Deux années sombres pour Christel Robichaud

Le nom de Christel Robichaud est bien connu dans le monde de l’athlétisme au Nouveau-Brunswick. Le palmarès de l’athlète de Moncton qui se spécialise dans les épreuves para des lancers du javelot, du poids et du disque en fauteuil roulant est impressionnant. Depuis 2012, elle a amassé plusieurs médailles lors de différents championnats canadiens et une d’argent remporté aux Jeux mondiaux juniors de l’International & Amputee Sports en 2014 en Angleterre.

Cependant, les gens seront peut-être surpris d’apprendre que cette athlète d’exception a connu des moments ardus au cours des deux dernières années. En effet, des difficultés financières et des problèmes de santé mentale ont quelque peu ralenti son ascension vers l’excellence sportive.

«Après ma participation en 2014 aux Jeux mondiaux juniors en Angleterre, j’ai fait une dépression. Durant cette période, j’avais du mal à faire quoi que ce soit. J’ai donc eu beaucoup de mal à maintenir la cadence en termes de résultats et cela a affecté le montant des bourses qui m’étaient attribuées pour m’entraîner», a-t-elle révélé.

Christel Robichaud a réussi à se trouver un emploi au sein du groupe organisateur du Festival Inspire de Moncton afin de subvenir à ses besoins, mais son contrat temporaire qui se termine en septembre fait en sorte qu’elle ne peut espérer se joindre à l’équipe nationale d’athlétisme. Et faute de soutien financier provincial, elle ne peut s’entraîner convenablement. Elle a encore du mal à vivre avec cette situation.

«Je dirais que c’est difficile pour le moral. Lorsque j’y pense trop, j’ai de grands moments de tristesse, tellement que je manque de motivation pour sortir du lit. L’incertitude d’emploi fait en sorte que je vis de nombreuses périodes d’angoisse.»

L’Acadienne performe aussi en ski alpin durant l’hiver. Cependant, elle n’est pas certaine de pouvoir prendre part aux activités l’an prochain.

«Dans une situation idéale, je ferais partie des équipes nationales de ski alpin et d’athlétisme. Toutefois, je ne possède pas les moyens financiers pour me le permettre. Je ne suis pas encore certaine d’avoir assez d’argent pour mes deux saisons.»

Toutefois, ne comptez pas cette femme inspirante comme battue. Elle continue d’avoir des attentes élevées à son endroit. D’ailleurs, elle compte bien retrouver le chemin du succès aux prochains Championnats canadiens d’athlétisme qui se tiendront à Ottawa du 29 juin au 5 juillet. Lors de ce tournoi, elle prendra part à ses trois épreuves de prédilections.

«Je suis très persévérante et têtue. Je n’aime pas que quelqu’un me dise que je ne peux pas faire quelque chose parce que c’est trop dur. J’ai donc l’intention de continuer de me battre afin d’améliorer ma situation. J’ai encore en tête de devenir une athlète nationale. Mon but est d’améliorer mes records personnels. J’ai hâte d’y participer et je crois être en mesure d’obtenir de bons résultats.»

Est-ce que sa chance va enfin tourner?

«Je l’espère. Je me sens beaucoup mieux mentalement que l’an dernier. Je suis aussi plus motivée et j’ai davantage d’énergie, donc j’ai confiance. Depuis un certain temps, je me concentre à mieux gérer mes périodes de dépression et d’anxiété et je vois une différence. J’ai encore comme objectif de me qualifier pour les prochains Jeux paralympiques d’été de 2020 à Tokyo.»