Violence: la ligue Acadie-Chaleur a un sérieux problème sur les bras

La saison a beau n’être vieille que de deux semaines, René Savoie en a déjà plein son casque du climat de violence qui semble vouloir s’installer dans la Ligue de hockey senior Acadie-Chaleur. Exaspéré, le président a convoqué une réunion d’urgence pour ce jeudi avec les représentants des six formations du circuit. Ça risque de parler fort parce qu’à l’évidence, il a l’intention de mettre les points sur les «i» et les barres sur les «t».

Le président souligne que déjà 10 sanctions ont été décernées pour un total de 20 parties de suspension. C’est énorme quand on sait qu’il n’y a eu que neuf matchs qui ont été disputés.

Nick Foran, des Ice Dogs de Néguac, et Charles Couturier, des Rameurs de la baie des Chaleurs, ont respectivement écopé de sanctions de six et trois parties à eux deux.

Ajoutez à cela huit joueurs qui ont reçu un avertissement pour des gestes répréhensibles dans les 10 dernières minutes de jeu.

Des six clubs, seuls les Marchands de Shippagan ont évité de subir le courroux du comité de discipline.

«Tout ça en seulement deux fins de semaine et il en reste encore huit autres», affirme René Savoie.

«À ce rythme, on va se rendre à plus de 60 sanctions pour près de 100 matchs de suspension. C’est inacceptable», révèle le président sur un ton dont on devine aisément la frustration.

Il est d’autant plus en colère que le président du comité de discipline, Guysma Haché, a présenté sa démission plus tôt cette semaine.

«Nous étions chanceux et choyés d’avoir une personne comme Guysma dans ce comité, mais il m’a envoyé une lettre m’expliquant qu’il ne s’attendait pas à une telle charge de travail et qu’il ne peut continuer. Je ne le blâme pas d’avoir pris cette décision», indique-t-il.

«Il faut comprendre que chaque cas représente un minimum de six heures de travail. Et je suis conservateur quand je dis ça. Le président du comité doit, entre autres, faire la lecture du rapport de l’arbitre, discuter avec les trois autres membres du comité de discipline qui ne sont pas toujours disponibles immédiatement, argumenter avec les équipes, appeler au besoin les arbitres du match, rédiger le rapport puis me l’acheminer afin que je puisse ensuite propager ledit rapport auprès des clubs impliqués», énumère-t-il.

«Et là, ensuite, moi je dois me taper les réactions des équipes qui ne sont jamais contentes. À un moment donné, ça devient aussi bien dire un travail à plein temps. Et nous, nous ne faisons que du bénévolat. Actuellement, la ligue n’est plus gérable», indique le président.

«Comme je n’ai certainement pas le temps pour prendre un tel fardeau et que personne dans l’exécutif n’a une vingtaine d’heures supplémentaires à consacrer à de la paperasse pour des cochonneries sur la glace, il faut que je trouve une personne pour remplacer Guysma. Ça ne sera pas facile», souligne-t-il.

«J’ai pourtant été clair dès mon arrivée à la présidence du circuit. Je veux une ligue propre où les familles peuvent apporter leurs enfants pour voir le match. Je veux aussi une ligue où tous les joueurs vont se sentir en sécurité sur la glace. Il est clair que nous n’atteignons actuellement pas nos objectifs», mentionne-t-il.

«Il y a un sérieux manque de respect entre les joueurs et aussi à l’endroit des arbitres. Il faut que ça change. Actuellement, de la façon dont je vois les choses, c’est soit que le message ne se rend pas jusqu’aux joueurs, ou encore que les joueurs ont choisi d’ignorer le message. Et dans un cas comme dans l’autre, c’est un problème sérieux», révèle René Savoie.

Le président n’est également pas sans savoir que le risque de voir une multiplication des gestes violents peut aller en augmentant si la situation n’est pas freinée immédiatement.

«Il faut à tout prix décourager cette violence parce que ça va finir par grossir. Il y a trop un gros risque qu’un climat de vengeance s’installe et ce n’est pas ce que je veux. Et j’espère aussi que les équipes ne veulent pas ça. Parce que sinon, ils devront se trouver un employé à plein temps pour s’occuper des suspensions. Et ça, ça va coûter des sous. Et comme je connais les fonds de la ligue, je peux te dire qu’elle n’a pas les moyens de se payer une telle personne», ajoute en conclusion le président.