton enfant réussit quelque chose comme ça. Mais je suis encore plus heureux de savoir qu’elle a su gérer son temps si magnifiquement, que ce soit avec sa maîtrise à l’université et son sport. Je suis content de voir qu’elle a réussi à développer le talent qui lui a été donné», mentionne-t-il.

Il finira quand même pas avouer avoir réagi avec enthousiasme lorsque Geneviève lui a annoncé la nouvelle. «Je lui ai écrit quelque chose qui ressemblait à Carramba! Yahoo!», lance-t-il avec humour.

Marc Lalonde a toujours fait attention de ne pas trop encenser sa fille malgré ses innombrables exploits.

«L’erreur qui est malheureusement trop régulièrement commise quand le talent d’un athlète est décelé très tôt est que nous avons tendance à célébrer trop rapidement. Ce n’est pas la faute de l’athlète, mais ça finit souvent par leur monter à la tête. Ça prend du temps pour devenir un véritable athlète. C’est un travail de longue haleine. Il faut être patient. Même ceux et celles qui commencent sur le tard à l’adolescence peuvent percer une fois chez les seniors. Tout ce qui se passe avant que l’athlète n’atteigne l’âge adulte ne compte pas vraiment. Le plus important, c’est la courbe de progression. Il faut comprendre que les athlètes ne progressent pas tous au même rythme. Règle générale, un athlète atteint seulement son sommet de 26 à 29 ans», affirme-t-il.

«J’ai beaucoup aimé que Geneviève donne le crédit à tous les gens qui l’ont aidée. Il y a tellement de gens qui ont contribué à son développement. Il y a une société derrière son succès. Je pense à Joël (Bourgeois) et à tous les autres entraîneurs qui ont travaillé avec elle, qui ont vu son talent», indique-t-il.

Le vice-président d’Athlétisme N.-B. est aussi d’avis que les succès de sa fille au 3000 m steeple chase, de même que tous les autres, dont le javeliste Caleb Jones, confirme que l’organisme provincial est dans la bonne voie.

«Nous sommes en train de récolter ce que nous avons semé. C’est bien beau semer, mais il faut aussi s’en occuper. Et à ce niveau, tout le crédit revient à des gens comme Gabriel LeBlanc, Steve LeBlanc et Jason Reindl qui ont été extraordinaires. Notre président Bill MacMackin fait aussi un travail formidable. Et que dire des clubs à travers la province qui mettent énormément d’efforts dans le développement de nos athlètes», ajoute-t-il.