Un coup de tête payant pour Réjean Chiasson

Réjean Chiasson, considéré comme l’un des plus grands marathoniens de l’histoire du Nouveau-Brunswick, a frappé un grand coup une fois de plus en fin de semaine.

L’Acadien qui habite Toronto n’avait pourtant même pas planifié de participer au marathon d’Erie, en Pennsylvanie. En fait, sur un coup de tête, il a pris la décision de s’inscrire la veille, aux alentours de 23 heures.

Celui qui a lancé Pace and Mind, une société qui se spécialise dans les programmes d’entraînement spécialisé, devait uniquement agir à titre de conducteur pour ses athlètes qui prenaient part à cette course.

Au final, son chrono de 2h30m10s lui a permis non seulement d’obtenir un laissez-passer pour le prestigieux marathon de Boston en 2018, mais aussi de mettre le pied sur la plus haute marche du podium.

«Je me dirigeais à Erie dans le but de conduire et d’encourager mes coureurs. J’allais donc être sur place et je devais faire une longue course pour mon propre entraînement. Alors j’ai décidé de m’inscrire. Je voulais simplement avoir un bon work-out

L’athlète âgé de 34 ans, originaire de Tilley Road dans la Péninsule acadienne, n’avait pas d’objectif précis au départ. À sa grande surprise, il était toujours dans le peloton de tête dans le dernier droit du parcours.

«J’étais en meilleure forme que je ne le pensais. Au début de la course, je ne voulais pas déployer un effort maximum, alors j’ai décollé tranquillement. Toutefois, je voyais encore les coureurs qui étaient à l’avant du peloton dans les derniers kilomètres, donc j’ai décidé d’en donner un peu et d’essayer de gagner.»

Le tenant du record provincial sur cette distance, grâce à un temps de 2h17m48s, juge que cette performance est de bon augure pour ses prochaines prestations. Si tout se déroule comme prévu, il croit être en mesure d’abaisser sa marque personnelle dans un avenir rapproché.

«Je suis davantage prêt que je ne le pensais. Surtout que ce n’était pas une course où j’étais à 100% tout le long. Mon prochain marathon sera celui de Boston en 2018 et ce n’est pas un parcours spécialement rapide. C’est dur à dire si je vais pouvoir y battre mon record, mais je pense qu’éventuellement je vais réussir ce fait d’armes. On va voir, on ne sait jamais. Peut-être que ça se produira au printemps ou l’automne prochain.»

Réjean Chiasson n’a pas seulement son propre succès à cœur, mais aussi celui des athlètes qu’il entraîne. En plus de Pace and Mind, il agit à titre d’entraîneur-chef et directeur créatif pour la compagnie Adidas à Toronto. Son horaire est chargé avec ces deux emplois et son entraînement, mais il ne changerait pour rien au monde ce mode de vie.

«J’éprouve une grande satisfaction dans mon rôle d’entraîneur, surtout lorsque je vois mes athlètes connaître du succès après avoir mis beaucoup d’efforts pour s’y rendre. J’aime aussi partager ce que j’ai appris au cours de mes années de compétition. J’ai été vraiment chanceux de travailler avec de bons entraîneurs de niveau mondial et maintenant je peux transmettre mon amour pour ce sport à ces passionnés de la course.»

D’ailleurs, celui qui est devenu père d’une petite fille en août aimerait éventuellement faire un retour au Nouveau-Brunswick afin de développer un programme pour les jeunes de la province.

«Ça fait un an ou deux que j’y pense. Ma copine est originaire de Toronto et elle a un emploi dans la région, mais nous ne rejetons pas l’idée de faire un changement de style de vie. Si cela se produit dans les prochaines années, je souhaiterais mettre en branle un groupe de course dans la province.»

«Je crois qu’il y a beaucoup d’athlètes qui sont remplis de potentiels. Il y a aussi de bons entraîneurs, mais nous manquons surtout de spécialistes de longue distance qui ont de l’expérience et qui, comme dans mon cas, ont eu la chance de travailler avec des enseignants de niveau mondial.»