Que se passe-t-il avec le Titan?

Levez la main ceux et celles qui voyaient le Titan d’Acadie-Bathurst au 11e échelon du classement avec un modeste dossier de ,500 après 14 rencontres? Ne vous tourmentez pas, un peu tout le monde, y compris les joueurs de l’équipe, n’en revient pas non plus.

Comment un club considéré nettement mieux nanti que la grande majorité des 17 autres formations du circuit, vu d’ailleurs par tous les experts comme l’un des trois grands favoris pour tout rafler, peut-il se trouver dans une telle situation à moins d’une semaine de novembre?

Encore plus gênant, toutes les formations de la division Maritimes ont réussi à engranger de meilleures séquences de victoires consécutives que le Titan cette saison. Les hommes de Mario Pouliot n’ont réalisé qu’une série de deux gains d’affilée et ça remonte aux deuxième et troisième duels de la campagne.

Certes, le rendement irrégulier des gardiens n’aide pas. À eux deux, Reilly Pickard et Dominik Tmej présentent un plus que décevant taux d’arrêts de ,885. Décevant parce que le Titan ne permet en moyenne que 27,2 tirs à l’adversaire par match. Seuls les Voltigeurs de Drummondville (23,2), l’Armada de Blainville-Boisbriand (25,2) et les Remparts de Québec (26,9) ont fait mieux à ce chapitre.

Autre point qui chatouille, les 46 buts déjà accordés, dont 16 dans le dernier tiers. Dans les deux cas, c’est trop. Beaucoup trop.

Le manque d’opportunisme en attaque, malgré le fait que l’équipe obtient régulièrement près de 10 tirs de plus que l’adversaire, est une autre aberration qui fait mal.

Mais que se passe-t-il donc avec le Titan? La question a été posée à trois d’entre eux, les arrières Adam Holwell et Noah Dobson, ainsi que le capitaine Jeffrey Viel.

«Nous pouvons regarder notre domination au niveau des lancers comme quelque chose de positif, mais le fait demeure que nous ne parvenons pas à trouver une façon de transformer tous ces tirs en buts», signale Holwell.

«Il faut aussi regarder sur la qualité de ces lancers, soutient Dobson. Plusieurs ne provoquent pas de réelles chances de marquer. Nous devons simplifier notre jeu en zone offensive en mettant plus de trafic devant le filet. Il faut également que notre jeu offensif provienne davantage de l’enclave.»

Viel abonde dans le même sens que ses coéquipiers.

«À l’attaque, notre problème se résume au fait que lorsque nos défenseurs lancent vers le gardien, les attaquants ne foncent pas assez au filet. Nous manquons également beaucoup trop d’opportunisme. Il faut que ça devienne instinctif», mentionne le capitaine.

Les 16 buts accordés au troisième tiers sont une statistique qui fait par ailleurs drôlement suer le vétéran Holwell.

«Donner autant de buts en troisième n’est pas la caractéristique d’une équipe gagnante, estime-t-il. Heureusement, la saison est encore jeune et nous pouvons apprendre de nos erreurs. Ça ne donnerait rien de s’apitoyer sur notre sort. En fait, la seule chose à faire avec le passé est de l’utiliser pour nous motiver à être meilleur.»

Viel demeure pour sa part convaincu que le Titan est une excellente équipe et que le meilleur est à venir.

«Dans ma tête, c’est clair que nous figurons dans le top 3 de la ligue. Malheureusement, c’est plus difficile ces temps-ci et ce n’est qu’en redoublant d’effort que nous allons surmonter cette mauvaise passe», révèle le numéro 25.

«Il est temps de commencer à gagner plus régulièrement et de montrer à nos partisans pourquoi le Titan est considéré comme l’un des clubs favoris. Et cette série de cinq matchs à la maison, je la vois comme une belle occasion de nous relancer», raconte le robuste Rimouskois.

«Honnêtement, ça ne veut rien dire de parler de la force d’une équipe sur papier, poursuit pour sa part Holwell. Le hockey serait nettement moins amusant si l’équipe favorite gagnait toujours.»

«Ce que je vois, c’est que notre façon de jouer ne reflète pas notre réel potentiel. Ça ne veut toutefois pas dire que nous ne pouvons pas rebondir. Nous entamons une série de cinq matchs à la maison et il faut en profiter pour coller quelques victoires», affirme le vétéran défenseur.

«N’oublions pas que la coupe ne se gagne pas après seulement 14 matchs. Et encore moins en novembre. Ce que nous devons faire c’est de nous concentrer sur la façon de mieux jouer afin d’être au sommet en vue des séries éliminatoires», analyse Holwell.

«C’est vrai que nous n’avons pas le début de saison anticipé, mais nous gardons confiance dans chacun de nos coéquipiers, ajoute le jeune Dobson. Il s’agit d’être plus constant dans nos efforts. Il faut jouer pendant 60 minutes et dominer chacune des trois périodes.»

Le Titan (5-5-4, 14 pts) accueille mercredi soir les Sea Dogs de Saint-Jean (3-7-4, 10 pts).

Michal Ivan arrive, Jeffrey Viel suspendu

Mario Pouliot était à l’aéroport de Bathurst de voir débarquer le défenseur Michal Ivan, mercredi, sur l’heure du souper. À la blague, on lui a fait remarquer que l’arrivée du Slovaque semblait aussi compliquée que celle des frères Peter et Anton Stastny à Québec en 1980.

L’entraîneur-chef, de fort belle humeur, a rétorqué: «Reste à voir s’il est dans l’avion. Il a peut-être décidé de rester à Montréal. En tout cas, s’il est aussi bon que les Stastny, on va être en business.»

Ivan, dans un premier temps, était attendu pour lundi. Des problèmes de visa ont cependant repoussé l’attente d’une autre journée. Selon Pouliot, les chances qu’il affronte les Sea Dogs sont peu élevées.

«De ce que j’ai pu comprendre, nous n’avons pas encore reçu les papiers de sa libération officielle. Et si on tient aussi compte qu’il va être affecté par le décalage d’horaire, qu’il revient d’une blessure et qu’il n’a pas encore pratiqué, les chances sont minces pour qu’il joue. Je dirais qu’elles sont de 20%. On verra bien», affirme l’entraîneur.

Par ailleurs, le Titan a appris une fort mauvaise nouvelle en milieu d’après-midi avec la suspension de quatre matchs imposée au capitaine Jeffrey Viel, en raison d’un coup à la tête d’un joueur des Foreurs de Val-d’Or, samedi.

«Il a reçu deux matchs pour la mise en échec et un autre parce qu’il est un récidiviste. Mais je m’explique mal l’autre partie de la suspension pour blessure parce que le gars (Maxim Mizyurin) a complété la partie. Ce n’est qu’ensuite qu’il a été placé sur le protocole des commotions cérébrales», raconte Pouliot.

À noter qu’il s’agit d’une quatrième suspension en carrière pour Viel. Il a raté trois parties en février pour un coup de genou, un autre match en octobre 2015 pour avoir enlevé son casque avant un combat et enfin deux rencontres en février 2015 pour un double échec.

La LHJMQ a aussi imposé mardi une suspension de cinq matchs au défenseur Jacob Arsenault, des Wildcats de Moncton. La suspension a été octroyée à la suite du geste posé le 22 octobre, face aux Cataractes de Shawinigan.

Enfin, Félix Meunier, acquis dans la transaction qui a envoyé le défenseur Félix Boivin aux Tigres de Victoriaville en juin, a décidé de quitter le Titan.