Samuel Nadeau deuxième à Saint Paul!

«Malade!»

Hormis un tonitruant woo, «malade» est le seul mot qui soit sorti de la bouche de Samuel Nadeau, quelques secondes après avoir franchi le fil d’arrivée de la finale junior, vendredi soir, au Red Bull Crashed Ice de Saint Paul, dans l’État du Minnesota.

Malade comme dans incroyable.

Malade comme dans médaille d’argent.

Son mentor Bruno Richard, qui avait eu la bonne idée d’immortaliser en direct, via Facebook, la descente, a très bien compris la réaction du jeune casse-cou d’Atholville.

Certes, ce n’est pas la division senior, mais ça n’en reste pas moins un podium sur le circuit de la Coupe du monde. Et Nadeau, avec cet exploit, écrit aussi une page d’histoire.

Parce que si l’Ontarienne d’origine acadienne Jacqueline Legere y est arrivée chez les dames, jamais un Acadien n’avait eu la chance de ramener une médaille de la Coupe du monde dans ses valises.

«Quand j’ai franchi le fil d’arrivée, je me suis retrouvé comme dans un rêve», affirme l’athlète âgé de 20 ans.

«C’était malade! Et d’être sur le podium a aussi été feeling incroyable! Il y avait du monde partout, partout!», révèle-t-il.

Samuel Nadeau n’a guère tardé à faire montre de son talent. Deuxième après les deux rondes de qualifications, derrière l’éventuel médaillé d’or, le Finlandais Mirko Lahti, Nadeau n’a eu aucun mal à remporter ses rondes de quarts de finale et de demi-finales. En finale, l’excellent départ de Lahti a fait toute la différence.

«Avoir eu un meilleur départ, peut-être que j’aurais pu le battre Mais ce gars-là est une vraie machine. Avant la course, les frères (Dean et Dylan) Moriarity et Scott Croxall m’ont dit qu’il fallait à tout prix que je botte le derrière du Finlandais. J’ai essayé de le dépasser dans la région des quatre bosses, mais une fois rendu au mur à une cinquantaine de mètres plus loin, j’ai bien vu que je n’y arriverais pas. J’ai donc plutôt sécuriser ma deuxième place au lieu de risquer une débarque et finir quatrième», mentionne-t-il.

«Cette médaille d’argent, je l’ai gagné et je crois l’avoir mérité. Pour moi, c’est comme une médaille d’or», dit-il.

Sur la ligne de départ, Nadeau raconte avec humour avoir tenté de ne penser à rien.

«J’étais dans un trou noir et je ne voulais rien savoir de personne. Je n’ai fait que fixer la barrière devant moi», lance-t-il.

«Les départs m’avaient donné un peu de misère dans les premières descentes et je ne voulais surtout pas rater mon coup. Je comprends maintenant pourquoi Marie-Hélène (Plourde) et Tanya (Paradis), qui étaient ici l’année passée, ont dit qu’elles avaient le sentiment de se lancer en bas d’un building. C’est exactement ça. Tu décolles en sautant, tu ne vois rien et tu ne sais pas où tu vas atterrir. C’est plus compliqué que les gens s’imaginent», souligne-t-il.

Pour sa deuxième position, Nadeau a mis la main sur une bourse de 750 Euro (1050$ CAN), ainsi qu’une caméra Go Pro Hero 5 d’une valeur d’environ 500$.

«Et puis j’ai aussi eu un gros bec sur la joue de Bruno. Sans Bruno, il n’y aurait pas eu de compétition à Bathurst le 14 février 2015. Et ça veut aussi dire qu’il n’y aurait pas eu de Samuel Nadeau à Saint Paul en fin de semaine», ajoute-t-il en riant.

D’ici le Red Bull Crashed Ice d’Ottawa, les 3 et 4 mars, Samuel Nadeau prendra part à la Course Xtreme CCNB de Bathurst comptant pour la Coupe Riders. Il est également possible qu’il participe à l’épreuve de La Sarre, qui fait elle aussi partie du calendrier de la Coupe Riders.

Nadeau a récolté 800 points pour sa deuxième place. Il occupe le sixième échelon de la Coupe du monde derrière les Finlandais Mirko Lahti (2000 pts) et Joni Saarinen (1600 pts), le Français Martin Barrau (1400 pts), le Tchèque Vaclav Kosnar (1050 pts) et le Canadien Oliver Isaac (860 pts).

Bruno Richard termine en 43e place

Bruno Richard a finalement dû se contenter de la 43e position, samedi, au Red Bull Crashed Ice de Saint Paul. C’est loin de ses meilleurs résultats, mais c’est quand même un peu mieux que ses 69e et 44e places obtenues le mois dernier, respectivement à Marseille et à Jyväskylä/Laajis.

Bruno Richard et Samuel Nadeau.

«Je ne suis pas déçu, révèle-t-il. J’ai fait une belle course. La commande était lourde. C’était aussi le prix à payer pour avoir terminé au 49e rang pendant les qualifications, les pires de ma carrière.»

«Ça m’a pris une bonne douzaine de descentes avant de maîtriser le départ, qui a fait plusieurs blessés en passant, et les quatre bosses. Je me suis seulement senti à l’aise pour la ronde de 64, samedi soir. Dans ma ronde, Jim (De Paoli) et Guillaume (Bouvet-Morrissette) m’ont devancé d’environ une seconde au fil d’arrivée. Ils étaient pourtant quatre secondes devant moi lors des qualifications», affirme Richard.

«C’est dommage que je ne sois pas parvenu à conserver ma vitesse après le Dino Bridge. Guillaume et Jim ont failli tomber et j’aurais une une bonne chance de les dépasser. Malheureusement, j’ai aussi perdu l’équilibre et j’ai atterri trop loin. Cela dit, mes attentes n’étaient pas très élevées. C’est une piste très technique où il y a peu d’endroit pour patiner. C’est difficile de faire valoir mon coup de patin quand 90% de la descente est technique», dit-il.

«Je me suis quand même bien amusé avec (Samuel) Nadeau, indique-t-il. La poulain a répondu aux attentes. Sur un parcours technique comme Saint Paul, il a pu montrer à quel point c’est sa force. Tu vois qu’il a grandi près du mont Sugarloaf à faire du ski ou de la planche à neige. Il sait quand c’est le moment de prendre de la vitesse. Avoir à composer rapidement avec le côté technique d’un parcours, c’est naturel pour lui.»

Bruno Richard compte bien se reprendre à l’épreuve de la Coupe Riders qui aura lieu à La Sarre le 18 février. Il s’agit d’une piste qui avantage les patineurs.

«Je m’attends à faire des dommages à La Sarre. Je vise au moins un top 15», prévient le patineur de Bédec.

Le Canadien Dean Moriarity a triomphé à Saint Paul. L’Autrichien Marco Dallago et l’Américain Cameron Naaz l’ont accompagné sur le podium. Chez les dames, la victoire est allée à la Canadienne Myriam Trépapier. Elle a devancé l’Américaine Sandie Lundquist et la Canadienne Tamara Kajah. Jacqueline Legere a été écartée de la finale en raison d’une chute dans la ronde des demi-finales.