Baseball: un Acadien en plein coeur de l’ouragan Irma

Ce n’est pas exactement ce que Dominic Tardif avait en tête quand il a quitté l’Acadie pour s’établir en Floride il y a quelques semaines. Le lanceur gaucher voulait poursuivre son rêve de jouer au baseball dans un réputé collègue américain tout en poursuivant ses études. Il se retrouve aujourd’hui barricadé chez son oncle à Sarasota, plongé dans l’angoisse et l’incertitude.

La ville de New Port Richey et son collège de Pasco-Hernando State, en banlieue nord-est de Tampa Bay, ont été évacués à l’approche de l’ouragan Irma, qui était de catégorie 3 avec des pluies diluviennes et des vents soutenus de près de 175 km/h.

Il s’est donc réfugié chez la parenté un peu plus au sud de l’État (Sarasota est située entre Tempa Bay et Fort Myers), convaincu – comme beaucoup de monde dans le territoire – que le monstre allait surtout frapper la côte Est.

Mais voilà que l’ouragan a décidé de bifurquer vers l’Ouest et il se dirige tout droit vers son refuge temporaire.

«On commence à avoir des vents pas mal forts», racontait-il lorsque le journal a pu lui parler, dimanche après-midi.

«La situation empire d’heure en heure. Et ce n’est rien à comparer de ce qu’on attend dimanche soir et lundi», ajoute-t-il, visiblement inquiet.

Comme la maison n’a pas de sous-sol, le jeune Tardif et son oncle ont barricadé les fenêtres.

Mais encore là, personne ne peut prédire si ce sera suffisant pour dompter le monstre de  vent et de pluie qui s’amène lentement.

«On a tout rangé ce qu’on pouvait en-dedans et dehors. On espère juste que les arbres ne tomberont pas sur la maison. Il y a déjà plein de débris partout», raconte-t-il.

Au moment de l’entrevue, l’électricité venait de lâcher et les vents augmentaient en intensité.

L’angoisse progressait au même rythme.

«Mon oncle ne sait pas si ça va tenir, mais la maison a déjà survécu à des ouragans. Sauf que ce n’était rien comme celui-là», fait remarquer l’ancien des Mudcats juniors du Grand Moncton âgé de 19 ans.

Tardif se dit aussi inquiet pour son appartement de New Port Richey.

«Je ne sais pas ce qui va arriver avec ça. J’ai apporté les choses qui avaient de la valeur et tous mes papiers importants. Je ne pouvais pas tout apporter avec moi.»

Et si le baseball est présentement loin dans ses pensées, le gaucher acadien sait très bien que la reconstruction pourrait être longue et qu’il devra se passer de son sport favori pendant un bon bout de temps.

Malgré tout, il ne regrette pas son choix d’avoir opté pour le sud des États-Unis pour amorcer sa carrière universitaire.

«J’aime ça en Floride. C’est le prix à payer pour avoir des belles plages et de la belle température pendant toute l’année», blague-t-il.

Le moral est bon, mais Irma doit marteler la région de Sarasota jusqu’à au moins mardi.