Samantha McLaughlin, timide dans la vie, redoutable sur patins

Il ne faut pas se fier à la petite voix douce et timide de Samantha McLaughlin. Parce qu’avec une paire de patins dans les pieds et un bâton de hockey dans les mains, elle devient une redoutable défenseure aux habiletés fort prometteuses. Les Bisons de la polyvalente W.-A.-Losier de Tracadie ont pu bénéficier de son immense talent pendant quatre belles saisons. C’est maintenant au tour des Pionnières du cégep de Rimouski de découvrir tout le potentiel de cette jeune femme.

Samantha, âgée de 18 ans, est en train de faire rapidement sa niche au sein de cette formation de la Ligue de hockey collégial féminin AA du Québec. Elle a d’ailleurs inscrit son premier but de sa carrière collégiale en fin de semaine, dans une victoire de 3 à 1 sur le Collège John-Abbott.

Et ne vous inquiétez pas: elle a gardé le disque en souvenir.

«Nous étions dans la zone adverse pour une mise en jeu. Dans ce cas, notre système chez les Pionnières demande à une défenseure de changer de place avec l’ailier. J’ai reçu le disque et j’ai lancé», raconte-t-elle avec joie.

Si les Pionnières et l’entraîneure-chef Geneviève Côté Rioux se frottent déjà les mains d’aise d’avoir Samantha McLaughlin dans leur équipe, il faut dire que l’athlète de Tracadie avait déjà une feuille de route assez impressionnante dans son dossier.

En plus de briller avec les Bisons, elle a été joueuse affiliée pour les Northern Stars de Miramichi au hockey féminin midget AAA en 2014-2015, ce qui lui a permis de disputer 10 matchs dans le calendrier régulier et tous ceux des tournois. Ensuite, ce printemps, elle a joué avec les V-Reds de Fredericton, où elle a pu disputer deux tournois majeurs, un à Québec et un autre à Boston.

«À Boston, j’ai été approchée par deux universités américaines, soit une du Rhode Island et une autre à Chicago. Mais il était trop tard car je m’étais déjà engagée avec les Pionnières. Leurs représentants m’ont néanmoins laissé leurs coordonnées, si jamais j’avais envie de tenter l’expérience», ajoute la jeune hockeyeuse de 5 pieds 5 pouces d’une voix à peine audible.

Celle qui a commencé à jouer au hockey organisé à l’âge de 12 ans, avec les garçons, a reçu un fier coup de main de son amie et ancienne coéquipière des Bisons, Noémie Chiasson. Elle lui a, en quelque sorte, ouvert les portes en parlant de Samantha aux dirigeants des Pionnières, pour qui elle évolue depuis une saison.

«Après les Bisons, je voulais continuer à jouer au hockey, poursuit McLaughlin, qui porte le no 16 chez les Pionnières. À Rimouski, il y avait aussi un programme d’études qui m’intéressait (sciences de la nature, en vue de devenir physiothérapeute). Je suis allée au camp et j’y ai trouvé des filles super gentilles avec un bel esprit d’équipe. On s’entend vraiment bien.»

Pour une recrue, elle joue beaucoup. En plus de son tour régulier, l’entraîneure-chef fait appel à ses services autant en supériorité numérique qu’à court d’une joueuse. Sa vitesse et ses habiletés supérieures à la moyenne sont déjà très utiles à l’équipe, a reconnu Geneviève Côté Rioux.

«Samantha est une petite fille réservée qui ne prend pas de place. C’est normal pour une fille qui arrive dans une nouvelle ville et dans une nouvelle équipe. Nous avons vite remarqué qu’elle est une excellente joueuse. Et déjà, des recruteurs universitaires commencent à nous poser des questions sur elle. Elle a une excellente vision du jeu et une belle rapidité. Nous avons décidé de lui donner davantage de glace et, pour une recrue, c’est vraiment impressionnant ce qu’elle nous donne. C’est une joueuse complète et elle est déjà un de nos piliers en défensive», a analysé la pilote au sujet de sa nouvelle venue.

«Je joue beaucoup, dit Samantha non sans une certaine gêne. Pour une fille de première année, je suis surprise et contente. Je croyais que j’allais avoir plus de difficulté à m’adapter, mais tout s’est passé très vite. J’ai une bonne vitesse, je fais de bonnes passes et je suis capable de générer des jeux à l’attaque. Je suis ici pour trois ans et après, j’aimerais bien jouer au niveau universitaire, soit au Québec ou à Moncton.»

Après quatre rencontres, les Pionnières du cégep de Rimouski montrent un dossier de deux gains et deux revers. Après la pause d’une semaine, l’équipe entreprendra un blitz qui l’amènera aux fêtes, à mi-chemin d’un calendrier de 24 parties.

«On peut faire mieux. Dans nos deux défaites, nous avons dû nous adapter à la vitesse du jeu. Mais là, c’est mieux et avec le temps et de l’entraînement, nous allons encore nous améliorer», indique Samantha McLaughlin, qui a pu revenir se reposer quelques jours à la maison et qui n’oubliera jamais ses quatre saisons dans l’uniforme orange des Bisons de la polyvalente W.-A.-Losier de Tracadie.