Marc Comeau visera le coeur de la cible aux Jeux Invictus

Le prince Harry, membre de la famille royale britannique, a eu une idée de génie en 2014.

Dans l’optique de suivre les traces de sa mère, Lady Diana, reconnue pour ses prises de position fermes en faveur des causes humanitaires, l’homme d’État a décidé de mettre sur pieds les Jeux Invictus.

Cet événement se veut un grand rassemblement sportif à l’échelle internationale qui a pour but d’inspirer et de motiver les militaires et anciens combattants blessés qui sont sur le chemin de la guérison autant physique que mentale à travers des sports adaptés.

Après avoir été présenté à Orlando, en Floride, l’an dernier, les Jeux seront tenus à Toronto à compter du 23 septembre.

Au sein du groupe de 90 athlètes qui représenteront le Canada, il sera possible de voir l’Acadien Marc Comeau, originaire de Tracadie. Celui-ci a d’ailleurs été sélectionné parmi plus de 350 candidatures grâce, notamment, à l’aide du programme Sans limites.

L’homme âgé de 51 ans est pour le moins fier d’avoir la chance de représenter non seulement son pays, mais aussi sa province. Pour sa première participation, il prendra part à l’épreuve du tir à l’arc.

«C’est un rêve. Je ne le réalisais pas au début, mais après un bout j’ai commencé à concevoir que c’est gros. On parle de 17 pays en action et ce sont tous des gens qui sont dans la même situation que moi. C’était mon but, dans cette participation, de me mettre dans la tête que je ne suis pas seul.»

Jugé invalide en raison de problèmes chroniques au dos, Marc Comeau n’a eu d’autres choix que de quitter son poste d’ingénieur de combat au sein des Forces armées canadiennes, qu’il occupait depuis 22 ans, en mai 2010.

La malchance s’est acharnée sur cet homme une fois de plus en 2014, alors qu’il a été victime d’un accident de la route. Ce choc a eu un effet dévastateur pour le principal intéressé.

«J’ai eu cet accident en me dirigeant au travail le matin. Cette mésaventure a déclenché chez moi un choc post-traumatique. J’ai toutefois reçu le diagnostic un an plus tard, après avoir vécu de nombreux moments difficiles. J’ai compris que l’accident d’auto a été l’élément déclencheur, mais tout est relié à mes trois déploiements en Bosnie en temps de guerre de 1992 à 1995.»

Selon lui, les Jeux Invictus ont des effets thérapeutiques pour les athlètes qui, tout comme lui, tentent de se rétablir de leurs blessures antérieures.

«Les personnes qui sont touchées par ces blessures, surtout le choc post-traumatique, sont portées à se refermer sur elles-mêmes. Ces Jeux nous encouragent à sortir de la maison, à rencontrer des gens et à pratiquer un sport. Voilà pourquoi il est important de sensibiliser la population à cet événement.»

Quant à ses objectifs en termes de performance,Marc Comeau souhaite évidemment être en mesure de bien performer et d’atteindre un podium. Cependant, ce n’est pas ce qui compte le plus pour l’Acadien.

«Je te mentirais si je disais que je ne veux pas une médaille. Après tout, tout le monde va dans une compétition pour gagner quelque chose. Toutefois, juste le fait d’être sur place et de compétitionner avec mes frères et sœurs d’armes, c’est assez pour moi. Dans les forces armées canadiennes, nous sommes une grande famille et ça me manquait dans mon quotidien de ne plus me retrouver avec eux.»