Une ancienne des Aigles Bleues lève le voile sur la maladie mentale

«Je n’ai jamais pensé à me suicider parce que je suis proche de ma famille et je me disais que c’est quelque chose que je ne pourrais jamais leur faire. Mais il y a eu des moments où je me demandais s’il y a des gens qui s’ennuieraient de moi si je n’étais pas là.»

Kait Gallaway n’a plus peur d’avouer qu’elle souffre d’une maladie mentale.

L’ancienne joueuse des Aigles Bleues de l’Université de Moncton (entre 2011 et 2016) donne pourtant l’impression d’une jeune femme enjouée et toujours de bonne humeur.

Mais en réalité, l’ancien numéro 7 du Bleu et Or se bat avec ses démons depuis de nombreuses années.

L’athlète originaire de l’Île-du-Prince-Édouard a décidé de profiter de la journée du 31 janvier (la Journée Bell cause pour la cause) pour partager son expérience publiquement et aider ceux et celles qui vivent la même chose.

Si elle n’a jamais vraiment voulu s’enlever la vie, Kait Galloway a traversé plusieurs périodes sombres.

«Je me demandais à quoi ça servait que je sois là. Mais avec le hockey et mon groupe d’amis, ça m’a convaincu que j’avais un talent et j’avais des raisons de vivre», explique-t-elle.

«L’affaire la plus importante, c’est dire que c’est correct d’en parler, parce qu’il y a encore un stigmate autour du fait de souffrir d’une maladie mentale.»

Pour elle, la décision de lever le voile sur sa vie privée a été facile à prendre.

«Si je suis capable de partager une petite partie de mon histoire, d’autres gens vont peut-être voir ça et comprendre que c’est correct de se sentir comme ça. Ça va peut-être les libérer d’un gros poids et les inciter à aller parler à quelqu’un.»

C’est au niveau secondaire que Kait Gallaway a réalisé que tout ne tournait pas rond.

«Je n’avais vraiment pas une bonne estime de moi et j’avais de la misère avec la confiance en moi. Ça a commencé avec beaucoup d’anxiété et je ne savais pourquoi j’étais anxieuse. Tout ça a mené à une assez grave dépression», raconte-t-elle.

«À ce point-là, j’ai été voir des psychologues, mes parents m’ont aidé, ma famille et mes amis aussi. Avec de l’aide, j’ai réussi à m’en sortir. Je peux dire que je suis redevenue moi-même. Mais j’avais encore en moi certaines insécurités.»

Son arrivée à l’Université de Moncton l’a replongée dans le même calvaire.

Un nouveau milieu, le stress des études et le début de sa vie d’adulte ont tous contribué à faire ressortir sa vulnérabilité.

«Mes insécurités ont commencé à se manifester encore. J’ai vécu ça pendant mes années universitaires, mais c’était vraiment différent parce que je n’étais pas seule. J’avais une famille dans les Aigles», souligne celle qui est aujourd’hui âgée de 25 ans.

«C’est pour ça que pour moi, c’est une institution tellement importante. Ce sont eux qui m’ont aidé à m’attaquer à tous les problèmes que j’avais dans ma vie. Les filles, Denis (Ross, l’entraîneur) et l’organisation des Aigles ont toujours été là pour moi.»

Mais en 2016, Kait Galloway a disputé sa dernière saison dans le circuit universitaire.

«Sans la chose qui était la plus stable et la plus satisfaisante dans ma vie (le hockey), j’ai commencé de nouveau à me questionner et c’est là que je devais parler avec mes vrais amis et ma famille. Je devais trouver quelque chose d’autre que le hockey et c’était vraiment dur. Je cherchais à quoi pouvait servir ma vie.»

Mais encore une fois, le dynamique petit bout de femme a choisi de se confier à ses proches et elle a pu retrouver la joie de vivre qui la caractérise.

L’avenir d’ailleurs s’annonce d’ailleurs palpitant pour Kait Gallaway.

En avril, elle terminera ses études en kinésiologie à l’U de M.

Elle se dirigera ensuite les l’Université de l’Île du Prince-Édouard pour entreprendre un programme d’études d’éducation en immersion.

«Je n’ai pas assez de temps pour jouer au hockey, mais je fais mon stage en kinésiologie avec l’équipe des filles. Je fais des statistiques, des évaluations de parties, je prends des photos pour les filles et je leur fais des vidéos. J’adore ça parce que je suis encore impliquée dans ma famille des Aigles.»

Malgré tout, elle avoue encore traverser des périodes plus difficiles.

«C’est pour ça que je partage mon expérience. Quand on a des moments difficiles, il ne faut pas les garder pour soi-même. Ça va juste empirer les choses et te faire sentir encore plus seul.»