Boxe: Doug Craswell doit déclarer forfait

 

En raison d’une blessure à une épaule subie pendant un entraînement, plus tôt cette semaine, le champion poids lourds des Maritimes de la National Boxing Authority (NBA), Doug Craswell, s’est finalement désisté du combat revanche qu’il devait livrer à Julien Collette, ce samedi, au club Lions de Moncton.

Craswell (2v, 0d) dit s’être blessé en soulevant une lourde charge au développé couché (bench press).

«Parce que j’avais l’intention de lui (Collette) faire très mal cette fois-ci, j’ai soulevé plus lourd que je ne l’avais fait auparavant et mon épaule droite m’a lâchée. Je ne peux tout simplement plus pousser avec mon épaule. C’est vraiment frustrant», affirme le boxeur de 6 pieds 6 pouces et 270 livres.

«Ce qui m’enrage encore plus, c’est que Julien en parle (sur Facebook) comme s’il fallait maintenant le considérer comme le gagnant. Il se tenait plutôt tranquille ces derniers jours, mais maintenant que je suis blessé il ne cesse de faire aller sa grande bouche en disant des stupidités», souligne le colosse de Campbellton.

«Ce qui m’arrive, c’est de la malchance. Qu’est-ce que je serais supposé de faire? Aller combattre avec un seul bras? Je n’ai pas peur de Julien. À mes yeux, il est juste un autre numéro. Il n’a même pas été capable de me donner un seul coup la première fois. Je le trouve enfantin. Il m’a même envoyé un message pour me dire qu’il m’avait affronté avec cinq côtes cassées en mars. Allons donc, toute personne qui a déjà eu des côtes cassées pourra te dire qu’elle peut à peine bouger et encore moins aller se battre sur un ring. Est-il retardé?», questionne Craswell.

Dans l’autre camp, Julien Collette (8v, 3d) se dit convaincu que Craswell s’est seulement trouvé une excuse pour éviter de l’affronter.

«Il savait que ça ne serait pas le même Julien Collette qui serait devant lui et il est juste trop fier pour avouer qu’il ne peut accepter le fait qu’il allait perdre samedi», soutient le pugiliste de Bouctouche.

«Le pire, c’est que j’avais le sentiment que ça allait arriver. Me croirais-tu si je te disais que trente minutes avant que Mike Doiron m’appelle pour m’annoncer la mauvaise nouvelle, j’étais avec mon père et je lui avais fait part de ma crainte de le voir se désister? Juste la façon dont il se comportait sur Facebook, j’avais ce feeling», dit-il.

«Je ne dis pas qu’il n’a pas mal à l’épaule, mais rien qu’un sac de glace aurait pu régler. À quel jeu croit-il qu’il joue? Tout le monde qui pratique un sport de combat a toujours mal quelque part. J’avais trois côtes fêlées quand je l’ai affronté la première fois. En mars, je n’étais pas prêt et j’ai quand même mis ma réputation en jeu. Nous sommes supposés être des gladiateurs, peu importe comment nous nous sentons. Pourtant, s’il y a quelqu’un qui devrait avoir peur c’est bien moi après la façon dont il m’a démoli dans le premier combat», révèle Collette.

«C’est frustrant parce que je m’étais vraiment préparé pour aller à la guerre. J’ai même baissé mon poids à 244 livres. Tout le travail des deux derniers mois tombe à l’eau à cause d’une petite douleur à une épaule. Tant qu’à moi, nous sommes maintenant une victoire de chaque côté. Je l’ai battu sans avoir eu à le frapper», ajoute Collette.

L’annulation de ce duel veut donc dire que seulement quatre combats seront présentés samedi, dont la finale qui opposera Bruno Lurette à Stephen Clement pour le titre des lourds légers de la NBA dans les Maritimes.

Les deux autres combats opposera Dominic Noël à Keegan Oliver, ainsi que Jonah Arbuckle à Justin Fountain.

Les désistements ne font que du tort à la réputation de la boxe, regrette Mike Doiron

Le grand manitou de Victory Boxing, Mike Doiron, se dit extrêmement déçu de n’avoir que quatre combats à proposer aux amateurs, ce samedi, au club Lions de Moncton.

Visiblement ébranlé, Doiron souligne qu’il a dû composer avec un peu trop d’«urgences» à son goût au cours des dernières semaines.

Le promoteur a d’abord dû trouver un nouvel adversaire à Dominic Babineau après le désistement de l’Ontarien Kyle Marsh. Il a solutionné le problème avec l’Albertain Keegan Oliver. Ensuite, ce fut au tour de Luke Noël d’abandonner le navire et Brad Young sera finalement l’adversaire de Corey Sanchez Chase.

Et voilà maintenant que Doug Craswell n’est plus dans le portrait.

Doiron dit avoir tout tenté pour trouver un remplaçant à Croswell, mais ce fut peine perdue.

«C’est très décevant. Surtout que ce qui arrive, je n’ai pas le choix de le prendre personnel. Ce gala, je comptais le dédier à mon père (Ulysse) qui célèbre cette année le 50e anniversaire de ses débuts dans la boxe. Quatre combats, ce n’est pas ce que je souhaitais pour fêter ça», révèle le promoteur.

«Bien sûr, je crois Doug quand il dit qu’il est blessé, même si je trouve la situation un peu étrange. Normalement, une semaine avant un combat, les boxeurs s’entraînent moins durs afin de conserver leurs énergies. Ils font du shadowboxing et ça se limite pas mal à ça. Je ne sais pas ce qu’il faisait à soulever des gros poids», indique-t-il.

Doiron ajoute que ces désistements ne font que du tort à la réputation de son sport de prédilection.

«À quelque part, ça me dit que certains boxeurs n’ont pas vraiment à coeur l’avenir de ce sport», note-t-il.

«Si j’ai décidé de devenir promoteur, c’est parce que je voulais contribuer à ma façon à la relance de la boxe. La boxe fait partie de ce que je suis et c’est comme ça depuis que je suis au monde. Je ne fais pas ça pour faire de l’argent, je n’en fais pas. Comme tout le monde, je gagne ma vie en travaillant du lundi au vendredi», mentionne-t-il.