Titan: joueurs, entraîneur, DG et propriétaires en liesse

Jeffrey Viel était resplendissant de bonheur sur la glace du Centre K.-C.-Irving. Pour son dernier match dans la ville qui l’a vu passer de l’adolescence au monde adulte, le capitaine du Titan ne pouvait espérer de meilleur scénario.

«C’est incroyable. Je ne sais pas quoi dire. Écoute, je n’ai déjà plus de voix tellement je n’arrête pas de crier depuis tantôt. Je suis tellement content. Je suis content pour les gars et pour les partisans. Nous avons vraiment bien fait ça», s’exclame le numéro 25.

Invité à commenter son titre de joueur le plus utile, Viel y est allé d’une réponse savoureuse.

«Je suis content du trophée Guy-Lafleur, mais j’aime pas mal plus l’autre», a-t-il lancé en riant tout en regardant vers la coupe du Président.

«Là on va célébrer, mais ensuite on va se concentrer sur l’autre trophée (la coupe Memorial», a-t-il ajouté.

L’entraîneur Mario Pouliot, qui a eu droit à une douche de Gatorade de la part de ses joueurs, était visiblement ému.

«Je ne peux pas demander mieux. Après la naissance de mes enfants, c’est le plus beau jour de ma vie», dit-il.

Pouliot est d’avis que la profondeur de l’équipe et la tenue d’Evan Fitzpatrick ont fait la différence.

«Evan a fait des gros arrêts importants dans cette série. Et notre quatuor défensif a été incroyable. Après notre partie difficile dans le quatrième match, les gars ont bien rebondi. Je ne pense pas qu’il y avait beaucoup de monde qui nous voyait gagner la cinquième partie à Blainville, puis de revenir ici pour sceller l’issue de la série devant nos partisans. C’est incroyable», a-t-il dit.

Le président de l’équipe Serge Thériault était évidemment aux anges.

«C’est difficile de décrire ce que je ressens. Il y a cinq ans, qui aurait pu dire que nous serions ici. Bien sûr, nous le souhaitions tous et nous voulions tous y croire, mais de réussir à le faire c’est incroyable», mentionne-t-il.

«Depuis le début des séries, nous avons senti que le Titan était de nouveau l’équipe de la région. Aujourd’hui, nous étions 3524 personnes dans l’aréna, mais nous aurions pu facilement être 7000 ou même 10 000. Tout le monde était derrière le Titan et c’est merveilleux», a-t-il ajouté.

Le directeur général Sylvain Couturier, de son côté, s’est dit à la fois content pour l’équipe et les partisans.

«Ils ont été patients et ils méritent ce championnat, a mentionné Couturier. Il y a quatre ans, quand nous avons commencé à bâtir cette équipe, c’est vrai qu’il y a eu beaucoup de sceptiques. Mais nous, que ce soit le comité hockey, les recruteurs ou l’équipe d’entraîneurs, nous y avons toujours cru. Et aujourd’hui, nous avons les résultats. Et nous sommes contents.»

«C’est incroyable, s’est de son côté exclamé Marc-André LeCouffe, qui est devenu le quatrième joueur de la Péninsule acadienne à remporter la coupe du Président avec Donald McGrath, Luc Bourdon et Michael Ward.

«Il n’y a pas de mots pour décrire comme je me sens. Je suis tellement honoré d’être le quatrième gars de la Péninsule à le faire. En tout cas, les dernières secondes ont été stressantes. En fait, ç’a été stressant du début à la fin. Heureusement, l’équipe a trouvé une façon de gagner», a indiqué le hockeyeur de Tracadie.

«C’est la plus belle chose qui me soit arrivée dans le hockey, a confié Antoine Morand qui baignait dans le bonheur. J’ai rêvé à une ambiance comme ça toute ma vie. Je suis tellement content.»

«C’est indescriptible comme sensation, soutient Samuel Asselin. Je ne devais même pas être ici. Au départ, je devais me faire opérer. Mais me voilà ici en train de fêter. Gagner la coupe du Président est la meilleure chose qui me soit arrivée dans la vie. Et l’ambiance dans l’aréna est incroyable. Bravo Bathurst! Bravo tout le monde! Have Fun!»

«C’est incroyable, affirme Adam Holwell. J’ai de la misère à parler tellement j’ai crié. C’était ma dernière partie à Bathurst et je voulais tout donner. Je suis tellement content.»

«Tout le monde qui joue junior rêve de gagner cette coupe, souligne Justin Ducharme. Mais personne ne peut s’imaginer à quoi ça va ressembler tant que tu ne l’as pas vécu. Les dernières secondes du match ont été les plus longues de ma vie.»

Le mot de la fin appartient Olivier Galipeau qui remporte une deuxième coupe du Président après celle de 2014 avec les Foreurs de Val-d’Or.

«Il n’y a pas de mots pour décrire ce que je ressens. Elle est encore meilleure que la première. Ce qui a fait la différence, c’est notre force de caractère. Après un mauvais match, nous avons toujours trouvé le moyen de revenir fort. Nous avons les meilleurs partisans. Ils ont fait une différence. Dans les dernières minutes de jeu, on ne pouvait même pas s’entendre sur la glace. Ils nous ont tellement donné de l’énergie», a-t-il révélé.

«La rondelle ne voulait pas rentrer»

Joël Bouchard avait l’air épuisé lorsqu’il est venu donner son point de presse après la rencontre. Il faut dire que les dernières semaines ont été éprouvantes.

Si l’entraîneur de l’Armada a tenu à donner le crédit au Titan, il croit cependant que ses joueurs ont payé cher leur fatigue mentale.

«Lors des dernières parties, en raison de la fatigue mentale, les gars n’ont pas été capables de marquer sur des jeux que nous aurions en temps normal complété. Cela dit, les gars ont démontré du caractère. Je respecte l’effort que les gars ont donné. Je suis vraiment très fier d’eux. Nous n’avons également pas donné beaucoup de chances de marquer au Titan. De notre côté, les chances étaient là, mais la rondelle ne voulait pas entrer», affirme-t-il.

«Le Titan nous a fait payer cher nos erreurs aujourd’hui (dimanche). Et puis leur gardien a été très bon encore. Fitzpatrick a atteint son apogée dans le junior majeur au bon moment. Dans les deux derniers matchs, c’est lui qui a fait la différence», estime Joël Bouchard.

«C’est dommage parce que nous étions quand même en bonne position à 2-2 dans la série. Et puis, nous avons disputé un bon match vendredi malgré la défaite. Mais ce soir, même si nous avons très bien joué dans les deux dernières périodes, nous n’avons juste pas été capables de marquer», mentionne-t-il.

Questionné sur son avenir avec l’Armada, lui dont les rumeurs ne cessent de l’envoyer dans l’organisation du Canadien de Montréal, Bouchard a préféré ne pas commenter. Ou du moins, il a plutôt détourné la question en parlant de ses joueurs.

«Il y a beaucoup d’émotion actuellement autour de l’équipe. Les gars ont travaillé fort pour se rendre jusqu’ici et ils méritent que je pense à eux. Là, c’est le temps de retourner à la maison et de leur donner de l’amour. On fera ensuite le bilan de la saison plus tard. Pour le moment, ma tête se trouve avec mes joueurs», ajoute-t-il.

Le vétéran Alexandre Alain, peu loquace, a expliqué sa déception par de courtes phrases d’une voix éteinte.

«C’est difficile, dit-il. Ce n’est pas un bon feeling. Il faut donner le crédit au Titan.» – RL