Acadie-Chaleur: Michel Losier a retrouvé sa touche magique devant le filet

Marquer des buts ne s’enseigne pas. Comme dirait un vieux rat d’aréna, tu l’as ou tu l’as pas.

Éloigné du hockey senior depuis la saison 2011-2012, Michel Losier a décidé de reprendre le collier en novembre dernier avec les Alpines de Tracadie.

Un retour plutôt discret où on l’a vu récolter trois buts et trois passes en huit rencontres régulières. Des chiffres qui auraient pu laisser croire que les belles années de cet attaquant de talent étaient maintenant derrière lui. C’était bien mal le connaître.

L’ailier gauche de 6 pieds et 215 livres vient de connaître une demi-finale exceptionnelle contre les Ice Dogs de Néguac. Si les Alpines ont pu éliminer leurs rivaux d’Annikeooek (Néguac en langue micmaque), il est clair que Losier y a joué un rôle de premier plan. En quatre duels, il a inscrit sept buts et quatre passes pour 11 points.

Il affirme modestement être le premier surpris d’un tel succès en offensive.

«Les Alpines m’ont placé dans une position pour m’aider à produire en me procurant deux excellents compagnons de trio en Daniel Basque et Jesse Mallais, affirme-t-il. Offensivement, ça n’allait pas si mal en saison, mais mon jeu en général n’était visiblement pas à point. Ça m’a pris un certain temps pour retrouver mes automatismes. Mais là, depuis le début des séries, ça va mieux. Les jambes sont revenues et je parviens à faire les bons jeux aux bons moments.»

«C’est bien beau de jouer au hockey dans une ligue de garage une ou deux fois par semaine, mais ce n’est pas la même chose. Tu finis par prendre des mauvais plis», ajoute-t-il.

C’est l’envie de retrouver la camaraderie que l’on retrouve dans un vestiaire de hockey qui l’a poussé à revenir au jeu.

«Je m’ennuyais de ça. Je m’ennuyais de l’esprit d’équipe dans un vestiaire. Quelque part, une équipe de hockey c’est comme une deuxième famille. Et ça, ça me manquait. En tout cas, j’ai eu raison de revenir», dit-il.

Pour revenir au balayage contre les Ice Dogs, Michel Losier a tenu à préciser que ces quatre victoires consécutives par des pointages décisifs n’ont pas été l’affaire d’un seul trio. Tous les gars ont contribué d’une façon ou d’une autre.

«Notre défensive, entre autres, a été incroyable. Non seulement nos arrières ont fait une bonne relance, mais ils ont aussi réussi à contenir l’attaque des Ice Dogs. Il y avait quand même plusieurs bons joueurs de l’autre côté. Le travail de nos défenseurs contre Néguac a fait une énorme différence», indique Losier.

«Et le retour de Kevin Landry en fin de saison se veut une très grosse acquisition pour nous», précise-t-il.

Losier dit s’attendre à une série finale enlevante contre les Marchands de Shippagan. Ça débute d’ailleurs mercredi soir, à 20h, au Complexe S.-A.-Dionne.

«Il faudra jouer encore plus serré dans notre zone contre Shippagan, croit-il. Il faudra travailler en unité de 5. Ça veut dire que les avants devront s’assurer d’aller prêter main-forte aux défenseurs. C’est évident que ça ne sera pas une série facile. Les Marchands ont deux gros trios et un jeune gardien (Guillaume Chiasson) qui est hot. Et puis, il faudra avoir à l’oeil leurs gros canons, en particulier Samuel Paquet et René-Guy Haché. Celui-là, il est toujours jours dangereux. C’est leur Martin McGraw. Il a un instinct offensif hors de l’ordinaire. Pour ce qui est de Samuel, c’est un pur marqueur. Tu n’as pas le choix de le surveiller.»

Est-ce qu’il sera en mesure de contribuer autant à l’attaque face aux Marchands?

«Ça va dépendre si la chance est avec moi. Mais honnêtement, quand bien même que je ne compterais aucun but dans la finale, si je peux aider mon équipe à gagner la Coupe je serai content», assure le numéro 91 des Alpines.

Sur une note moins heureuse, notons que la saison du capitaine Martin McGraw est vraisemblablement terminée. McGraw s’est blessé à un genou pendant le troisième match contre les Ice Dogs et tout indique qu’il ne sera pas en mesure de reprendre l’action avant au moins quelques semaines. La finale sera déjà complétée bien avant.

Pierre-Paul Roussel travaille fort pour aller chercher ses buts

Guillaume Chiasson, Samuel Paquet et René-Guy Haché sont les premiers noms qui nous viennent à l’esprit quand on s’interroge sur les raisons de la présence des Marchands de Shippagan en finale. Pourtant, si vous demandez à n’importe lequel joueur dans l’équipe il n’hésitera pas une seconde à vous répondre que la contribution de Pierre-Paul Roussel a également été colossale.

Ce n’est d’ailleurs pas pour rien si le vétéran domine tous les marqueurs du circuit avec 10 buts depuis le début des séries. Roussel n’hésite jamais à aller s’installer dans l’enclave pour profiter d’un rebond ou encore d’une déviation. Pour lui, tout est bon pour aider l’équipe.

«J’ai travaillé fort pour aller chercher ces 10 buts, indique-t-il. J’en ai mangé des coups pour y arriver. J’ai accepté de payer le prix et je suis encore prêt à le faire en finale.»

Comme tous ses coéquipiers, Roussel se dit sûr de voir les Marchands soulever la coupe au terme de la finale.

«C’est notre éthique de travail qui va faire en sorte qu’on va sortir de cette finale en tant que champions, dit-il. Le leadership est actuellement au top dans l’équipe. Tout le monde travaille fort. Et notre jeune gardien, Guillaume Chiasson, est une véritable machine. Il est incroyable. Il n’a que 18 ans. Je n’ai jamais vu un gardien aussi jeune jouer comme ça dans le hockey senior.»

Roussel a aussi tenu à vanter un autre jeune de l’équipe, Justin Haché (ne pas confondre avec le Justin Haché de Petit-Rocher qui évolue actuellement chez les professionnels en Allemagne).

«C’est un petit joueur qui m’impressionne vraiment. C’est un petit fatiguant qui n’arrête jamais de travailler. Il apporte beaucoup d’énergie par sa façon de jouer. Il montre l’exemple», révèle Roussel au sujet du jeune Haché qui n’est âgé que de 21 ans.

Roussel dit s’attendre à une finale excessivement serrée contre les Alpines.

«Ça va être du hockey physique avec peu de buts et ça va jouer serré. Les Alpines ont plusieurs gars qui ont joué du gros hockey et qui savent comment gagner. Je pense à des joueurs comme Daniel Basque et Michel Losier, entre autres», mentionne-t-il.

«Nos partisans vont avoir droit à du beau hockey. Ils nous suivent partout. Même que dans la série contre Caraquet, il y avait plus de partisans des Marchands que des Acadiens au Colisée Léopold-Foulem», souligne-t-il.

Notons que les Marchands seront privés de Samuel Paquet et Charles Bergeron pour le début de la finale. Paquet est présentement retenu dans l’Ouest canadien pour son travail, alors que Bergeron n’est toujours pas en mesure de reprendre l’action en raison d’une blessure.

Le deuxième match de la finale aura lieu vendredi à 20h au Centre Rhéal-Cormier.