L’Impact de Montréal mise sur un Acadien de 13 ans

Phoenix Roberts est complètement fou du soccer. Il tape sur le ballon rond depuis qu’il est haut comme trois pommes. Et comme tous ses camarades, le jeune homme âgé de 13 ans rêve d’atteindre les grandes ligues. La différence avec les jeunes de son âge, c’est qu’il est déjà en train de gravir les échelons.

L’Acadien de Moncton deviendra dans une semaine le premier joueur de l’histoire du Nouveau-Brunswick à se joindre à la prestigieuse Académie de l’Impact de Montréal.

Il quittera le nid le 28 août pour se joindre à l’organisation qui regroupe environ 80 jeunes joueurs de différents niveaux.

S’il est un peu anxieux à l’idée d’élire domicile dans la métropole québécoise, l’élève de 8e année de l’école Le Mascaret se dit excité à l’idée de poursuivre son rêve.

«J’étais un peu surpris quand je l’ai appris (vendredi). J’ai participé à un camp d’évaluation la semaine passée et je ne pensais pas faire l’équipe», raconte-t-il.

«C’est quelque chose de gros. Je ne pensais pas progresser autant aussi rapidement.»

L’exploit est tout simplement historique.

Quelques joueurs, incluant l’Acadien Olivier Babineau, ont déjà participé à un camp d’entraînement, mais jamais un athlète d’ici n’avait été invité à porter les couleurs de l’Académie de l’Impact.

«Je suis un peu surpris d’être le premier parce qu’il y a beaucoup de bons joueurs au Nouveau-Brunswick et ça fait plusieurs années que l’impact surveille les joueurs d’ici», mentionne Phoenix Roberts.

«Je n’ai pas vraiment peur, mais je suis un peu nerveux parce que je ne verrai pas ma famille pendant un bout de temps.»

Malgré tout, il se dit prêt à tous les sacrifices pour réaliser son rêve.

«C’est mon sport préféré. J’adore plonger et bloquer les tirs des joueurs de l’autre équipe. Mais je peux aussi jouer à d’autres positions.»

À Montréal, le jeune athlète sera dans l’inconnu.

Il est quand même prêt à relever le défi, autant sur le terrain que dans les salles de classe.

«Je ne sais pas comment ça va être à l’école, si ça va être plus difficile ou plus facile. Sur le terrain, je sais que le calibre va être vraiment relevé. Les joueurs ne sont pas plus gros ou plus vites, mais leur niveau d’intensité est élevé.»

La maman de Phoenix est heureuse pour son fils, mais inquiète à l’idée de le voir partir aussi loin.

«On vit des sentiments partagés. On veut le voir réussir, mais c’est dur de le voir partir. On est très fier de lui», affirme-t-elle.

«Ce n’était pas vraiment notre décision. Phoenix a mis beaucoup d’heures et d’efforts dans son sport et c’est ça qu’il voulait. On ne pouvait pas l’empêcher d’y aller.»

L’invitation de l’Impact est arrivée un peu comme une belle surprise pour la famille Robert-Maillet.

«On ne s’y attendait pas pour cette saison. On en avait parlé il y a quelques mois et on savait que c’est quelque chose qu’il voulait faire dans le futur, que c’était son ambition», indique Carole Maillet.

Le directeur général de Soccer Nouveau-Brunswick, Younes Bouida, voit cette invitation comme une belle réussite, tant pour le jeune que pour son organisme.

C’est lors du championnat de l’Atlantique à Corner Brook il y a quelques semaines que Phoenix Roberts a capté l’attention du recruteur-chef de l’Impact, Simon Gatti.

«Toute la communauté du soccer est excitée. C’est pour nous une très belle nouvelle», confirme-t-il.

«Ça va ouvrir la porte à d’autres. Pour nous, c’est un début. Ça va aussi solidifier le partenariat que Soccer NB a déjà avec l’Impact de Montréal.»

Sauf que l’Acadien n’a encore rien gagné.

Il devra trimer dur pour garder sa  place à l’Académie.

«Phoenix va devoir faire ses preuves parce qu’il doit être invité chaque année. C’est tout un parcours pour faire la MLS, mais c’est ça la haute performance. Il n’y a pas d’excuses, il faut travailler fort et croire en soi.»

Younes Bouida réalise que toute la famille vivra une période d’adaptation difficile, mais c’est là le prix à payer pour permettre au talentueux gardien de but d’accéder aux niveaux supérieurs.

«Ce n’est pas facile pour la famille et il y a des gros sacrifices à faire pour tout le monde. Mais les jeunes ont des rêves. Il faut poursuivre ses rêves et aller jusqu’au bout.»