Le Noble Art fait son retour dans la Miramichi

Samedi, 30 mai, 1987. Trente-et-un ans après que Gary MacIntyre eut passé le K.-O. au Torontois Mohamed Moka dans le nouveau Centre civique construit l’année précédente, la boxe professionnelle s’apprête à faire son retour dans la Miramichi.

Le promoteur Ian MacKillop a confirmé cette semaine à l’Acadie Nouvelle qu’il avait déjà réservé l’aréna pour le samedi 5 mai avec en vedette le nouveau champion canadien des poids moyens Nathan Millier, ainsi que quelques autres pugilistes de premier plan, à commencer par Dominic Babineau, Annie Mazerolle et Chris Norrad.

Ian MacKillop entend d’ailleurs en mettre plein la vue pour ce premier gala depuis juin 1987.

Ainsi, s’il est encore trop tôt pour mettre un nom et un visage sur les adversaires des quatre principales têtes d’affiche, il est fort possible que ce gala offre aux amateurs deux combats de championnat canadien, peut-être plus.

«Je vais m’arranger pour offrir une bonne carte de boxe, affirme McKillop. En fait, ce sera le meilleur gala que j’aurai organisé jusqu’ici.»

La Miramichi qui, dans les années 1950, représentait avec Moncton la principale plaque tournante du Noble Art au Nouveau-Brunswick, pourrait ainsi voir les Acadiens Annie Mazerolle et Dominic Babineau combattre pour un titre canadien. Quant à Nathan Millier, qui préfère demeurer discret tant qu’il n’aura pas apposé sa signature sur un contrat, il devrait normalement défendre pour une première fois sa couronne canadienne remportée en décembre dernier devant le Québécois Adam Green.

Babineau, qui a grandi à Richibucto Village, à environ 70 km de Miramichi, compte déjà les dodos le séparant d’une soirée qui s’annonce particulièrement émotive pour lui.

«En grandissant, Phil (Baraly) et mon père (Éric Babineau) m’ont souvent parlé des combats de boxe qui étaient présentés dans la Miramichi dans le temps d’Yvon Durelle. C’est pas mal spécial pour moi d’avoir à mon tour la chance d’y démontrer mon talent», révèle Babineau.

«J’en suis vraiment très content et j’espère bien que ce sera pour le titre canadien. Sinon, ce sera la prochaine fois», ajoute Babineau.

De son côté, Annie Mazerolle est déjà en mode préparation en vue de ce gala qui, elle aussi, espère qu’il lui fournira l’occasion de disputer un match pour le championnat canadien. Cela dit, la boxeuse de Saint-Ignace n’en fera pas un syncope si l’enjeu du combat n’implique par une ceinture.

«Il n’y a rien de sûr, dit-elle. Mais honnêtement le plus important pour moi, en ce moment, c’est de me battre le plus souvent possible.»

Cela reste par ailleurs à confirmer, mais il se peut aussi que Robbie Cameron et Jonah Arbuckle, dont le rendez-vous avait dû être annulé moins de 48 heures avant le gala de décembre en raison d’une blessure à Arbuckle, s’affrontent.

Le territoire de Durelle

De 1948 à 1955, Yvon Durelle aura livré pas moins de 33 combats dans la Miramichi. Des duels qui sont parmi les plus importants du début de sa carrière. On a qu’à penser à Harry Poulton, à Arnold Fleiger, à Cobey McCluskey, à Bob Stetcher, à Doug Harper et surtout à Floyd Patterson.

La boxe y était tellement populaire que près de 50 cartes de boxe ont été présentées pendant cette période, que ce soit à l’aréna du Collège St. Thomas à Chatham ou encore à l’aréna Sinclair de Newcastle.

Avant le gala de juin 1987 avec Gary McIntyre, qui en passant est un neveu de Durelle, le dernier gala présenté auparavant à Newcastle remonte au 1er juillet 1955, alors que Norm Gautreau avait passé le K.O. à Clarence Malley au troisième assaut.

À Chatham, il faut remonter au 12 mai 1969 pour retracer une dernière carte de boxe. C’est un autre membre de la famille Durelle qui avait fait les frais de la finale, soit René Durelle face à l’Américain Al Duarte. Deux autres neveux d’Yvon ont également boxé ce jour-là, soit Fernand et Rosaire (Tiger Lo) Durelle.