Carole Fournier a complété l’ultramarathon du New Hampshire en moins de 29 heures

Bien que Carole Fournier n’a pas été en mesure de réaliser son objectif de briser la barrière des 24 heures au ultramarathon du New Hampshire, en fin de semaine, elle a au moins la satisfaction d’avoir terminé cette course de sentier non-stop de 160 km dans les temps requis.

La jeune femme âgée de 34 ans, qui avait retenu l’attention plus tôt cette année en participant au Marathon des sables dans le désert du Sahara, a complété sa nouvelle aventure en 28 heures et 41 minutes.

En fait, n’eut été de problèmes gastriques, son chrono aurait été nettement mieux. Pour vous donner une petite idée, elle a franchi les 100 premiers km en 12h48m, ce qui veut dire qu’il lui aura fallu près de 16 heures pour terminer les derniers 60 km.

«La dernière portion pendant la nuit a été vraiment difficile. Le problème, ç’a été au niveau de la nutrition. Je n’arrive pas à trouver la bonne formule, c’est-à-dire la bonne proportion quant à la quantité de sucre et de sel dont mon corps a besoin. Cela dit, il se pourrait bien que j’ai consommé trop de sucre. Les symptômes tournent du moins vers ça», affirme-t-elle.

Carole Fournier montre fièrement le clou de rail ferroviaire prouvant qu’elle a couru les 160 km de l’ultramarathon du New Hampshire. - Gracieuseté
Carole Fournier montre fièrement le clou de rail ferroviaire prouvant qu’elle a couru les 160 km de l’ultramarathon du New Hampshire. – Gracieuseté

«J’avais de bonnes jambes, mais je me sentais comme si le reste de mon corps n’aimait pas pas ce qui se passait. Je souffrais d’étourdissements en courant. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que ça m’arrive. Nous allons travailler là-dessus, quoique dans une course aussi longue tu ne peux jamais être certain à 100 %. Il y a trop de variables qui entrent en ligne de compte», explique-t-elle.

Fournier se dit toutefois plus que satisfaite de sa performance dans les 100 premiers kilomètres.

«C’est cinq heures de moins que mon meilleur temps dans une course de 100 km, dit-elle. Sincèrement, on s’est même demandé si je n’avais pas été trop rapide. Mais non, je me sentais très confortable. Même que j’aurais pu aller encore plus vite. C’est vraiment au niveau de la nutrition que ç’a mal été. Je suis quand même fière de ma course parce qu’il n’y a que 35 % des participants qui ont réussi à la compléter.»

«J’étais épuisée à la toute fin. J’ai terminé la dernière boucle avec mon conjoint (Juan Manuel Toro Lara) et nous n’étions plus très beaux à voir en franchissant le fil d’arrivée. Nous marchions comme des zombies», lance-t-elle en riant.

Invitée à comparer le degré de difficulté entre le Marathon de sable, qui consiste à une course en six étapes de 250 km, et cet ultramarathon de 160 km, Carole Fournier estime que les deux épreuves sont aussi difficiles l’une que l’autre.

«Sur le plan mental, j’ai beaucoup moins souffert en fin de semaine, indique-t-elle. Par exemple, je n’ai pas eu de problèmes majeurs aux pieds comme c’était arrivé au Maroc. La plus grosse différence, c’est la gestion de tes énergies et l’environnement. Au Marathon des sables, en plus, j’avais ce lourd sac à dos que je devais traîner avec moi. C’est justement à cause de ce sac que je peux aujourd’hui te dire que je préfère l’ultramarathon», confie-t-elle avec humour.

«Cela dit, un bon ami à moi qui fait aussi des ultramarathons (Denis Larochelle, originaire lui aussi d’Edmundston) m’a donné un très bon conseil récemment. Il m’a dit qu’un 160 km non-stop est un flot de montagnes russes, avec des hauts et des bas. L’important était de rester patiente dans les périodes les plus creuses. En sachant cela, quand je vivais un moment creux, je savais qu’il y avait la clarté qui m’attendait au bout du tunnel.»

Comme l’épreuve du New Hampshire complétait sa saison 2015, Carole Fournier entend maintenant se donner quelques semaines de repos avant de reprendre l’entraînement. Elle a même décidé d’ajouter un nouveau sport dans son entraînement hivernal, soit le ski de fond. Elle veut aussi améliorer sa masse musculaire.

«L’été prochain, j’ai l’intention de prendre part à davantage de courses avec de bons dénivelés afin d’améliorer ma puissance. Parmi les épreuves qui m’intéressent, il y a le 80 km de Bromont et le 24 heures de Prévost dans les Laurentides. C’est d’ailleurs moi qui suit la marraine de la compétition», ajoute-t-elle.

Carole Fournier a reçu l’aide de deux accompagnateurs au New Hampshire, soit Juan Manuel Toro Lara et Karl Roussel.