MMA: un Gabriel Vienneau différent remontera dans l’octogone

Gabriel Vienneau n’a jamais vraiment réussi à passer à autre chose depuis sa défaite en 2012. C’était à ses débuts en arts martiaux mixtes, contre un certain Ryan Porter. Il avait 32 ans et lui 19. Malgré sa fougue et une ceinture noire en karaté, l’expérience de son adversaire au sol a rapidement dicté l’allure du combat. En plus de sortir de l’arène avec l’orgueil froissé, Vienneau, comble de malheur, s’est cassé un bras dans cette altercation qui a coupé court. Une soirée bien difficile à oublier.

Cinq ans plus tard, l’athlète originaire de Pokemouche remontera dans l’arène pour la première fois depuis ces événements dans le cadre de la soirée organisée par L-Jack promotions MMA, en juillet, au Centre Harvey Grant de Fredericton.

«Je vais recommencer à neuf», assure le jeune homme d’une voix assurée.

Un jeune homme différent, affirme-t-il également.

Contre Porter, il n’était pas prêt mentalement à faire face à la musique. Et en arts martiaux mixtes, c’est de la musique heavy metal, si vous voyez ce que l’on veut dire.

«J’étais prêt physiquement, mais quand je marchais vers l’arène, je pensais à toutes sortes de choses. Il y avait mes études qui me tracassaient. Ma fille venait juste de naître et tout ce que j’avais envie était de la prendre dans mes bras. Je ne pensais pas au combat et ç’a été ma principale erreur», raconte, telle une confession libératrice, ce passionné des arts martiaux (il est ceinture noire de karaté) qu’il pratique depuis l’âge de 7 ans.

Cette – longue – pause a été utile, à son avis. Il a terminé ses études avec succès. Sa petite fille a maintenant cinq ans. Mais il y avait toujours là, quelque part dans sa tête, le goût de retourner dans la cage. Un goût alimenté par la vidéo de son combat contre Porter, qu’il a visionnée de temps à autre. Certains appelleront ça du masochisme, mais pour lui, c’était la façon d’entretenir cette flamme vers un nouvel essai.

Quand il a su que L-Jack promotions MMA préparait une première carte cet été, il a approché les responsables. Les choses ont rapidement déboulé par la suite, au point où il a signé son contrat d’engagement mercredi.

«Depuis ma défaite et ma blessure, j’ai toujours eu l’idée de continuer. Ça me démangeait. Chaque fois que je revois mon combat, ça vient me chercher. Les arts martiaux mixtes, c’a toujours été mon rêve. Là, j’ai 23 ans et je suis dans l’âge de mon prime. J’ai vu ce qu’il manquait à mon arc et j’ai pu modifier mon entraînement en conséquence. Je sais que debout, je suis bon, mais qu’au sol, il y a encore du travail à faire», poursuit celui qui s’entraîne quatre fois par semaine sous les conseils de Nathan Stever, de Bathurst, et qui cherchera à parler sous peu à Bruno Lurette afin d’obtenir quelques conseils.

Son adversaire, Gabriel Vienneau le connaît, mais il ne peut pas encore en parler officiellement, à la demande des promoteurs. Un gars qui a fait de la dynamophilie, paraît-il. Il a tenté d’en savoir davantage sur ce colosse, mais il lui a bloqué l’accès à sa page Facebook.

Peu importe, il se sent prêt pour se mesurer à tout ce qu’il pourra lui offrir dans l’octogone dans deux mois.

«Cette fois, je serai prêt mentalement. Toutes les choses qui me tracassaient en 2012 ne sont plus là, je suis bien entouré par des gens qui croient en moi. Je peux me concentrer uniquement sur mon combat. Ceux qui me traitaient de fou quand je leur ai annoncé que je voulais combattre à nouveau m’encouragent à aller au bout de mon rêve. Je vais jouer mes cartes comme il faut pour gagner. Il y aura peut-être 4000 personnes qui me verront dans l’arène et je veux leur donner un bon show pour qu’ils se souviennent de moi, peu importe le résultat. Mais ce sera une victoire, je le sais.»

Une victoire, espère Vienneau, qui l’amènera à participer à d’autres soirées de plus en plus importantes dans l’octogone, mais qui lui permettra surtout de ranger à jamais la vieille cassette usée de son combat de 2012 dans la filière 13.