Le Titan s’est battu lui-même, selon Mario Pouliot

«L’Armada ne nous a pas battu hier soir (mercredi), c’est nous qui nous sommes battus nous-mêmes.»

Ces paroles appartiennent à Mario Pouliot et condense plutôt bien le fond de la pensée de l’entraîneur-chef du Titan.

Est-ce qu’il est très déçu de la défaite de 5 à 1 mercredi face à Blainville-Boisbriand? Ça va de soi. C’est très différent de se coucher le soir avec une avance de 3-1 ou une égalité de 2-2 en finale pour la Coupe du Président.

Vous pouvez d’ailleurs être certain que la nuit de sommeil de Mario Pouliot a dû être courte. Il s’est probablement tapé, puis retapé (et retapé encore) certaines séquences de jeu afin de bien préparer sa rencontre prévue avec ses joueurs en après-midi, avant que l’équipe n’embarque dans l’avion nolisé devant les mener à Blainville.

Jeudi matin, Pouliot était toutefois d’avis que son club n’avait finalement pas disputé une si mauvaise partie que ça dans l’ensemble.

«C’est clair à mes yeux que ce n’était pas un match de 5 à 1. Ç’a été beaucoup plus serré que ne l’indique le pointage», soutient-il.

Deux éléments ont toutefois grandement aidé la cause de l’Armada selon lui.

Il y a d’abord les prises de décision avec la rondelle de ses joueurs qui, il faut bien l’admettre, ont souvent laissé à désirer. Et, aussi, la mauvaise gestion de l’espace disponible sur la patinoire. Certes, l’Armada a joué beaucoup mieux que la veille au niveau de la couverture homme pour homme, mais Pouliot croit tout de même qu’il y avait moyen de composer avec l’espace qu’il restait.

«Parce que sinon, nous n’avons pas donné beaucoup de chances de marquer, notre avantage numérique a encore bien fait et nous continuons d’avoir du succès en infériorité numérique. On parle quand même d’un club (l’Armada) qui avait un taux de réussite supérieur à 30% en avantage numérique avant la finale», insiste-t-il.

«De plus, nous avons assez bien réussi à contenir leurs gros canons (Alex Barré-Boulet et Alexandre Alain), à part peut-être Drake Batherson. Vraiment, il y a plein de choses que nous avons bien fait dans ce matin», révèle le pilote du Titan.

«En fait, si nous avions réussi à marquer le premier but en première période, ça aurait pu donner un tout autre match», indique-t-il.

Pouliot a bon espoir de voir son club retrouver le chemin de la victoire. Pourquoi ne le serait-il pas? Après tout, le Titan n’a pas perdu deux matchs consécutifs depuis fin décembre.

«Les gars ont toujours su rebondir après un moins bon match. Nous allons faire des ajustements et nous allons augmenter la cadence. Je ne suis pas inquiet. Écoute, c’est 2-2 dans la série. Ce n’est pas 1-3 pour l’Armada», ajoute l’entraîneur.

Mario Pouliot a tenu à prendre la défense de ses deux piliers en défensive Olivier Galipeau et Noah Dobson.

«Je sais que des journalistes ont souligné le moins-5 d’Olivier et le moins-4 de Noah après le dernier match. C’est vrai qu’ils n’ont pas joué leur meilleure partie, mais il faut quand même tenir compte qu’ils ont surtout été victimes des circonstances», mentionne Pouliot.

«Sur les deux premiers buts, ils ne sont nullement en cause. Sur le quatrième, l’Armada aurait dû avoir une punition. Et pour ce qui est du dernier but, il a été réussi dans un filet désert. Il n’y a que le troisième où ils étaient vraiment en cause», confie-t-il.

Et encore là, sur le troisième but de l’Armada, Pouliot oublie (ou préfère oublier) que Dobson venait de subir un cinglage qui lui avait perdre son bâton. Une infraction qui a malheureusement échappé aux deux arbitres.

Par ailleurs, ne soyez pas surpris de voir Pouliot brasser un peu la soupe au niveau de la composition de ses trios. Bien sûr, ne comptez pas sur lui pour nous en parler, mais il est clair que le groupe d’entraîneurs doit s’interroger si le temps n’est pas venu d’apporter des petits changements.

Deux gars en particulier pourraient bien changer de partenaires. Mitchell Balmas, pour un, ne semble pas avoir retrouvé son synchronisme depuis son retour au jeu. L’autre joueur qui pourrait écoper est Jordan Maher.

Bref, ne soyez pas surpris si des joueurs comme Liam Murphy et Justin Ducharme ont droit à une promotion. Ducharme, surtout, mérite nettement plus de temps de jeu qu’il a présentement.

Revenir au style du Titan

Pour Samuel Asselin, il est clair que le Titan peut jouer beaucoup mieux qu’il ne l’a fait mercredi soir.

Asselin, qui dirige la deuxième unité offensive composée de Jeffrey Viel et Jordan Maher, est d’avis que le Titan a surtout oublié de jouer selon le style qui lui a permis de connaître autant de succès jusqu’ici dans les séries éliminatoires.

Cette recette, ou plutôt sa marque de commerce, se résume à mettre de la circulation lourde devant le filet, à obtenir des lancers de qualité d’un peu partout et à garder la pédale dans le tapis au niveau de l’intensité.

«Nous n’avons pas joué du tout selon l’identité de notre équipe, affirme le numéro 28. Au hockey, n’importe laquelle formation qui travaille plus fort que son opposant a plus de chance de gagner. C’est exactement ce que l’Armada a fait mercredi soir.»

«Il faut maintenant nous rendre là-bas avec l’intention de jouer selon notre identité. Et si nous faisons ça, les bonnes choses vont suivre», assure Asselin.

Changements au format des séries?

Le comité exécutif de la LHJMQ s’est réuni jeudi afin de discuter du format actuel des séries éliminatoires qui pourrait subir des changements majeurs.

Grosso modo, les dirigeants de la ligue aimeraient réduire le kilométrage en autobus des équipes.

Le plan de match serait de séparer les 18 clubs en deux associations. Ainsi, les Cataractes de Shawinigan et les Tigres de Victoriaville se retrouveraient dans une même associations avec les six formations de l’actuelle section Ouest. L’autre regrouperait les 10 autres équipes.

La ligue aimerait que les deux premières rondes éliminatoires soient disputées à l’intérieur des associations. Le tout sera passé au vote lors de la semaine du repêchage à Shawinigan.