Le Titan champion: «Ça prend une équipe spéciale» – Jeffrey Viel

Les amateurs de hockey qui cherchaient les joueurs du Titan pour les féliciter ou pour leur demander un autographe ont dû sortir leurs talents de détectives pour les retracer, lundi. Ce n’est pas dans un bar ou dans un restaurant qu’une dizaine de patineurs ont choisi de passer leur première journée en tant que champions de la LHJMQ, mais dans un champ de pratique, en train de frapper des balles de golf!

Le capitaine Jeffrey Viel a pris une petite pause entre deux coups de bois numéro un pour jaser de ce qu’il vient de vivre.

«Les émotions sont descendues un peu par rapport à dimanche soir, mais je n’en reviens pas encore. Cette coupe-là, ça veut tout dire pour moi. C’est la raison pour laquelle on joue au hockey. Ce sont les meilleurs sentiments qu’un athlète peut vivre. C’est vraiment incroyable», mentionne le joueur par excellence des séries.

Après une fête bien arrosée et quelques heures de sommeil, les joueurs ont décidé de profiter du beau temps, lundi à Bathurst.

«C’est une belle journée et on essaie de passer un peu de temps dehors», indique celui qui vient de parapher un contrat avec les Sharks de San Jose.

«On n’est pas de très bons golfeurs, mais je pense que c’est (Samuel) Asselin qui est le meilleur», lance Samuel L’Italien, qui passait par là.

«Ce n’est pas notre sport numéro un, mais on essaie de travailler ça un peu. On a encore de l’ouvrage», blague-t-il.

Jeffrey Viel se dit choyé d’avoir pu partager toutes ces émotions avec ce groupe d’athlètes.

«Pour gagner un championnat comme ça, ça prend une équipe spéciale. Tout le monde s’entend bien avec tout le monde dans le groupe. En fait, j’ai rarement vu une équipe où les joueurs s’entendent si bien que ça. Je pense que c’est vraiment ça qui a fait la différence.»

D’un point de vue personnel, il se dit fier de remporter le trophée qui porte le nom de Guy Lafleur, un immortel du hockey.

«J’avais pris une photo avec lui quand j’étais plus jeune, et là, je vais avoir mon nom sur son trophée… C’est vraiment un bel honneur.»

De retour au téléphone après avoir frappé quelques balles dans le bois, Samuel L’Italien avait encore de la difficulté à exprimer ses émotions.

«Ça ne fait pas encore 24 heures et on dirait qu’on vit tout ça un peu au ralenti. On essaie de profiter de chaque moment qu’on peut avant de partir pour Regina», raconte le numéro 9 du Titan.

«Gagner la coupe du Président, c’est un rêve. À partir du moment que tu arrives dans la ligue, c’est le but ultime. Depuis qu’on est jeunes, on regarde tous du hockey junior et on rêve tous d’atteindre ce niveau. Réussir à gagner le trophée à la fin, c’est vraiment un rêve d’enfance qui se réalise.»

Le patineur québécois a aussi tenu à parler de l’esprit de corps qui anime cette équipe.

«Quand on fait des échanges à Noël, on ne sait parfois pas à quoi s’attendre. Les gars qu’on est allé chercher sont tous rentrés dans le moule facilement et tout s’est vraiment bien passé. Tout ça a donné le résultat parfait. On a vécu une saison inoubliable. Ça va être des moments gravés à jamais dans ma tête.»

Le vétéran Olivier Galipeau, acquis à Noël des Saguenéens de Chicoutimi, donnait l’impression d’un gars qui jouait avec le Titan depuis 10 ans.

«On se sent bien en tabarnouche. C’est le meilleur feeling», lance-t-il avec enthousiasme.

«Quand j’ai été échangé, Mario (Pouliot) et Sly (Sylvain Couturier) m’ont appelé et m’ont dit qu’ils voulaient tout gagner cette année. L’objectif était de gagner le dernier match qu’on allait jouer en séries», souligne-t-il.

«Il n’y a pas de mot pour décrire ce que cette coupe veut dire pour moi. Je ne pouvais pas demander mieux pour terminer ma carrière dans le junior. Et le fait de partager tout ça avec ces gars-là, c’est vraiment spécial.»

Le défenseur âgé de 20 ans réalise qu’il reste encore beaucoup de choses à accomplir avant la conclusion de la campagne 2017-2018.

«Juste le fait de jouer au hockey à ce temps-ci de l’année est un privilège. Je pense qu’on ne réalise même pas encore ce qu’on vient d’accomplir.»

Il affirme que les joueurs du Titan ont encore faim.

«Il y a 60 équipes qui jouent au début de la saison et il en reste seulement quatre. On veut profiter de chaque moment et on est chanceux de pouvoir vivre ça. Mais on ne va pas là juste comme passagers ou comme touristes. On va là pour gagner.»