Khovanov fait écarquiller les yeux avec les Wildcats

Alexander Khovanov affiche un grand sourire chaque fois qu’il se présente au Colisée de Moncton depuis quelque temps. Et croyez moi, pour un joueur russe, c’est aussi rare que de trouver une soutane de pape à vendre sur eBay!

Le numéro 31 des Wildcats de Moncton connaît présentement ses meilleurs moments depuis son arrivée en Amérique, l’été dernier.

Après avoir vaincu la maladie (l’hépatite A), il a passé de longs mois à retrouver graduellement sa forme des beaux jours.

Il n’était pas sur la liste des joueurs disponibles en vue du prochain repêchage de la LNH à la mi-saison, mais les recruteurs se font de plus en plus nombreux partout où il passe depuis quelques semaines.

Au cours des cinq dernières rencontres, le patineur âgé de 17 ans présente une fiche de 3-5=8.

«Mon jeu a pas mal changé depuis que je suis arrivé ici. J’ai beaucoup travaillé pour m’améliorer et je commence à voir les résultats», raconte le joueur originaire de Moscou.

«Je ne pense pas vraiment à marquer des buts ou récolter des points présentement. Je  pense seulement aider l’équipe à gagner chaque soir.»

L’athlète de 5 pieds 11 pouces et de 180 livres affirme qu’il n’est pas du tout obsédé par le prochain repêchage de la LNH, même s’il a chuté dramatiquement au classement des meilleurs espoirs depuis l’été dernier.

«J’aurais bien sûr aimé être plus haut dans le classement, mais c’est juste une belle motivation pour moi.»

Jusqu’à maintenant cette saison, Khovanov présente un dossier de 7-16=23 en 24 rencontres.

L’entraîneur-chef des Wildcats, Darren Rumble, s’emballe dès qu’on mentionne le nom de son joueur de centre.

«Il semble s’améliorer chaque jour. C’est un passeur de premier ordre et son sens du jeu est incroyable. J’oserais affirmer qu’il est l’un des meilleurs passeurs que je n’ai jamais vus», affirme-t-il.

Venant d’un gars qui a remporté la Coupe Stanley (en 2004) avec une équipe qui comprenait Dave Andreychuk, Martin St-Louis, Brad Richards et Vincent Lecavalier, le compliment est de taille.

«Il possède ce talent d’attirer des joueurs à lui en sachant qu’il va passer la rondelle derrière eux à un coéquipier. C’est un pur fabricant de jeu et tu peux l’écrire en majuscules dans ton texte.»

Rumble dit découvrir un gars attachant, mais surtout très mauvais perdant!

«Il possède aussi un esprit de compétition qu’on ne lui connaissait pas quand il est arrivé. C’est un gars timide, mais il déteste perdre. Il veut toujours la rondelle quand il est sur la glace. Il veut être le gars qui veut la différence dans un match.»

Selon lui, le Russe pourrait devenir le héros obscur du prochain repêchage.

«Il est peut-être très bon maintenant, mais j’ai hâte de voir quel niveau il va atteindre après une saison estivale d’entraînement. Je pense que vous allez voir le vrai Alexander Khovanov en septembre», affirme-t-il.

«Il était bien classé avant sa maladie, mais il est disparu de la carte par la suite. Mais faites-moi confiance, il est de retour sur le radar de tout le monde. Plusieurs recruteurs viennent me parler de lui chaque jour. C’est maintenant juste une question de savoir s’il va partir en première ou en deuxième ronde.»

Alexander Khovanov fait le bonheur de son entraîneur, de ses coéquipiers et des partisans des Wildcats de Moncton. – Gracieuseté: Daniel St-Louis

«Le talent lui sort par les oreilles»

Le jeu d’Alexander Khovanov ne fait pas que le bonheur de son entraîneur et des partisans des Wildcats de Moncton.

Ses compagnons de jeu apprécient aussi beaucoup ses habiletés et sa finesse.

«Le talent lui sort par les oreilles», clame Anderson MacDonald.

«Il possède tous les outils pour réussir. Il a été malade pendant un bout de temps, mais ça ne parait pas du tout quand on le voit aller sur la patinoire», ajoute le patineur originaire de Saint-Jean.

«Il a eu tout un impact sur l’équipe dès arrivée. Dans le vestiaire, il s’entend bien avec tout le monde et son anglais s’améliore constamment», mentionne également le numéro 91 des Wildcats.

MacDonald s’amuse comme un  petit fou avec le Russe depuis quelques semaines.

«Il est tellement intelligent sur la glace. On dirait qu’il sait toujours on on se trouve sur la patinoire. C’est tout un fabricant de jeu, mais il peut également prendre des bons lancers au but.»

Selon lui, la communication n’est pas un problème.

«On se parle dans le vestiaire avant les parties et nous utilisons des mots-clés sur la glace pour nous comprendre.»

La recrue Jakob Pelletier en est un autre qui ne  tarit pas les éloges à l’endroit du numéro 31.

«Sa principale qualité, c’est qu’il bouge bien la rondelle. Ce n’est pas le genre de joueur qui va garder la rondelle très longtemps. Il s’est beaucoup amélioré depuis son arrivée (au début janvier)», constate le numéro 11.

«Tout le monde a ressenti immédiatement son impact sur le reste de l’équipe», ajoute-t-il.

Le joueur québécois aurait pu mentionner que son coéquipier a un peu le même style de jeu que lui.

«C’est vrai, sauf qu’il a des meilleures mains et un meilleur tir que moi!», lance-t-il en riant.

Les progrès des Wildcats

Les Wildcats de Moncton affichent le deuxième plus beau retournement de la LHJMQ par rapport à la saison 2017-2018 (+27), sur un pied d’égalité avec les Mooseheads de Halifax.

L’Océanic de Rimouski occupe le premier rang avec 28 points de plus qu’à pareille date l’an passé.

Les Voltigeurs de Drummondville (+21) et le Phoenix de Sherbrooke (+15) suivent dans l’ordre.

Le Titan d’Acadie-Bathurst affiche trois points de plus à son dossier, alors que les Sea Dogs de Saint-Jean ferment la marche avec pas moins de 64 points de moins au classement par rapport à la dernière saison.