Une autre défaite qui fait très mal pour le boxeur Mitch Boudreau

Déception. Voilà qui résume assez bien l’état d’esprit de Mitch Boudreau depuis son combat de jeudi soir au Casino de Montréal.

Au cas où vous l’ignoriez, l’Acadien de Bathurst a subi la défaite devant Terry Osias. Par décision unanime, puisque les quatre rondes ont été accordées au Longueillois.

Boudreau est donc déçu. Immensément, en fait.

Surtout de lui-même.

Il voulait tellement que ce soit son bras que soulève l’arbitre du match. Il en avait rêvé. Il avait visualisé la scène des centaines de fois ces dernières semaines.

Personne ne déteste autant que lui le zéro dans sa case victoire. Quatre revers en quatre duels. La marque d’un perdant. Ça lui lève le cœur.

Ça lui dégoûte parce qu’il n’a pas le sentiment d’être un jambon. Il estime qu’il vaut bien mieux que les chiffres que son curriculum vitae de boxeur professionnel balance à la vue de tous.

«Écoute, ç’a fait mal», s’est exclamé l’athlète âgé de 22 ans.

«Je ne te donnerai pas d’excuses, j’ai perdu. Osias a été le meilleur dans ce combat, même si je croyais avoir gagné au moins une ronde. Je suis surtout déçu de moi-même», confie-t-il.

Avec le recul, Boudreau croit qu’il s’est trop excité par le langage corporel de son adversaire.

«Je voyais la peur dans ses yeux. Mon plan était de le rendre inconfortable et je crois qu’à ce niveau j’ai réussi. J’ai vite senti qu’il avait peur de moi. Malheureusement, il a été plus intelligent. La boxe, c’est un peu comme jouer aux échecs. J’ai trop été le chasseur. J’aurais dû le laisser venir plus souvent à moi au lieu de courir après lui. J’aurais ainsi pu mieux bâtir mes points», explique-t-il.

Boudreau ignore quand il remontera sur le ring. Le plus tôt possible, espère-t-il.

«Osias ne m’a pas fait mal du combat. Bien sûr, ce matin j’ai des bleus ici et là et j’ai un peu mal aux bras, mais c’est normal. Ce sont des blessures superficielles. Mais hier, avec l’adrénaline, jamais il ne m’a fait mal. Aucun de ses coups ne m’a ébranlé», clame-t-il.

À la question à savoir s’il ne va pas trop rapidement quant à la qualité de ses adversaires en début de carrière, Boudreau estime que tout est une question de perception.

«Plusieurs personnes m’ont dit que j’acceptais trop vite certains combats. Moi, j’ai décidé de faire à ma façon. Je veux pouvoir me regarder dans le miroir et me dire que je suis toujours resté intègre. J’ai perdu contre Osias, mais je ne crois pas que ce soit terminé. J’aimerais le revoir un jour sur le ring. Je n’ai que 22 ans, lui en a 30. Il a livré 75 combats chez les amateurs et il a même fait du sparring avec Jean Pascal en vue de ce match. Je n’ai pas ce luxe», révèle-t-il.

Beaucoup de positif, selon Gauthier

Son gérant et entraîneur Jean-Martin Gauthier était lui aussi atteint du blues du mauvais lendemain.

«C’est évident que c’est décevant, on ne se racontera pas d’histoire. Mais une carrière de boxeur, c’est un processus. Et moi, je vois une courbe de progression chez Mitch. Il a réussi à rendre Osias inconfortable, ce qu’il n’avait pas été en mesure de faire en octobre contre Tomko», indique-t-il.

«Je peux te dire que ça n’a pas été un combat facile pour Osias. Mitch l’a dominé sur le plan de la robustesse. Ç’a été son meilleur combat chez les professionnels jusqu’à présent. Vraiment, il y a beaucoup de positif à retenir de ce combat», assure Gauthier.

«Premièrement, Mitch a démontré que sa condition physique était nettement supérieure à il y a deux mois. Et puis, j’ai trouvé que notre complicité était également meilleure. Notre chimie est en train de se solidifier. Nos minutes entre les rondes étaient de qualité. Je voyais dans ses yeux qu’il écoutait mes directives. Même dans l’avant-combat, j’ai trouvé que notre rythme était bon. Pour moi, c’est majeur tout ça», dit-il.

«Dans la boxe, tu gagnes ou tu apprends. Nous allons donc apprendre de cette expérience et aller de l’avant. En ce moment, notre prochaine étape de nous trouver des commanditaires pour pouvoir aller s’entraîner à Montréal de temps en temps. Il nous faut des partenaires d’entraînement de plus haut niveau et c’est à Montréal que nous allons les trouver. Moi je vois le grand potentiel de Mitch. Je sais qu’une fois qu’il aura gagné un match, la lumière va s’allumer et le reste fera partie de l’histoire. Mitch, est un loup. Et un loup qui monte la montagne est toujours plus affamé qu’un loup qui est au sommet de la même montagne. Nous allons donc continué de grimper», a ajouté Gauthier.