Simon Richard: goalballeur l’été, hockeyeur l’hiver

L’été ce sera le goalball, l’hiver le hockey. Déjà membre de l’équipe nationale de goalball, un sport qui lui a d’ailleurs permis de prendre part aux Jeux paralympiques de Rio de Janeiro en 2016, Simon Richard vient de se tailler une place au sein de la formation canadienne de hockey pour aveugles. À long terme, si cette discipline sportive peut poursuivre son ascension, l’athlète de Dieppe souhaite alterner les Paralympiques d’été et d’hiver.

Richard a appris la bonne nouvelle en début de semaine au terme d’un tournoi présenté au Maple Leafs Garden de Toronto, l’ancien domicile des Feuilles d’Érable de la Ville Reine.

C’est la première fois que le hockey pour aveugles se dote d’une équipe nationale.

«Ce sport est en plein développement et nous aurons en octobre une première série contre les États-Unis», affirme Simon Richard.

«D’ici deux ou trois ans, on parle d’organiser une Coupe des nations qui regrouperait quatre pays, puis à plus long terme présenter un championnat mondial. Ultimement, notre sport aimerait faire partie des Jeux paralympiques», souligne-t-il.

D’aussi loin qu’il se souvienne, Simon Richard a toujours rêvé d’être un joueur de hockey. C’est le sport qu’il préfère.

«C’est évident que je veux faire partie de cette nouvelle aventure. Les gens seraient surpris de voir la vitesse et le niveau de jeu», dit-il.

«Nous avons d’ailleurs quelques gars qui ont joué jusqu’au niveau junior avant de perdre la vision. Je pense à des gars comme Jason Yuha, de l’Alberta, et Kelly Serbu, de la Nouvelle-Écosse», confie-t-il.

Après vérification, Yuha et Serbu ont bel et bien joué du hockey de haut niveau.

Yuka, aujourd’hui âgé de 26 ans, a évolué pendant deux saisons dans la Ligue junior B du nord-est de l’Alberta avec les Wheat Kings de Killam, où il a compilé 71 points, dont 36 buts, en 54 rencontres.

Serbu, un avocat de renom à Halifax, s’est illustré au début des années 1990 au niveau junior A. De plus, il y a quelques années, il évoluait encore dans la Ligue de hockey gentilhomme de Halifax avec les Shamrocks Moose Light en compagnie de joueurs de la trempe de Jason Troini, Todd Sparks et… Jules-Edy Laraque.

À quoi ressemble le hockey pour aveugles? Disons que c’est passablement similaire avec le hockey traditionnel.

Parmi les différences, outre le fait que les joueurs doivent porter une visière complète, il y a d’abord la rondelle qui est un peu plus grosse et à laquelle on a ajouté à l’intérieur des grelots pour le son. Le filet, quant à lui, s’il est de la même largeur, est un pied plus bas. Enfin, le lancer frappé et les mises en échec sont interdites. Ah oui, les échappées sont aussi prohibées. Lorsqu’un club se retrouve en possession de la rondelle, le porteur du disque doit absolument effectuer une passe avant qu’un tir au but ne soit effectué.

Par ailleurs, c’est sans surprise qu’on apprend que Simon Richard évolue à la position de centre, lui dont les joueurs favoris sont Sidney Crosby, Connor McDavid et Jonathan Toews.

«J’aime les deux premiers parce qu’ils sont des joueurs explosifs, alors que j’admire le leadership de Jonathan Toews», mentionne Richard qui entamera en septembre une maîtrise en kinésiologie à l’Université de Montréal.