Blizzard: un peu des Commandos dans cette belle histoire

«Mardi soir, en regardant la partie, j’ai mis ma bague de 2015 pour la première fois et je dois avouer que ça me faisait un petit quelque chose.»

Jean-François Damphousse admet avoir eu un petit pincement au coeur quand il a vu les joueurs du Blizzard d’Edmundston soulever la coupe à la suite de leur victoire de 5 à 2 contre les Mariners de Yarmouth.

Ce n’était pas de la tristesse ou de la jalousie, mais de la fierté et de la satisfaction.

Quelque part, l’ancien propriétaire des Commandos de Dieppe a le sentiment d’avoir eu son mot à dire dans la belle histoire de cette première saison du Blizzard.

Et il a parfaitement raison.

«J’ai pensé aux bénévoles des Commandos qui ont été là pour nous pendant ces neuf années. Des gens comme Norbert Thibodeau, Nicholas LeBlanc et tous les autres. Tous ces gens qui se donnaient corps et âme à l’équipe et qui n’ont jamais rien demandé en retour», raconte-t-il.

«J’avais un petit pincement au coeur pour eux, parce que je suis certain que ça leur manque beaucoup», ajoute le directeur des opérations hockey des Aigles Bleus de l’Université de Moncton.

«Je suis fier d’avoir favorisé une bonne transition pour nos joueurs, de leur avoir permis de poursuivre leur aventure dans un environnement d’excellence. Pour moi, c’était important. Le marché et la communauté d’Edmundston ont permis de faire cette belle transition-là.»

Il avoue avoir vécu toutes sortes d’émotions depuis mardi soir.

«C’est un sentiment étrange. Je demeure convaincu que s’il y avait une équipe junior A dans le Grand Moncton, c’est un endroit qui pourrait avoir beaucoup de succès au plan hockey. Nous avons beaucoup à offrir du côté académique, autant en anglais qu’en français. C’est un milieu idéal pour les jeunes», souligne-t-il.

«Mais le côté affaires ne le permet tout simplement pas. Je n’ai aucun remords parce que je l’ai vécu jusqu’au bout. J’ai tout essayé et je n’ai aucun regret.»

Selon lui, la direction du Blizzard a fait les choses de la bonne façon dès le début.

«Quand tu établis une franchise dans une nouvelle communauté, tu espères avoir du succès sur la glace. Tu veux utiliser ce momentum pour créer un enthousiasme dans la communauté. Dans le cas du Blizzard, je pense qu’ils l’ont eu instantanément. Il y a eu un appui inconditionnel dès la première journée et ils ont réussi à combiner le côté hockey et le côté affaires de façon extraordinaire», mentionne Damphousse.

«Ils ont été excellents au niveau des communications, que ce soit dans les médias sociaux ou autre. Je pense qu’ils ont plus de 5000 partisans qui les suivent sur Facebook et ils ont aussi un impact sur Twitter», ajoute l’ancien gardien des Devils du New Jersey.

«Je pense aussi qu’ils ont investi dans la marque du Blizzard. Quand on regarde dans l’aréna, pratiquement tout le monde porte un chandail de l’équipe, des casquettes, c’est de toute beauté.»

Sur la glace, le produit offert est également de première classe, ajoute-t-il.

«Au plan hockey, ils ont un peu poursuivi avec le modèle des Commandos, non seulement en allant chercher des bons joueurs de hockey, mais en allant chercher des bons êtres humains aussi.»

Le reste du boulot fut l’affaire de l’entraîneur-chef, Ryan Salvis.

«Les échos que j’ai à l’intérieur de l’organisation, c’est que c’est un groupe de joueurs très uni, qui sont prêts à aller à la guerre ensemble. Et ça paraît dans les résultats», indique Jean-François Damphousse.

«Je me souviens encore de la journée où il a pris sa retraite du hockey comme joueur et qu’il cherchait la possibilité de devenir entraîneur. Je lui avais fait comprendre que pour amorcer une carrière derrière le banc, il y a des sacrifices à faire, des étapes à franchir avant de  pouvoir un emploi à temps plein».

Le message a été parfaitement reçu.

«Il a accepté ça à 100 milles à l’heure. Il voulait le défi et il voulait vivre l’expérience. À Edmundston, je te dirais qu’il a fait un travail exceptionnel à unir ce groupe-là, de convaincre les joueurs de se présenter dans une communauté que plusieurs joueurs ne connaissaient pas.»