Titan: Michal Ivan s’adapte bien au jeu de la LHJMQ

Chez le Titan d’Acadie-Bathurst, en 20 ans d’histoire, il ne suffit que d’une seule main pour énumérer les joueurs d’outre-mer qui ont eu un réel impact après avoir été repêché par l’organisation.

L’Ukrainien Alex Matieroukhine, le Letton Janis Sprukts et le Russe Vladimir Kuznetsov font évidemment partie de ce quintette.

Et, en se laissant forcer un brin la main, on peut ajouter le Tchèque Ondrej Wantulok. À défaut d’avoir été un contributeur offensif, ce défenseur au sourire absent a le mérite d’avoir marqué l’imaginaire des partisans avec ses coups vicieux et son jeu tout de même solide en territoire défensif.

Sinon, les Igor Shadilov, Ondrej Latal, Garip Saliji, Antonin Manavian, Juraj Mily, Alex Pisarik, Nicolas Krammer et Pavel Borysenko, pour ne nommer que ceux-là, ont tous été (et avec raison) oubliés rapidement.

Mais récemment est débarqué à Bathurst un réel talent en la personne du Slovaque Michal Ivan. Et bien qu’il ne soit ici que depuis un peu plus de six semaines, ce défenseur gaucher de 6 pieds 1 pouce et de 183 lb s’est rapidement greffé au noyau de l’équipe.

Mario Pouliot, lui, est rapidement tombé sous le charme.

«Michal a assurément solidifié notre défensive, affirme l’entraîneur avec enthousiasme. Avec Adam (Howell) et Noah (Dobson), il nous donne un excellent Big Three. Sa venue a fait en sorte que tous les autres défenseurs se sont retrouvés dans la bonne chaise.»

«J’aime son sens du jeu et son sang-froid avec la rondelle. Il peut nous aider dans plusieurs facettes du jeu. Dès son premier match, j’ai aimé son engagement. C’est un joueur qui n’est pas frileux dans les coins et qui n’hésite pas à bloquer des tirs», mentionne Pouliot.

Doté d’un très bon coup de patin et capable de contribuer à l’attaque comme en témoignent ses deux buts et six passes en 17 rencontres, Ivan intéresse déjà drôlement les recruteurs de la LNH.

Il aura d’ailleurs l’occasion d’augmenter sa cote de popularité puisqu’il représentera la Slovaquie au Championnat mondial de hockey junior qui sera présenté à Buffalo. Il ira rejoindre son équipe dès samedi matin.

Ça veut donc dire qu’il ne lui reste plus qu’un match à disputer avant de quitter l’équipe, soit celui de mercredi alors que les Islanders de Charlottetown seront en ville.

Ivan s’adapte bien

Une chose est certaine dans le cas d’Ivan, c’est qu’il s’adapte rapidement.

Ce natif de Ziar nad Hronom, une petite ville d’environ 19 500 habitants à peine plus grosse que Bathurst et située sur les rives de la rivière Hron, aspire à devenir le premier joueur de sa municipalité à jouer dans la LNH.

Avant lui, seulement deux joueurs de Ziar nad Hronom ont mis les pieds en Amérique du Nord, soit les défenseurs Michal Babinsky et Jakub Melisko. Le premier dans un circuit junior A de l’Ontario et le second dans la NAHL, une ligue junior des États-Unis. Ils sont depuis retournés à la maison sans demander leur reste.

Ivan, à l’évidence, est déterminé à réussir.

Son hôte Jacques Ouellet, qui a également accueilli récemment le Russe German Rubtsov, affirme que les deux joueurs se taquinent déjà beaucoup à la maison.

On ne le dira pourtant jamais assez, l’adaptation n’est pas naturelle pour un jeune homme (il a eu 18 ans le 18 novembre) n’ayant jamais mis les pieds en Amérique et qui ne connaissait rien, ou presque, de notre culture et de nos moeurs.

«Je crois que mon adaptation se porte bien, confie-t-il. Je dois quand même composer avec une nouvelle langue, de nouvelles personnes et un autre style de vie. Et c’est sans oublier le hockey qui est différent de ce j’étais habitué. J’avoue que ç’a été difficile au début, mais ça va nettement mieux maintenant.»

Ivan ne ment pas quand il dit se sentir de plus en plus à l’aise sur la surface glacée du Centre régional K.-C.-Irving (200 pi X 85 pi), lui qui était habitué jusque-là aux patinoires européennes (200 pi X 100 pi).

«C’est plus difficile de jouer ici parce que le jeu est plus rapide. Et comme les joueurs sont gros et rapides, il te faut prendre des décisions plus rapidement parce qu’ils arrivent très vite sur toi. Tous les joueurs ici, que ce soit les avants ou les défenseurs, doivent bien patiner», raconte-t-il.

Le Slovaque estime qu’il peut en donner encore plus à son équipe.

«Je crois que je peux encore beaucoup m’améliorer, dit-il. La LHJMQ est une ligue importante pour le développement des joueurs et l’encadrement qu’on y retrouve nous aide à nous améliorer. Mon rêve est de jouer dans la Ligue nationale.»

«En fait, n’est-ce pas le rêve de la majorité des jeunes hockeyeurs?», questionne-t-il non sans humour.