Moncton-Dieppe 2017: une famille marocaine joint l’utile à l’agréable

On retrouve plusieurs couleurs de la francophonie canadienne à Moncton et à Dieppe depuis le début de la semaine. Il faut maintenant ajouter une autre couleur à cette mosaïque culturelle et linguistique, soit le rouge et le vert du Maroc.

Abdelhamid Jabri, son épouse Majda Mounir et sa fille Chaïmae sont de passage en Acadie chaque été depuis 2014 pour rendre visite à leurs deux fils qui ont étudié à l’Université de Moncton.

Cette année, la petite famille de Fès a décidé de joindre l’utile à l’agréable et de meubler ses vacances annuelles avec l’expérience des Jeux de la francophonie canadienne à titre de bénévoles.

«La première fois (en 2014), c’était une visite assez courte. On n’a pas eu la possibilité de visiter énormément de choses ou d’avoir beaucoup de contacts avec des Acadiens. Mais on s’est quand même senti comme si on était chez nous ici», raconte Abdelhamid Jabri.

«On n’a pas senti un regard différent. Les gens sont aimables et accueillants. À vrai dire, on n’a pas eu un grand dépaysement.»

Ce qui a incité la petite famille à revêtir l’uniforme de bénévole pour toute la semaine.

«Pour nous, c’était l’occasion de côtoyer davantage les Canadiens, d’avoir un contact direct et d’apprendre les coutumes des gens d’ici», mentionne M. Jabri.

Le cas de Hanane Boukhal est un peu différent puisqu’elle a élu domicile en Acadie il y a cinq semaines à peine.

«Je suis ici en tant que résidante permanente avec mes deux filles», raconte celle qui oeuvre dans le domaine bancaire.

Et quelle plus belle façon de s’ajuster à un nouvel environnement que de faire du bénévolat?

«On a entendu dire à travers un ami commun (Mohamed Chekkouri, un employé de l’Université de Moncton) qu’il y avait les Jeux et qu’ils cherchaient des bénévoles», explique-t-elle.

Les deux familles se sont donc retrouvées à l’accueil et à la restauration.

«C’est vrai que nous avons des similitudes, les Acadiens et les Marocains. On a beaucoup de choses en commun», poursuit la nouvelle résidante canadienne.

Abdelhamid estime aussi que l’idée des Jeux de la francophonie canadienne est fantastique.

«Ce qui me marque le plus, c’est qu’il y a énormément de respect pour les autres. Il y a aussi une discipline, une organisation très rigoureuse, chose qui nous manque énormément au Maroc», fait-il remarquer.

«C’est une idée excellente parce que ça regroupe des jeunes francophones de partout», renchérit Hanane Boukhal.

«Dans notre cas, ça nous a permis de connaître les provinces où il y a du français. C’est aussi très beau de voir cette jeunesse se rassembler comme ça, de la voir active.»

Une opinion que partage le paternel Jabri.

«On a l’impression que ces Jeux, c’est l’occasion de développer le français. Nous avons remarqué que dans certaines parties du pays, les gens ont plus tendance à parler anglais que français.»

Il se dit également comblé de voir l’accueil des Canadiens et des Acadiens.

«On a l’impression que les bénévoles sont encore plus respectés que les autres. C’est magnifique. Ce sont des choses qui nous touchent. On sent que le travail des bénévoles est apprécié.»

Quand on lui mentionne que l’Acadie est pratiquement devenue le deuxième chez-soi de la famille Jabri, Majda Mounir éclate de rire et confirme que toute la famille sera de retour à Moncton pour le Congrès mondial acadien de 2019 et possiblement pour les Jeux de la Francophonie de 2021.

À titre de bénévoles, bien entendu.

Hanane Boukhal, elle, a bien l’intention de devenir rapidement une Acadienne d’adoption.

«Je n’ai pas encore mangé de homard, mais je suis par contre allée cueillir des fraises à Memramcook», lance-t-elle en riant.

Mais elle assure que le homard ne perd rien pour attendre.