La guerre amicale de deux grands amis devant le filet

Zachary Robichaud et Samuel Bourgeois sont des amis dans la vie de tous les jours. Mais dès qu’ils posent le patin sur la glace, c’est la guerre. Enfin, pas la vraie guerre. Plus une guerre genre «La guerre des tuques». Mais c’est quand même une vraie rivalité entre deux athlètes qui se poussent quotidiennement pour obtenir le privilège de défendre le filet de l’école de hockey des Matadors de l’école Mathieu-Martin.

Les deux hommes masqués ont l’air de deux chevaliers devant les tiges métalliques de leur filet cette saison, tellement leurs rendements intimident leurs adversaires.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Robichaud affiche un dossier de 6-0-2 et une moyenne de buts alloués de 1,46, alors que son collègue Bourgeois présente une fiche de 6-0-0 et une moyenne de 1,48.

On pourrait aussi parler de leur incroyable taux d’arrêts, qui est respectivement de ,943 et de ,938.

La petite compétition interne entre les deux amis semble donc la bonne formule pour l’équipe de l’établissement scolaire de Dieppe.

«Je pense que la compétition est plutôt amicale et que c’est pour le bien de l’équipe au bout du compte», indique d’ailleurs Samuel Bourgeois.

«Il n’y a rien d’égoïste là-dedans. Il n’y en a pas un qui veut que l’autre joue mal ou quelque chose comme ça», ajoute le portier âgé de 17 ans.

Il faut dire que l’entraîneur Rick Tessier avait établi des règles claires dès le début de la saison.

La dernière chose qu’il voulait était de se retrouver avec une «guerre civile» sur les bras.

«C’était clair avec l’entraîneur dès le début qu’on allait se pousser un et l’autre pour avoir le meilleur duo de gardiens de but de la ligue. Il sait qu’on est deux finissants et deux gars de calibre pour jouer dans cette ligue», poursuit Bourgeois.

Cette saine compétition fait des Matadors (13-0-0-3) une équipe quasiment invincible en 2016-2017

«Ça roule! Ce n’était pas prévu parce qu’on avait perdu 12 vétérans de l’an passé (incluant le gardien Philippe Bélanger)», explique l’élève de 12e année.

«Je donne le crédit à nos gros morceaux en défensive, des gars comme Louis-Joseph Vachon, Max LeBlanc et Rémi Richard. Ce sont des gars qui se présentent à tous les matchs et qui nous aident, moi et Zach», avance le numéro 31 des Matadors.

Comme son collègue, Samuel Bourgeois n’a aucun objectif personnel en tête.

«Ça va bien pour moi, mais ce n’est aucunement mon but. Ce que je veux, c’est de remporter le championnat provincial. Et je pense que c’est aussi vrai pour tous les 20 gars de l’équipe.»

Son collègue Zachary Robichaud tient exactement le même discours.

«C’est sûr qu’on ne pourrait pas performer comme ça sans nos défenseurs et le reste de l’équipe», avance-t-il.

Selon lui, l’amitié entre les deux athlètes est le moteur de leurs belles performances.

«C’est plaisant quand ça va bien comme ça pour nous deux. Il y a un peu de compétition, mais ça reste amical», lance-t-il sous le regard complice de son coéquipier Bourgeois.

L’entraîneur adjoint Éric Laplante parle aussi de cette belle complicité pour expliquer le succès de ses deux portiers.

«On a choisi deux gars de 12e année justement pour avoir ce genre de compétition entre  les deux», raconte celui qui est aussi responsable du programme sports-études à l’école Mathieu-Martin.

«On leur a dit dès le début qu’on voulait qu’ils se battent pour leur temps de glace, mais on voulait que ça reste amical et jusqu’à maintenant, ça fonctionne bien. Si c’est une guerre, c’est une guerre amicale», ajoute-t-il.

La réplique du célèbre film («La guerre, la guerre, ce n’est pas une raison pour se faire mal!») colle donc parfaitement au duel que se livrent Zachary Robichaud et Samuel Bourgeois à Dieppe.