Morand et Viel réunis à San Jose, mais dans des camps opposés

Antoine Morand et Jeffrey Viel ont beau être les meilleurs amis du monde, ils ne se feront pas de cadeaux à San Jose, où les recrues des Ducks d’Anaheim et des Coyotes de Phoenix prendront part dès samedi à un tournoi regroupant également les Sharks et l’Avalanche du Colorado.

Le capitaine Viel, pour un, avoue que ce sera étrange de voir Morand dans un autre uniforme que le sien sur la glace.

«J’ai hâte de jouer contre lui même si ça va être bizarre. Une chose est sûre, je ne lui donnerai pas de chance», lance-t-il en pouffant de rire.

Lorsque mis au courant des intentions de Viel, Morand a lui aussi ri aux éclats, avant d’ajouter «moi non plus, mais c’est de bonne guerre».

«En fait, je trouve ça excitant d’affronter Jeff parce que nous nous sommes énormément encouragés au cours des deux dernières années. Cela dit, Jeff reste plutôt le genre de joueur que tu préfères avoir dans ton équipe que dans l’autre camp», souligne-t-il avec justesse.

Morand, un choix de deuxième ronde des Ducks (60e au total) en juin, se dit davantage excité que nerveux à l’idée de prendre part à un premier camp professionnel.

«Bien sûr qu’il y a un peu de stress, mais j’ai l’intention de profiter du moment présent le plus possible. Je veux jouer avec confiance», mentionne le talentueux numéro 88 du Titan d’Acadie-Bathurst, un centre réputé pour sa vision du jeu et ses talents de passeur.

«Je suis ici d’abord et avant tout pour apprendre et aussi pour démontrer aux dirigeants des Ducks ce dont je suis capable de faire. Je veux amener mon niveau de jeu à celui de la Ligue nationale pour prouver que j’évoluerai un jour dans cette ligue», ajoute-t-il.

Morand, auteur de 28 buts et 46 passes pour 74 points la saison dernière, dit avoir mis les bouchées doubles au cours des derniers mois afin d’arriver prêt pour ce camp.

«J’ai mis beaucoup d’effort sur l’aspect physique ainsi que sur mon explosion sur patins. Je veux devenir un joueur plus rapide et plus solide dans mes batailles à un contre un dans les coins de patinoire. J’ai aussi gagné de la masse musculaire cet été et ça va certainement m’aider cette saison», ajoute le hockeyeur âgé de 18 ans.

De son côté, Viel, qui n’a pas été repêché mais qui a reçu une invitation à participer au camp des Sharks, voit cette nouvelle opportunité, après celle de l’an dernier avec l’Avalanche, de convaincre un club de la LNH de lui offrir un contrat.

«C’est mon principal objectif, dit-il. Et je pense que j’ai des chances si je montre ce que je sais faire en jouant mon style de jeu. La balle est dans mon camp et c’est à moi de me démarquer.»

Le style de Viel, un ailier gauche de 6 pi 1 po et 185 livres, c’est de patiner en ligne droite en bousculant tout ce qui est dans son chemin et de foncer au filet. Il n’hésitera pas non plus à jeter les gants si ça peut aider l’équipe. La saison dernière, Viel y est allé d’une deuxième campagne consécutive de plus de 30 buts tout en accumulant au-delà de 100 minutes au cachot.

Viel, qui se livre toujours tel un livre ouvert en entrevue, a fait rigoler l’auteur de ces lignes lorsque questionné sur l’importance qu’accorde le directeur général des Coyotes John Chayka sur les statistiques avancées (Corsi).

«Je n’ai aucune idée c’est quoi un Corsi», a rétorqué en riant le Rimouskois âgé de 20 ans.

Pour ceux et celles qui, comme le capitaine du Titan, se demandent ce qu’est un Corsi, il s’agit d’une compilation de statistiques qui doit son nom à l’ancien gardien de la LNH Jim Corsi. Ce dernier est le premier à avoir commencé à compiler toutes les tentatives de lancers effectués dans un match afin d’analyser le travail d’un gardien. De nos jours, le Corsi aide à mesurer l’impact de chaque joueur dans une équipe.