Mathieu McCaie réussit son pari au Marathon des Sables

Mathieu McCaie a réussi son pari. Le courtier hypothécaire originaire de Rogersville est devenu samedi le deuxième Acadien à compléter le Marathon des Sables.

Et comme ça avait été le cas pour Carole Fournier en 2015, Mathieu McCaie a dû pousser son corps à la limite pour franchir les 250 km de l’implacable désert du Maroc.

L’homme âgé de 34 ans aura mis 41 heures, 39 minutes et 20 secondes pour y arriver, soit près de 27 heures plus rapide que l’Acadienne d’Edmundston (68h04m54s).

«J’aurais aimé terminer avec un meilleur classement, mais mon objectif numéro un était de simplement terminer la course. Il y avait ici des coureurs de très haut calibre. De vraies machines. Juste de faire partie de ça, c’était tout un privilège», raconte-t-il.

Le Marocain Rachid El Morabity a triomphé en 19h35m49s devant son frère Mohamed (20h01m28s). Le Français Robert Merille a pris la troisième place en 20h41m00s. Chez les femmes, la victoire est allée à l’Américaine Magdalena Boulet en 25h11m19s.

Bien sûr, quand on est confronté pendant une semaine avec les extrêmes comme Mathieu McCaie l’a été, tant sur le plan physique que émotif, on en revient forcément changé.

Il a entre autres expérimenté la souffrance physique. Même que ses pieds, durement touchés, étaient déjà en lambeaux dès la deuxième journée.

«Ç’a été extrêmement dur. J’avais des ampoules partout et mes pied étaient gonflés. Sur le pied gauche, il manquait une bonne partie de la peau sur les orteils et sur le talon. Ce n’était pas beau à voir et je savais qu’il me restait encore 200 km à franchir. J’étais découragé. Vraiment, la deuxième journée n’a pas été bonne pour moi. Une journée noire», confie-t-il.

Cela dit, pas une seule seconde il n’a songé à abandonner. Ça n’a même jamais été une option.

«Je l’aurais complété à genoux s’il avait fallu. Et les médecins qui m’ont soigné ont été incroyables», assure-t-il.

Et de son propre aveu, l’orgueuil a aussi son importance une fois que tu es dans le désert.

«J’ai des présentations à faire dans des écoles pour le club des petits déjeuners et mon frère m’a déjà planifié une fête en mai. Et c’est sans compter les nombreuses personnes qui me suivaient. Il y avait même des gens que je ne connaissais pas du tout qui m’ont envoyé des messages. Alors, c’était évident pour moi que jamais je n’allais abandonner», affirme-t-il.

Au matin du troisième jour, il a donc repris sa course malgré la douleur à ses pieds.

«Le désert est une incroyable beauté, mais il est aussi capable d’une grande cruauté. Pendant la course, pour m’encourager, je me répétais souvent:  »Si tu croises l’enfer, continue »», lance-t-il en riant.

«Et quand c’était vraiment difficile, alors là je pensais aux membres de ma famille qui ont vécu ou qui vivent le cancer. Aussi difficile que la course a été, ça ne sera jamais aussi dur que ce dont ces gens-là passent au travers.»

Dans une telle course, on commet immanquablement des erreurs. Particulièrement au niveau de la préparation. Ainsi, si c’était à recommencer, Mathieu McCaie accorderait une plus grande attention au contenu de son sac à dos.

«Avec tout ce qu’il y avait dedans, mon sac pesait un peu plus de 25 livres. J’aurai pu facilement retrancher de quatre à cinq livres. Par exemple, j’avais un chargeur en trop. Et au niveau de la nourriture, j’en avais beaucoup trop apporté. Plus c’est lourd, plus c’est dur sur les épaules», indique-t-il.

«J’ai aussi découvert que le Marathon des Sables n’est pas seulement une course de distance. C’est bien plus que ça. Tu passes aussi au travers de la fatigue. Tu ne dors pas bien. Tu dors à huit dans une tente et nous avons eu froid de façon incroyable. J’ai même été obligé de placer d’autres truc dans mon sac de couchage pour me réchauffer. Dans le désert, tu vis un paquet de précédents. Nous avons même eu droit à une tempête de vent qui a duré plus de deux heures. Tu es vraiment en autosuffisance et tu dois donc tout endurer, que ce soit le manque de sommeil, les ampoules au pied, un coup de chaleur, la diarrhée, l’épuisement, un mal de cœur, une cheville foulée, n’importe quoi.»

En lien avec sa participation au Marathon des Sables, Mathieu McCaie a organisé une collecte de fonds afin d’amasser 10 000 $ au profit du Club des petits déjeuners. Il a finalement récolté 13 700$.