Colisée: une place de choix dans le coeur d’Allan Power

Le destin d’Allan Power et celui du Colisée de Moncton sont liés à jamais. Comme joueur, il avait participé au tout premier match de l’histoire de l’amphithéâtre, en 1973. Il était également présent quand les Wildcats ont vaincu l’Armada de Blainville-Boisbriand, mercredi dernier, cette fois à titre de recruteur pour le compte des Blackhawks de Chicago.

Le Colisée ne sera bientôt plus qu’un souvenir, mais l’édifice aura toujours une place de choix dans le coeur de l’homme de hockey acadien.

«Au point de vue des émotions, le Colisée de Moncton rappelle le vieux Colisée de Québec pour beaucoup de gens. On n’avait pas de Guy Lafleur, mais on avait nos propres vedettes et ça voulait dire beaucoup pour la communauté acadienne. On ne pourra jamais remplacer l’ambiance qu’on trouvait ici», raconte-t-il.

Allan Power. – Acadie Nouvelle: Stéphane Paquette

«Ça va prendre du temps à établir l’identité du nouvel aréna et ce qu’il va représenter pour les amateurs de hockey.»

Allan Power se souvient très bien de la première rencontre jamais disputée sur la glace du Colisée, face aux Tigres de Campbellton.

Il s’alignait avec les Bears de Moncton, une équipe de niveau senior qui comprenait également des athlètes comme Ronnie LeBlanc, Phil Doiron et Oscar Gaudet.

«C’était dans les séries et la cabane était pleine. Si ma mémoire est bonne, on avait gagné 4 à 2. Dans ce temps-là, Campbellton avait une grosse équipe. Ils étaient supposés tout gagner, mais on les a battus», souligne-t-il, avec un brin de fierté dans la voix.

En 1975, c’est avec les Aigles Bleus de l’Université de Moncton qu’Allan Power vit un autre chapitre de sa carrière.

Quelques années plus tard, Power reviendra au Colisée, cette fois comme entraîneur.

À l’époque, Jean Perron s’était absenté pour une saison afin de rejoindre l’équipe olympique canadienne de Dave King.

Denis Gingras l’avait remplacé derrière le banc en 1983 et ce dernier avait demandé à son bon ami de le seconder.

Le duo allait mener les Flyers de Moncton à une participation au tournoi de la Coupe Air Canada (le championnat canadien de hockey midget AAA) en 1986.

Cette formation alignait des joueurs comme Scott Pellerin, Jacques Pinet, Alain Roy et Andrew McKim.

En 1988, Allan Power amorce sa carrière de recruteur dans la LHJMQ.

Il deviendra recruteur avec les Mooseheads de Halifax, puis directeur général des Wildcats de Moncton, de 2002 à 2005.

L’homme de hockey passera les 10 années sivantes avec l’organisation des Maple Leafs de Toronto.

Depuis trois ans, c’est pour le compte des Blackhawks de Chicago qu’il arpentait les couloirs du Colisée.

«Quand le Colisée a ouvert, ça a créé une autre dynamique à Moncton. Il avait remplacé le vieux Stadium qui était tombé en (décembre) 1970», raconte Allan Power.

«Tous les meilleurs joueurs des Maritimes, les Doiron, Gaudet, LeBlanc, ce sont eux qui ont lancé le Colisée. Ils ont repris le flambeau.»

Power se souvient des autres grandes vedettes de l’époque.

«Je pense à Red Ouellette et Bob DeGrace à Bathurst, Danny Grant à Fredericton.  C’était une génération de vedettes que tous les jeunes regardaient, qu’on admirait.»

Son plus beau souvenir du Colisée restera la conquête de la Coupe Hardy (senior), en 1975, avec les Bears de Moncton.

«C’était une victoire très émotive, avec Ronnie, Oscar et Phil. L’aréna était plein. Je m’en souviendrai toute ma vie.»

Un pincement au coeur chez les Wildcats

Les Wildcats de Moncton ont été les principaux locataires du Colisée de Moncton au cours des 22 dernières saisons.

Le propriétaire de l’équipe, Robert K. Irving, dit avoir eu un petit pincement au coeur quand il a quitté l’amphithéâtre de la Promenade Killiam pour la dernière fois.

«Cet édifice a beaucoup d’histoire. Nous avons vécu beaucoup d’émotions et de moments forts. Notre organisation a beaucoup grandi ici au fil des ans», souligne-t-il.

«On a vu d’innombrables amitiés se développer dans cet édifice, et ce, à tous les niveaux. C’est devenu un deuxième domicile pour les gens de la communauté du Grand Moncton. De notre côté, nous avons justement essayé d’intégrer notre équipe à la communauté.»

Malgré la nostalgie, le grand patron des Wildcats se dit prêt à tourner la page.

«C’est certain qu’il va nous manquer. Nous avons de très nombreux beaux souvenirs ici, de ce que nous avons accompli comme organisation. Ce sont des souvenirs que nous n’oublierons jamais.»