Commentaire – La coupe du président est pleine

Le président de la Ligue de hockey senior Nord-Est, Roger Brun, a largement de quoi s’occuper depuis les incidents de dimanche à Amqui. Non seulement je ne l’envie pas, mais j’ai aussi un peu de peine pour lui.

Bien sûr, on peut être d’accord ou pas avec sa façon de faire, mais il n’empêche qu’il travaille d’arrache-pied pour procurer aux passionnés de hockey un circuit comme jamais cela n’a été vu dans l’histoire de la province. Un circuit qu’il souhaite provincial et même interprovincial.

Je ne partage pas nécessairement sa vision, ou je devrais plutôt dire que je ne suis pas convaincu quant à sa faisabilité, mais je ne peux nier que son enthousiasme est beau à voir.

Malheureusement, il y a toujours un truc (ou deux) qui vient freiner ses projets. Obligé qu’il est à éteindre des feux, à gauche et à droite, au lieu de peaufiner ses plans d’avenir.

Quand ce ne sont pas des équipes qui quittent le navire en raison d’un manque de liquidité ou de soldats, ou des entourloupettes permettant à des joueurs de participer aux séries éliminatoires sans avoir disputé le minimum de matchs requis, ou encore cette fichue habitude qu’ont la plupart des clubs de se présenter avec des alignements incomplets lors des matchs sur la route, des gestes disgracieux comme ceux survenus à Amqui viennent saboter le tableau que le président tente de brosser.

Et si on ajoute à tout ça le phénomène des médias sociaux, où le représentant d’une équipe s’est permis (maladroitement) d’inviter les partisans à se présenter de bonne heure à l’aréna Eugène-LeBlanc de Memramcook, ce samedi, afin de voir la suite du spectacle dégradant survenu dimanche, force est de constater que la coupe du président est pleine.

Je ne lui ai pas posé la question, mais j’ai l’impression que Roger Brun doit parfois se demander s’il ne s’occupe pas une garderie.

Et une garderie d’adultes majeurs et vaccinés, c’est autrement plus difficile à gérer qu’un jardin d’enfants.

Le retour de Ryan Cassidy

J’ai particulièrement aimé ma discussion avec le coureur Ryan Cassidy, plus tôt cette semaine. À l’évidence, le bonheur est de retour dans sa vie.

L’homme avec qui je parlais n’avait rien à voir avec celui de mai. Le désespoir qu’il m’avait alors témoigné m’avait profondément touché.

Il y a sept mois, l’athlète de Grande-Digue parlait de retraite, découragé qu’il était par les blessures qui ne cessaient de s’inviter dans son corps d’athlète. J’ai encore en mémoire cette voix éteinte qui répondait tristement à mes questions. Croyez-moi, ce n’est pas jojo d’écouter une personne parler de rêves brisés.

Étrangement, j’avais pour projet de prendre bientôt de ses nouvelles. J’étais d’autant plus inquiet qu’il avait même été jusqu’à se retirer des médias sociaux. J’ignorais alors qu’il préparait son retour. Un retour qu’il a voulu à l’insu de tous, à part ses proches et ses coéquipiers de l’Université Victoria. Incognito, aussi bien dire.

C’est pourquoi j’ai été le premier surpris d’apprendre qu’il avait participé aux Championnats canadiens universitaires de cross-country, en fin de semaine.

Sa cinquième place à Guelph, sa nomination dans la première équipe d’étoiles du SIC, son prix d’étudiant-athlète de l’année au pays et sa sélection au sein de la formation canadienne qui prendra part aux Championnats mondiaux universitaires, en mars, sont autant de raisons de se réjouir de ce que je considère comme l’une des plus belles histoires sportives de l’année en Acadie.