L’Académie Drekon, un nouveau joueur en sports de combat

La boxe et les arts martiaux mixtes ont désormais un nouveau joueur au Nouveau-Brunswick. L’Académie Drekon, dont le gymnase a été ouvert en 2011 mais qui a pignon sur rue à Beresford depuis 2016, propose de s’occuper des combattants du Nord-Est qui en manifesteront la volonté.

Pour l’instant, Drekon possède quatre clients. On y retrouve, entre autres, le boxeur professionnel Mitch Boudreau.

Quant aux trois autres, qui se préparent à entamer une carrière amateur dans les arts martiaux mixtes, ils ont pour nom Kyle Rose, Nathalie Comeau et Alyssa Levesque.

Des débuts modestes, mais Drekon compte augmenter le nombre de ses athlètes.

L’entraîneur des quatre combattants, Jean-Martin Gauthier, souligne que Mitch Boudreau est la grosse tête d’affiche de l’Académie.

Une bien drôle de décision quand on sait que le pugiliste de Bathurst montre une fiche de trois revers en autant de duels depuis qu’il a fait le saut chez les professionnels en 2015. La boutade ne déstabilise aucunement l’entraîneur.

«Mitch est un bien meilleur boxeur que ne l’indique sa fiche, affirme Gauthier. Il n’y avait juste personne pour s’occuper de lui et pour bien le préparer. Nous sommes sérieux et nous allons nous en occuper comme il faut. Nous lui avons déjà trouvé un préparateur physique et nous recherchons une personne qui va se charger de l’aspect nutrition.»

«Nous allons non seulement le préparer comme il faut, mais nous allons aussi lui trouver les bons adversaires. C’est terminé les fois où il acceptait un combat seulement huit jours avant le match. Nous allons être à l’écoute de son corps et nous allons prendre notre temps pour le développer. N’oublions pas que Mitch n’a que 22 ans. Il a déjà montré qu’il était un gagnant quand il était chez les amateurs puisqu’il a même remporté les gants dorés», souligne Jean-Martin Gauthier.

Boudreau (0-3) livrera son prochain combat le 7 décembre au Casino de Montréal. Lors de ce gala organisé par le Groupe Yvon Michel, le mi-lourd acadien affrontera dans un duel de quatre assauts le Montréalais Terry Osias (1-0).

Par ailleurs, le propriétaire de Drekon, André Lanteigne, nourrit l’ambition d’organiser dès l’été 2018 un premier gala. Il rêve d’un événement qui impliquerait des boxeurs et des combattants d’arts martiaux mixtes, tant professionnels qu’amateurs.

«Nous voulons démontrer que tout est possible chez Drekon. Nous voulons nous établir comme l’endroit pour les gens de la région qui aimeraient se lancer dans les sports de combat. Nous voulons construire quelque chose de solide», indique-t-il.

«J’ai toujours eu la volonté de tout faire avec ce gymnase et les sports de combat faisaient partie de mes projets», mentionne Lanteigne, qui ne dirait pas non à ajouter des combattants de boxe thaïlandaise ou de kick-boxing dans le giron de l’Académie.

Par ailleurs, Nathalie Comeau effectuera ses débuts dans la cage le 13 janvier au Casino Moncton. On ne connaît pas encore l’identité de son opposante.

Pour ce qui est d’Alyssa Levesque et Kyle Rose, ils livreront leur premier match ce printemps.

Grand-mère, infirmière et… attirée par les arts martiaux mixtes

Dans la vie de tous les jours, Nathalie Comeau est à la fois grand-mère d’une petite fille âgée de deux mois et infirmière au Foyer Notre-Dame-de-Lourdes à Bathurst. Depuis deux ans, elle prend également un soin méticuleux de son corps en s’entraînant quotidiennement au gymnase Drekon à Beresford. Elle mène tout ce qu’il y a d’une belle vie rangée.

Sauf que derrière cette façade se cache une femme âgée de 44 ans qui veut mordre encore plus dans la vie. Ainsi, elle nourrissait depuis un bon bout de temps la drôle d’idée de devenir une combattante en arts martiaux mixtes.

Pourtant, d’aussi loin qu’elle se souvienne, elle n’avait jusque-là pratiqué aucun sport de toute sa vie.

«Je n’ai jamais été sportive avant que je ne décide d’arrêter de fumer il y a deux ans. C’est alors que j’ai commencé à aller au gymnase. L’entraînement a rapidement remplacé la cigarette», déclare-t-elle dans un large sourire.

«J’ai toujours eu de l’agressivité en moi et je parvenais à l’évacuer pas mal au gymnase. Cependant, il en restait toujours un peu. Entretemps, j’ai découvert que j’aimais le contact et je me suis sentie attirée par les arts martiaux mixtes. Je n’avais pourtant jamais regardé de matchs à la télévision. Mais, étrangement, donner des coups de pied m’attirait», lance-t-elle en riant.

«Et comme je tenais à le faire avant d’avoir 45 ans, j’ai décidé en septembre qu’il était temps de vivre l’expérience, dit-elle. Pour l’instant, j’y vais un combat à la fois.»

Elle se prépare d’ailleurs très sérieusement pour ce premier combat qu’elle livrera le 13 janvier au Casino de Moncton. Elle ne connaît toutefois pas encore son adversaire.

Et les pensionnaires du Foyer Notre-Dame-de-Lourdes, qu’en pensent-ils de ce projet?

«Je ne l’ai pas encore dit à personne, avoue-t-elle. Elles vont l’apprendre dans le journal.»

On peut la comprendre de n’avoir rien dit puisque ses proches, particulièrement son fils, sont incrédules devant sa décision.

«Mon gars ne comprend toujours pas. Il a de la misère avec ça. Il dit que je rêve en couleurs. Mes amies, elles, me trouvent toutes folles», mentionne-t-elle en riant.

Peu importe, Nathalie Comeau a bien l’intention d’aller au bout de ses convictions.

«Je m’entraîne de 75 à 90 minutes par jour et je suis actuellement en train de préparer mes prises. Ces temps-ci, je travaille sur la guillotine. Ça commence à bien aller», ajoute-t-elle avant d’aller compléter son entraînement quotidien.

Âgée de seulement 19 ans, Alyssa Levesque se cherchait une activité lorsqu’elle a quitté l’Ontario pour venir s’établir à Bathurst il y a deux mois. Comme elle avait déjà fait un brin de boxe thaïlandaise, elle s’est dit que les arts martiaux mixtes pourraient peut-être l’intéresser.

«Je voulais au moins essayer et j’aime ça, mentionne-t-elle. Même que j’aimerais bien y faire carrière. J’aime la puissance que nécessite ce sport.»

Alyssa Levesque effectuera ses débuts amateurs ce printemps, possiblement en avril. En attendant, elle continue de parfaire ses habiletés sous l’oeil attentif de son entraîneur.