Annie Mazerolle veut retrouver le chemin de la victoire

Annie Mazerolle a rendez-vous avec l’Ontarienne Shanice Szmidt, ce samedi, au Aitken Centre de Fredericton. Qui est Shanice Szmidt, vous vous dites? C’est justement une question que la boxeuse de Saint-Ignace s’est maintes fois posées ces dernières semaines.

En fait, Annie Mazerolle est parvenue à découvrir que son adversaire est une ancienne lutteuse olympique et joueuse de rugby. Même qu’elle s’est couronnée d’or lors des Championnats canadiens des deux disciplines, la même année s’il-vous-plaît, en 2011.
Sinon, cette nouvelle venue dans l’univers de la boxe professionnelle n’a pour toute expérience que trois combats amateurs, tous remportés en passant.
Mazerolle (2v, 2d), qui a encaissé deux revers consécutifs contre la Québécoise Vanessa Lepage-Joanisse, ce printemps, entend bien faire comprendre à la Torontoise qu’elle aurait dû y penser à deux fois avant d’accepter de l’affronter.
«C’est une athlète, ça ne fait aucun doute, affirme Mazerolle. Mais même si la lutte et le rugby sont deux sports qui demandent de l’agressivité, ce n’est pas de la boxe. Elle n’a jamais reçu un coup de poing au menton de la part d’Annie Mazerolle.»
L’Acadienne âgée de 32 ans est d’autant plus affamée qu’elle veut immédiatement retrouver le chemin de la victoire.
«Perdre n’est pas une option, avance-t-elle. J’ai eu de la misère à accepter mes deux défaites contre Vanessa. Ce qui m’a aidé à l’accepter, c’est que les deux combats ont été serrés. Même qu’il y a plein de monde qui m’ont dit qu’ils voyaient ces deux combats comme des matchs nuls. En tout cas, nous étions du même niveau et ç’a été deux guerres. Mais tout ça est maintenant du passé et ma concentration est tournée vers ma nouvelle adversaire.»
Bien qu’elle n’aime pas jouer le jeu des prédictions, Annie Mazerolle croit que le combat devrait se terminer au milieu de la troisième ronde.
«J’ai hâte de voir comment elle va réagir à la pression et aux coups que je vais lui donner. J’ai l’intention de la boxer et de lui montrer ma force de frappe. Bien sûr, je ne la prends pas à la légère. Ça fait trois mois que je me prépare pour ce match. Je me suis entraînée avec mon entraîneur (Jeff McKay) comme si j’allais affronter une championne», affirme-t-elle.
Pour l’occasion, et pour la première fois de sa jeune existence, son fils Malik sera à ses côtés. «Je le trouvais trop jeune avant. Il a maintenant 10 ans et j’ai décidé de lui permettre de venir m’encourager. Il sera dans mon coin. Je tente de lui trouver un petit drapeau acadien. Disons qu’il est pas mal excité. Il m’a dit que j’avais intérêt à gagner par knockout», raconte-t-elle en riant.
Après ce duel contre l’Ontarienne, Mazerolle aimerait livrer un autre combat d’ici la nouvelle année. Son entraîneur a d’ailleurs fait savoir à quelques promoteurs, ici et là au pays, qu’elle était prête à affronter n’importe qui en décembre.
«La prochaine fois, par contre, j’aimerais me battre à 165lb. C’est dans cette catégorie que j’aimerais m’établir. Là, j’ai accepté un autre combat à 180lb, mais c’est uniquement parce que Szmidt n’était pas capable de descendre plus bas», précise-t-elle.
Deux autres Acadiens seront également en action, le 15 octobre, à Fredericton.
Dominic Babineau (5v, 0d), de Richibucto-Village, sera confronté à l’Argentin Cristian Rodrigo Gonzalez (7v, 8d), dans un duel entre super-plumes. De son côté, le mi-lourd Denis Martin (2v, 7d), d’Edmundston, tentera d’avoir sa revanche sur Joel Graham (2v, 1d), de Fredericton.
La finale de la soirée, entre super mi-moyens, opposera le favori local et aussi promoteur de la soirée, Brandon Brewer (19v, 0d, 1n), au Brésilien Anderson Clayton (44v, 10d, 2n).
Nathan Millier (9v, 0d, 1n), d’Elsipogtog, voudra pour sa part de ravir le titre des super-moyens de la CPBC au Québécois Shakeel Phinn (9v, 1d).
À noter également le match entre Chris Norrad (13v, 0d) et l’Ontarien Sandy Pembroke (3v, 8d), de même que la demi-finale impliquant les poids lourds Dillan Carman (10v, 2d), de Mississauga, et l’Argentin Orlando Antonio Farias (31v, 14d).
L’autre match de la soirée mettra aux prises le poids lourd néo-écossais Ryan Rozicki, de Sydney, qui effectuera ses débuts professionnels devant le vétéran Donald Willis (1v, 5d), de Windsor.

«Je veux devenir championne du monde» – Shanice Szmidt

Shanice Szmidt a beau avoir encore le nombril vert sur un ring de boxe, elle a pour objectif de se présenter au Aitken Centre de Fredericton avec l’idée d’en mettre plein la vue.
«Attendez-vous à me voir arriver à Fredericton pour dominer, affirme la Torontoise. J’ai l’intention de démontrer au monde de la boxe professionnelle qu’il y a une nouvelle louve dans la bergerie.»
«Bien sûr, je ne sais pas grand-chose à propos d’Annie, si ce n’est qu’elle est pas mal populaire sur la côte est du pays. Je la respecte. Comme moi, elle est une guerrière et nous avons travaillé fort pour arriver là où nous sommes aujourd’hui», indique-t-elle.
Shanice Szmidt raconte que c’est un concours de circonstances qui l’ont mené vers la boxe. D’abord lutteuse olympique, son rêve était de devenir une championne mondiale.
«Mon rêve s’est envolé quand j’ai découvert qu’il n’y avait pas de catégorie de poids pour une femme comme moi. Le plus lourd que tu peux lutter en lutte féminine au niveau senior, c’est dans la catégorie des 159lb», dit-elle.
«J’ai aussi tenté ma chance au rugby, mais j’ai tout gâché en obtenant un carton rouge pour un coup de tête et quelques coups de poing contre une adversaire. Faut croire que c’était mon destin de devenir une combattante. J’ai d’abord essayé les arts martiaux mixtes, puis j’ai commencé la boxe amateur en mai 2014. C’est vrai que je n’ai pas une grande expérience, mais j’ai de bonnes qualités athlétiques grâce à mon passé de lutteuse et de rugbywoman», prévient-elle.
«Je veux devenir championne du monde et tous les gens qui me connaissent me disent que j’ai le coeur d’une guerrière. J’aime être la meilleure de mon sport et la boxe est un nouveau chapitre dans ma vie. Et j’ai bien l’intention de réécrire l’histoire de la boxe féminine chez les poids lourds», ajoute la jeune femme de 5pi 10po, qui ne manque manifestement pas de confiance en elle.