Deux gardiennes de but s’illustrent au sein de leur formation masculine

Il n’est plus si rare désormais que des joueuses de hockey réussissent à se tailler une place sur l’équipe masculine de leur établissement scolaire. À Campbellton toutefois, la responsabilité du filet est 100% féminine.

L’équipe de hockey masculin AA de la polyvalente Roland-Pépin de Campbellton connaît jusqu’à présent une excellente saison avec neuf victoires et seulement une défaite en dix rencontres. Et ce succès repose en partie sur les épaules de leurs deux gardiennes de but, Arianne Boissonneault de Saint-Arthur et Danielle Castonguay d’Atholville.

Il existe bien une équipe de hockey féminin à la PRP, mais les deux jeunes femmes âgées de 15 ans ont tout de même préféré tenter leur chance au sein de la formation masculine.

«Pour moi, c’était avant tout une question de calibre. Chez les garçons, c’est un peu plus élevé. C’est un défi supplémentaire, une bonne occasion pour nous de nous améliorer», exprime Danielle.

Même son de cloche pour sa consœur, Arianne. Celle-ci était d’ailleurs affiliée à l’équipe féminine l’an dernier. Elle préfère de loin l’expérience au masculin.

«C’est plus vite et plus fort chez les garçons. J’aime mieux ça. Et sinon, c’est très plaisant de jouer avec eux. Il n’y a aucune discrimination. On sent qu’on fait partie de l’équipe à parts égales», exprime-t-elle.

Selon Maxime Levesque, responsable du programme de hockey à la PRP, les athlètes féminines ont le droit de se présenter au camp de hockey masculin.

«Si elles ont le calibre nécessaire, l’entraîneur peut décider de les intégrer à l’équipe, et ce, même au détriment d’un garçon. Dans notre cas on a vérifié, puisqu’il s’agit de deux filles remplissant la même position (gardien de but). C’est conforme à la réglementation de la ligue», explique-t-il

Les deux cerbères gardent les buts chacune depuis environ quatre ans. Pour faire partie de l’équipe masculine, elles ont dû batailler pour les deux postes. Elles ne l’ont donc pas obtenu par défaut de participation faute de postulants, elles l’ont vraiment gagné.

Il n’y a pas jusqu’à présent de gardienne numéro 1 dans l’équipe. Les deux athlètes ont joué sensiblement le même nombre de parties.

«Et elles ont fait face à des équipes de haut calibre également. Ce fut de très bonnes rencontres où elles ont eu à se démarquer chacune d’elles», précise M. Levesque.

Il avoue être impressionné de la performance des deux athlètes, surtout que celles-ci sont encore très jeunes.

«Elles sont toutes les deux en 10e année. À cet âge, ce n’est pas évident – même pour un garçon – de se tailler une place sur l’équipe, ça prend énormément d’adaptation. Mais là, on a non seulement deux athlètes de ce niveau, mais il s’agit de deux filles. C’est un scénario unique et il fonctionne super bien. À vrai dire, on est vraiment chanceux de les avoir», souligne-t-il, ajoutant qu’en raison de leur âge, elles ont le potentiel de jouer encore longtemps pour l’école.

Les deux adolescentes sont les seules représentantes féminines de l’équipe masculine de hockey AA de la PRP. Fait intéressant, on retrouve en tout quatre filles (y compris Arianne et Danielle) évoluant au sein de formation de hockey masculin dans la ligue interscolaire, et toutes sont des gardiennes.

À la mi-saison, les Prédateurs sont premiers de leur division (AA). Ils connaîtront un calendrier chargé ce week-end avec trois rencontres en autant de jours.