Le football en famille chez les Dako-Bergeron

MONCTON – Le football, on vit ça en famille chez les Dako-Bergeron. Étienne, Maxime, Jean-Michel et Julie carburent au ballon rond 12 mois par année. Pas étonnant, donc, que les quatre soient engagées de près ou de loin dans cette Coupe du monde 2015.

Julie Bergeron a pourtant grandi avec le hockey, à Nicolet, au Québec. Mais sa rencontre avec Étienne à l’Université Laval lui a permis de découvrir une nouvelle passion.

«Je deviens de plus en plus une amateure de foot. On y prend goût, souligne celle qui est arrivée en Acadie en 2000 avec son conjoint. J’aime maintenant plus le foot que le hockey. Je le comprend mieux. J’aime aussi beaucoup l’intensité des athlètes. On les voit courir pendant 90 minutes dans la chaleur parfois intense. Ça prend des athlètes exceptionnels pour faire ça.»

Ses deux enfants ont évidemment grandi avec un ballon au pied. Ils ont même leur propre filet de football, érigé dans la cour arrière, pour s’entraîner.

«Mes deux fils vivent ça 24 heures par jour. S’il y a un ballon qui traîne dans le salon, c’est sûr qu’ils vont l’avoir au pied. Des fois, il faut cacher les ballons!»

Le paternel est aussi un fervent du ballon rond. L’Ivoirien d’origine se dit fier de voir son équipe nationale jouer à Moncton sur cette grande scène internationale.

«Tout le monde a joué au foot dans ma famille. J’ai moi-même atteint un certain niveau, mais j’ai dû arrêter de jouer en raison des blessures et de mes études», mentionne celui qui est biochimiste à l’Université de Moncton.

Étienne Dako a dirigé l’équipe Codiac U-16 qui a participé au championnat canadien en Colombie-Britannique en 2013.

«Pour nous, cette qualification (de l’équipe féminine de la Côte d’Ivoire) est une grande fierté puisque que le foot est un sport majoritairement pratiqué par des hommes en Afrique. Je suis heureux de voir que le football féminin prend de l’ardeur, précise-t-il. J’ai été surpris de voir que la Côte d’Ivoire s’est qualifiée pour la phase finale. Elles ont réussi à terminer troisième (sur 55 équipes) sur le continent africain. J’étais très fier de voir qu’elles allaient venir jouer à Moncton.»

Les deux fistons, qui se considèrent autant Canadien, Québécois et Acadiens qu’Ivoiriens, affichaient aussi leur couleurs.

«Je suis fier de toutes ces nationalités puisqu’elles me définissent toutes comme personne. Je suis donc fier de voir mon équipe nationale jouer devant nous ici», indique Jean-Michel Dako, qui va se joindre aux Aigles Bleus de l’Université de Moncton en septembre.

«Le fait de voir toute une communauté les appuyer représente une expérience que j’ai adorée», ajoute le footballeur de 17 ans.

Cette communauté ivoirienne à Moncton comprend une cinquantaine de personnes, dont plusieurs étudiants à l’U de M.

Son jeune frère Maxime a bien l’intention de suivre les traces de Jean-Michel.

«C’est un sport intéressant à jouer, et en plus, c’est un des seuls sports que je suis bon dedans!», lance-t-il avec conviction.

Le joueur de 12 ans est l’un des meilleurs de la province dans la catégorie U-13.

Celui qui admire le Brésilien Neymar fils risque donc lui aussi de faire parler de lui au cours des prochaines années.

Les deux ont d’ailleurs déjà marqué l’histoire de leur sport au Nouveau-Brunswick, puisqu’ils ont tous deux été les meilleurs buteurs de la province (dans leur catégorie respective) la même année, soit en 2013.

De quoi rendre une mère bien fière.

«C’est la passion de mes enfants et la Coupe du monde leur donne la chance de voir du jeu de haut niveau», explique celle qui est bénévole pendant la compétition à Moncton.

Une expérience unique que les membres de la famille Dako-Bergeron n’oublieront pas de sitôt.