Le fitness, la passion de Yannick Thibodeau

Le fitness de compétition, une forme plus ouverte de culturisme, demande un engagement tout aussi intense et dévoué. Pas de paresse, pas de tricherie, pas d’excès. De l’entraînement, beaucoup d’entraînement. Manger la même chose, sans sucre et sans gras, pendant des semaines. Mais tous ces sacrifices – le mot est faible – en valent la peine quand tu montes sur la plus haute marche du podium. Et encore plus quand tu ne t’y attends même pas.

C’est exactement ce qui est arrivé à Yannick Thibodeau, un passionné de ce sport, en fin de semaine.

Le sportif de Tracadie âgé de 21 ans s’est présenté au Musée canadien de l’histoire, à Gatineau. Il aurait bien aimé le visiter, mais il avait quelque chose de plus important à son programme: prendre part à sa première compétition en carrière de la International Drug Free Athletics, une organisation qui prône la bonne condition physique sans l’usage de produits dopants.

Classé parmi les sept concurrents de la catégorie masculine novice 5 pi 5 po et plus, jamais il ne se voyait récolter quelque honneur que ce soit. Ce sera pour l’expérience, se dit-il.

«Je n’étais pas nerveux parce que je n’y avais aucune attente. J’aurais terminé dernier et ça ne m’aurait pas dérangé», raconte-t-il.

Dernier? Yannick a plutôt terminé… premier! Les juges ont trouvé en lui la meilleure définition et la symétrie musculaires du groupe de jeunes hommes pourtant plus grands et plus massif que lui.

«Je suis super content et ça me donne la motivation pour participer à d’autres compétitions, affirme celui qui aimerait bien devenir entraîneur personnel. Je me suis décidé un peu sur le tard pour ce concours. Plutôt que de prendre 12 semaines de préparation, je n’en ai eu que 10. J’y ai mis tout mon temps. Je me suis pris en main, j’ai foncé et malgré les complications, j’ai obtenu des résultats. Il a fallu que j’y mette beaucoup d’énergie: le gymnase deux à trois heures par jour, aller courir avant et après, manger la même chose tous les jours, pas de gras et pas de sucre…

«Ça, c’était vraiment difficile car je suis une bibitte à sucre. C’est le pire sevrage que j’ai vécu!», jure-t-il en riant.

En fitness, la masse musculaire est importante, certes, mais pas autant qu’en culturisme. C’est un sport tout aussi intense, mais qui privilégie davantage la physionomie et l’esthétique dans l’entraînement. Il faut être doté d’une volonté presque à toute épreuve. Pour y arriver, le jeune homme a eu besoin des conseils d’un expert, Lucas Couturier, un entraîneur privé d’Ottawa.

«Je suis un passionné de l’entraînement, explique Yannick Thibodeau. J’ai toujours pratiqué des sports dans ma vie. Plus jeune, je jouais au soccer et j’étais judoka. J’ai commencé à m’entraîner en gymnase en 9e année. Je pratique le culturisme depuis deux ans seulement et tout ça est encore assez nouveau pour moi.»

Nouveau, certes, mais apparemment plein de potentiel pour lui. C’est pourquoi il veut aller plus loin et voir jusqu’où cette aventure peut le mener. L’athlète de Tracadie réfléchit déjà à sa prochaine compétition, probablement pas avant tard cet automne en raison de la période de préparation assez longue et fastidieuse.

«Pour moi, c’était un rêve de faire de la compétition. Et maintenant, j’ai la motivation pour en faire d’autres. Plus j’en ferai, plus j’aurai de l’expérience et plus ça m’ouvrira des portes. C’est ma passion et plus que jamais, je veux continuer ma passion», prétend cet ex-travailleur dans l’Ouest canadien.