Décès de Roy Halladay: Jason Dickson frappé de plein fouet

Comme le reste du monde du sport, Jason Dickson a été estomaqué d’apprendre le décès de Roy Halladay mardi, dans un accident d’avion dans le golfe du Mexique. Mais pour le président de Baseball Canada, cette tragédie se veut personnelle. Il n’a pas seulement perdu un ancien collègue de travail, mais un coéquipier, un colocataire et un ami.

Les deux lanceurs droitiers ont partagé les hauts et les bas de la vie dans le baseball mineur, en 2001, alors qu’ils évoluaient dans l’organisation des Blue Jays de Toronto.

Dickson se trouvait à Knoxville (au Tennessee), au niveau AA, se remettant d’une importante opération chirurgicale à l’épaule.

Halladay, lui, avait été rétrogradé par les Jays pour retrouver la forme et travailler sur sa technique de lanceur.

Les deux colocataires sont rapidement devenus des amis.

«Nous étions un peu dans la même situation au même moment de notre carrière», raconte l’artilleur originaire de Miramichi.

«On essayait tous les deux de retrouver le chemin des ligues majeures. Je me souviens de plusieurs soirées passées dans notre appartement à discuter de baseball, de changements à apporter à notre technique ou tout simplement de l’avenir», ajoute-t-il.

«On a traversé des moments difficiles et Roy était le genre de personne à qui on pouvait se confier.»

Les conseils de Halladay ont porté fruit puisque le Néo-Brunswickois a évolué pendant quatre saisons dans le baseball majeur. En 73 rencontres avec les Angels d’Anaheim (alors de la Californie), le droitier s’est façonné un dossier de 26-25, avec une moyenne de points mérités de 4,99.

Il a fait ses débuts face aux Yankees de New York le 21 août 1996. Le premier frappeur Derek Jeter a expédié son troisième tir par-dessus la clôture du champ gauche pour un circuit. Dickson allait quand même signer sa première victoire dans les majeures cette journée-là. En tout, il a évolué pendant 11 saisons dans le baseball professionnel.

Mais ce sont surtout les qualités humaines de son ami – gagnant de deux trophées Cy-Young, auteur d’un match parfait et d’un match sans point ni coup sûr pour les Phillies de Philadelphie pendant les éliminatoires de 2010 – qu’il appréciait.

«C’est un gars qui était toujours en train de faire des blagues ou des coups pendables. Il avait aussi toujours sa guitare avec lui et il était responsable de notre divertissement!», blague-t-il.

Les deux se partageaient les tâches ménagères dans leur appartement de Knoxville.

«Je dirais que c’était moi le meilleur cuisinier, mais pour dire la vérité, il n’y avait pas de grands plats qui sortaient de notre four. On allait habituellement chercher quelque chose à manger au restaurant.»

Ce sont toutes ces qualités humaines qui rendent la tragédie difficile à surmonter pour celui qui a terminé sa carrière dans la Ligue de baseball senior du Nouveau-Brunswick en 2011, avec les Ironmen de Chatham.

«Ça m’a frappé de plein fouet. Les commentaires qu’on voit sur le web et ce qu’on entend ne lui rendent pas justice, affirme-t-il. On connaît tous les statistiques et à quel point c’était tout un joueur de baseball, mais c’est seulement une petite fraction de la personne incroyable qu’il était. C’était une personne vraie. Il pensait toujours aux autres avant de penser à lui.»

L’homme aujourd’hui âgé de 44 ans n’oubliera jamais son vieux compagnon d’armes.

«On peut parler de ses accomplissements jusqu’à demain matin, mais au bout du compte, un athlète est jugé sur le genre de coéquipier et le genre de personne qu’il était. Et sur une échelle de 1 à 10, Roy était un 11. Il était quelqu’un de très spécial.»

Dickson a aussi eu une pensée pour la famille de Roy Halladay, qui était âgé de 40 ans.

«J’ai eu la chance de le revoir cet été lors de son intronisation au Temple de la renommée du baseball canadien. Ses enfants sont à peu près du même âge que les miens, et quand on apprend une nouvelle pareille, on pense immédiatement à eux et à son épouse. On vit plusieurs moments très émotifs quand on pense à tout ça», souligne-t-il.

«Je pense que le monde a perdu un grand personnage.»