Marathon de Fredericton: une victoire significative pour Jean-Marc Doiron

Ça faisait près d’un an qu’il l’avait sur le coeur. Cette mauvaise performance lors du marathon de Fredericton de 2017, Jean-Marc Doiron s’est assuré de ne pas la répéter. L’athlète de Collette n’a laissé aucun doute sur ses intentions dès le départ et c’est avec brio qu’il a remporté l’épreuve présentée dimanche dans la Capitale provinciale.

Le coureur âgé de 30 ans a non seulement franchi le fil d’arrivée avec un nouveau record personnel, mais son chrono de 2h33m45s lui permet en plus d’éclipser le record du  parcours (2h34m46s), établi en 2009 par Chris Brake.

Doiron a devancé James MacLellan (Oromocto) au fil d’arrivée par 30 secondes (ainsi que 282 autres coureurs) dans ce qui a été une course très émotive pour lui.

«Ça fait un an que je pense à cette course-là. Chaque jour que j’essayais de me coucher tôt, de bien manger ou de faire du yoga. Chaque bonne décision que je prenais était en fonction de bien faire au marathon de Fredericton», raconte celui qui est journaliste à l’Acadie Nouvelle dans la vie de tous les jours.

«L’an dernier, c’est la première course pour laquelle je faisais vraiment un gros bloc d’entraînement pour me préparer. Et ça s’est extrêmement mal passé. J’étais en première place, mais j’ai explosé durant le dernier 8km. C’était juste un feeling dévastateur quand je me suis fait dépasser par Ryan O’Shea», explique-t-il.

«C’est dans ce moment exact que j’ai décidé que j’allais me dévouer pour m’assurer que je gagne le marathon de Fredericton en 2018. C’est ce sentiment de rédemption qui m’a alimenté pendant toute l’année. C’est pour ça que cette course était aussi importante pour moi.»

Sauf que la compétition allait être féroce et Jean-Marc Doiron le savait.

Il était persuadé que cette épreuve allait être une lutte à finir entre lui et James MacLellan.

Il avait raison.

«C’est un gars qui est dans l’armée et je savais que la force mentale, ce n’est pas ce qui lui manque. Et on est absolument égaux en terme de talent ou d’habiletés. On s’était échangé des messages et on savait qu’on allait courir ensemble toute la course et que les derniers 10km, ça allait être un vrai jeu de survie», relate le vainqueur.

«Vers la fin de la course, je pouvais dire que sa respiration était plus forte que la mienne et qu’il montrait des signes de fatigue. Mon expérience me disait que j’étais plus fort que lui à ce moment-là et j’ai continué à courir vite. J’ai finalement réussi à ouvrir un bon écart d’une dizaine de secondes au 35e km.»

Les secondes qui ont suivi, Doiron les a vécues comme un rêve éveillé.

«Il y avait du monde pendant tout le dernier 100m qui criait. Quand l’annonceur dit: on a notre premier coureur de marathon, la foule commence à s’éclater. Mais je ne savais toujours pas si j’avais besoin de faire un sprint. J’ai regardé derrière et je ne voyais pas Jamie (MacLellan)», souligne-t-il.

«C’est là que tout l’entraînement que j’ai fait pendant la dernière année, la longueur de la course, l’effort que j’ai mis là-dedans, ça m’a tout frappé d’un coup et j’ai juste eu comme une grosse vague d’émotions. J’ai serré le poing et j’ai lancé un cri de joie.»

Il a ri, il a pleuré, mais surtout, il était fier.

«Je suis en train de réaliser tranquillement que j’ai réalisé mon projet de course et que j’ai consacré un an de ma vie à cette course. C’est vraiment le fun de voir à quel point les gens sont contents pour moi. Ça veut dire beaucoup pour moi. C’est tellement de travail et de discipline au quotidien. C’est très spécial. Je dirais même que c’est un des meilleurs moments de ma carrière.»

Même s’il s’est qualifié pour le prestigieux marathon de Boston, Jean-Marc Doiron risque de passer son tour.

«On dirait que c’est Ottawa qui m’appelle le plus. Je veux continuer à bâtir l’anticipation envers le marathon de Boston. Je veux faire un marathon d’une ville moyenne avant de faire Boston, Londres, Berlin ou Amsterdam. C’est dans ma liste pour les prochaines années.»

Et quel est son prochain grand rendez-vous?

«Le mariage compte-tu comme un événement?», lance-t-il en riant.

Le 30 juin prochain, il unira sa destinée à sa compagne de plusieurs années, Anouk Pelletier, qui fait également de la course à pied.

«La marche dans l’allée de l’église sera la prochaine ligne droite dans ma carrière!»

Les autres gagnants

Outre la victoire de Jean-Marc Doiron au marathon de Fredericton, mentionnons également celle de Heather O’Donnell (Wilmot, Nouvelle-Écosse), qui a été la meilleure femme avec une 9e position et un temps de 2h59m56s.

Lee Wesselius (Riverglade) a remporté le demi-marathon, dimanche, avec un chrono de 1h11m08s.

Il a devancé Richard Sukiennik, de Bangor (Maine), et Adam Kellar, de Guelph (Ontario).

Les deux athlètes ont bouclé l’épreuve dans des temps de 1h14m22s et de 1h16m57s respectivement.

La meilleure femme a été Morgan Hawkes (Halifax), qui a terminé l’épreuve en 17e position avec un chrono de 1h31m31s.

L’Acadien Lars Schwarz, de Fredericton, a été le roi du 10km avec un chrono vainqueur de 34m56s.

Shelley Doucet, de Quispamsis, a été la meilleure femme avec une 3e place au classement général et un temps de 35m57s.

François Richard, de Dieppe, a été couronné à l’épreuve de 5k, avec un temps de 17m46s.

La meilleure femme est Rebecca Dolson-Edge (Fredericton), qui a franchi le parcours en 20m12s, bon pour la 9e position au classement. – SP