Le potentiel encore insoupçonné de Noah Dobson

Pour Mario Pouliot, il ne fait aucune doute que Noah Dobson fait partie des trois meilleurs défenseurs qu’il a eu la chance de diriger à l’âge de 16 ans. Les deux autres ont pour nom Kristopher Letang et Jérémy Lauzon.

Letang a gagné deux coupes Stanley, deux médailles d’or au Championnat mondial junior et a pris part trois fois au match des étoiles de la Ligue nationale. Il demeure encore aujourd’hui l’un des membres du noyau dur des Penguins de Pittsburgh.

Lauzon est passé à un cheveu de gagner l’or au dernier Mondial junior et les Bruins de Boston fondent de grands espoirs sur lui pour relancer l’équipe dans un proche avenir.

Ce n’est certes qu’une coïncidence, mais les trois joueurs ont aussi en commun d’avoir tissé des liens serrés avec l’Acadie.

Letang était le grand ami du regretté Luc Bourdon depuis l’époque où ils terrorisaient la LHJMQ avec les Foreurs de Val-d’Or, Lauzon et Philippe Myers sont deux inséparables à Rouyn-Noranda et Dobson, lui, file le parfait bonheur avec le Titan.

«Noah a cette confiance en lui qu’avait Letang au même âge, affirme Pouliot. Comme Letang le faisait à 16 ans, Noah a cette capacité de bien gérer son jeu. Il est très mature pour un si jeune âge. Il se comporte déjà comme un professionnel. Il est toujours parmi les premiers sur la glace et parmi les derniers à quitter. Il ne cesse de travailler sur les petites choses comme son lancer et son jeu de pied, entre autres.»

Pouliot, qui n’hésite pas à l’utiliser à toutes les sauces contre les meilleurs trios adverses en compagnie du vétéran Zachary Malatesta, croit que les partisans de l’équipe ne réalisent pas encore tout le potentiel que possède ce jeune arrière droitier de 6 pieds 3 pouces et 171 livres.

«Noah sera encore meilleur quand il aura atteint sa maturité physique. Il va devenir un joueur dominant dans la ligue. Mais attendant, il compense avec sa grande intelligence du jeu», indique-t-il.

«Mercredi, Noah avait vraiment l’air à sa place devant le gros trio des Sea Dogs (Julien Gauthier, Mathieu Joseph et Matthew Highmore), qui ont tous de quatre à cinq saisons d’expérience dans la ligue. Gauthier et Joseph sont aussi des gars qui ont perdu la médaille d’or en tirs de barrage au dernier Championnat mondial junior», souligne Pouliot avec justesse.

L’entraîneur-chef du Titan ajoute que le dernier encan a permis à la ligue de se doter de plusieurs excellents jeunes défenseurs qui seront bientôt parmi les têtes d’affiche du circuit.

«Tu as (Jared) McIsaac à Halifax, (Xavier) Bouchard à Baie-Comeau et Noah avec nous. Et puis, l’autre Xavier (Bernard) n’est pas mauvais non plus. Ç’a vraiment été un gros repêchage pour les défenseurs en juin», signale Pouliot.

Une recrue heureuse

Dobson, qui a célébré son 17e anniversaire de naissance il y a un mois, était effectivement beau à voir, mercredi, dans la guerre de tranchée que se sont livrés les Sea Dogs et le Titan.

«Plus la saison avance, plus j’ajoute des matchs sous ma ceinture et plus je me sens confortable. Et quand j’ai la chance de me retrouver dans une partie comme celle de mercredi, c’est encore plus agréable», révèle l’Insulaire de Summerside que le Titan a sélectionné au 6e échelon de la première ronde en juin.

«Pour un jeune joueur, il n’y a rien de plus excitant que d’être impliqué dans ce genre de match. Je trouve que nous avons bien joué contre les Sea Dogs. Une telle équipe ne peut faire autrement que de faire sortir le meilleur de soi. Et selon moi, notre prochaine partie devrait être toute aussi excitante», mentionne le numéro 53.

Vendredi, les visiteurs seront cette fois-ci les Cataractes de Shawinigan (33-13-4, 70 pts). Un duel qui s’annonce aussi difficile que celui de mercredi pour le Titan (27-20-5).

Les Cataractes ont de la profondeur à l’attaque avec les Dennis Yan, Brandon Gignac, Cameron Askew, Alexis D’Aoust, Samuel Asselin, Samuel Bucek, Justin Bernier et Samuel Guilbault, mais surtout un big three défensif qui impose le respect avec Samuel Girard, Cavan Fitzgerald et Nicholas Welsh. Sans oublier que leur gardien numéro Mikhail Denisov est très solide.

«Dans des équipes comme les Sea Dogs et les Cataractes, il y a toujours des joueurs haut de gamme que tu te dois de surveiller de près, confie Dobson. Mais pour nous, en tant qu’équipe, le plus important est de s’assurer de nous concentrer sur notre propre jeu. De réaliser les petites choses qui nous aident à connaître du succès.»