Baseball pour handicapés: le champ de rêve devenu réalité à Moncton

Ce n’est plus un rêve, c’est maintenant une réalité.

Le programme champ de rêve franchira une autre étape importante de son développement le 26 juin, avec l’ouverture officielle des installations situées dans le CN Sportplexe à Moncton.

Le projet de plus d’un demi-million de dollars permettra à des jeunes handicapés âgés de 5 à 22 ans de jouer au baseball sur un terrain parfaitement adapté à leurs besoins.

Pat Godin était là, il y a sept ans, quand l’idée a germé. Il est aujourd’hui très fier de voir le produit final.

«On avait commencé le programme à l’époque des Brewers (du Grand Moncton). On a joué là (sur un terrain conventionnel) pendant deux ou trois ans. Mais les journées pluvieuses, les enfants en chaises roulantes étaient coincés sur le terrain», raconte-t-il.

«Ils n’avaient pas de place où aller. Ils ne pouvaient pas rentrer dans les abris parce que ce n’était pas assez large. Ils se faisaient tout le temps mouiller. On a donc commencé à parler d’élargir les entrées pour les abris et le projet a rapidement pris de l’ampleur», indique celui qui a joué pendant près de 20 ans dans le baseball senior.

Il y a deux ans, un groupe d’une vingtaine de personnes a entamé des discussions avec la ville Moncton pour un projet de plus de 500 000$. La réponse a été positive et le gouvernement provincial a rapidement égalé ce montant de 167 000$. Les Blue Jays de Toronto ont ajouté 125 000$ à la cagnotte et la Fondation pour enfants du Choix du président a fourni 165 000$.

Les sommes recueillies ont servi à installer une surface synthétique au champ intérieur du terrain, à construire des gradins et des abris, en plus de stationnements pour handicapés.

«On commence avec cette première phase», explique Pat Godin.

La phase deux comprendra soit le champ extérieur (aussi en gazon artificiel) ou terrain de jeu pour enfants à besoins spéciaux, ainsi que des tables à pique-nique accessibles aux handicapés.

Grâce à cette belle initiative de ce groupe de bénévoles, plus d’une cinquantaine de jeunes atteints du syndrome de Down, de paralysie cérébrale, d’autisme ou de dystrophie musculaire pourront jouer au baseball chaque semaine.

Même s’ils n’ont pas d’enfants, Pat et Charline Godin n’ont jamais hésité à s’engager dans le projet avec les autres bénévoles.

«Ma mère a la sclérose en plaques. J’ai vu comment mon père s’impliquait dans la communauté avec des gens à besoins spéciaux. J’ai vu des choses comme ça en grandissant et j’ai eu le goût de faire pareil», mentionne-t-il.

Sa récompense, et celle des autres gens impliqués dans le projet, c’est de voir les sourires sur les visages de tous les jeunes quand ils sautent (ou roulent!) sur le terrain.

«De ce que les parents nous disent, ça ouvre des portes aux jeunes. Plusieurs de ces enfants n’ont jamais participé à aucun programme sportif de leur vie», avance Godin.

«Et ce n’est pas seulement une activité pour les enfants. On voit les parents s’asseoir dans les estrades et ils se font des groupes d’amis. Ça devient comme une grosse famille. On peut dire que les parents apprécient tout ça.»