Irma: «Comme s’il y avait eu une guerre» – Dominic Tardif

Dominic Tardif pourra s’acheter un t-shirt qui portera la mention «J’ai survécu à l’ouragan Irma»!

Le baseballeur acadien soufflait un peu plus à l’aise lundi matin.

Même si les dommages ont été considérables à Sarasota, une ville côtière située entre Tampa Bay et Fort Myers à l’ouest de l’État, le jeune lanceur âgé de 19 ans et sa famille ont été épargnés par le monstre de vent et de pluie qui s’est abattu sur la Floride dimanche.

La maison dans laquelle il s’était réfugiée a tenu le coup, même si l’oeil de l’ouragan est passé au-dessus de sa tête.

«On a passé beaucoup de temps dehors avant que l’oeil de l’ouragan arrive», raconte-t-il.

«On est resté là jusqu’au moment où les vents deviennent trop forts. On a vu beaucoup de choses tomber des arbres. C’était pas mal fascinant. Mais à un point, on s’est dit qu’on devrait rentrer parce qu’on avait peur de se faire frapper par un arbre. C’était fou, la pluie tombait de côté et les palmiers pliaient.»

Irma est finalement arrivé dans le ciel de Sarasota, l’oeil menaçant.

«Vers 23h, on a commencé à entendre plein de bruits dehors. Il y avait des branches qui tombaient, mais elles n’ont pas fait de dommages à la maison», mentionne Dominic Tardif.

Sa famille restée en Acadie était plongée dans l’angoisse.

«Mon père était pas mal inquiet, mais on s’est texté souvent», indique le lanceur gaucher.

Occupé à diriger les Fisher Cats (qui affrontaient les Ironmen de Chatham en soirée à Moncton), Patrick Tardif sautait sur son téléphone entre les manches pour avoir les dernières nouvelles. Il y aura finalement eu plus de peur que de mal.

Dominic a même réussi à fermer l’oeil quelques heures pendant le déluge.

«J’ai réussi à dormir, même s’il faisait pas mal chaud sans air climatisé», fait-il remarquer.

Quand il a ouvert la porte, lundi matin, une scène de chaos et de désolation s’est offerte à lui.

«C’est comme s’il y avait eu une guerre. C’est plein de débris partout. Je ne voyais pas de gazon, il y avait des feuilles et des branches partout», relate-t-il.

«On nettoie partout autour de la maison depuis 8h ce matin. On a déjà rempli 16 sacs remplis de branches et de débris juste pour le devant de la maison. On a été chanceux. Il n’y a pas eu de dommages à la maison. En plus, l’électricité est déjà revenue.»

Le voisinage ressemble à un village fantôme, selon le joueur acadien.

«Les rues sont encore désertes parce que les gens qui ont évacué ne sont pas encore revenus. En fait, il y a juste nous et les voisins d’en face qui ont choisi de rester.»

Quand il aura terminé la corvée de nettoyage à Sarasota chez son oncle, Dominic Tardif retournera à New Port Richey. Il ne sait pas encore exactement dans quel état est son appartement.

«Il n’y a pas encore d’électricité. Je devrais retourner à l’école mercredi. Mais ça se peut que ça change.»

Quant au baseball, il semble très loin dans l’esprit de tout le monde qui a vécu l’enfer depuis quelques jours.

«Le terrain n’est pas trop endommagé, mais il est pas mal détrempé. L’entraîneur a dit que ça pourrait prendre quelques semaines. Le terrain était complètement inondé.»