Le Titan champion: Léo-Guy Morrissette est aussi fier qu’en 1999

Léo-Guy Morrissette a beau s’être séparé du Titan d’Acadie-Bathurst en 2013, il n’en continue pas moins de suivre les faits et gestes du club qui aura été sien pendant près de 30 ans (1984 à 2013). Pour lui, impossible de tourner la page à ce qui aura été un (très) grand morceau de sa vie. Une époque dont il s’ennuie d’ailleurs beaucoup. Dimanche, il aurait d’ailleurs fallu que ce soit la fin du monde pour l’empêcher de regarder le match sur les ondes de TVA Sports. Et quand il a vu le capitaine Jeffrey Viel soulever la coupe du Président, il était aussi fier qu’en 1999.

De son propre aveu, Léo-Guy Morrissette soutient qu’il lui a fallu quelques mois avant de vraiment croire aux chances du Titan.

Pour lui, le déclic s’est fait lorsque Sylvain Couturier a commencé à trouver les dernières pièces du puzzle.

Ç’a commencé avec l’acquisition de German Rubtsov, puis ont suivi celles d’Olivier Galipeau, d’Evan Fitzpatrick, de Mitchell Balmas et de Samuel Asselin.

«À la suite du travail de Sylvain, j’étais sûr à 100% que le Titan allait gagner», soutient celui qui dit avoir vu de 20 à 25 parties de l’équipe cette saison, dont tous les matchs de la finale.

Léo-Guy Morrissette et le gardien Roberto Luongo, deux artisans de la conquête de la coupe du Président par le Titan d’Acadie-Bathurst en 1999, lors au retrait du chandail de Luongo en 2012. – Archives

«Sylvain a fait un travail exceptionnel. Tellement que, selon moi, le Titan a d’excellentes chances de remporter la coupe Memorial. Il a su trouver les ingrédients qui manquaient. Le gardien (Fitzpatrick) a été très bon. Et il a bâti une défensive incroyable qui ressemble pas mal à celle de mon club de 1999. Ces défenseurs-là, c’est plaisant de les regarder aller», affirme Léo-Guy Morrissette.

Parmi ses favoris, on retrouve bien sûr le jeune défenseur Noah Dobson.

«Il est vraiment très bon pour un gars qui joue sa saison de 17 ans. Il va être repêché en première ronde, c’est certain. Jouer comme il le fait à un si jeune âge, c’est incroyable. Ce qui m’impressionne le plus chez lui est la façon dont il compose avec ses options sur la glace. Ses prises de décision sont très bonnes. Et il patine déjà comme un futur joueur de la Ligue nationale», mentionne-t-il.

«J’aime aussi beaucoup Jeffrey Viel. Je l’aime vraiment, lui. C’est en plein le genre de joueurs que j’aime. J’aime de le voir foncer au filet. Il a aussi un bon coup de patin. Meilleur patineur que Ramzi Abid qui, bien qu’il était très bon devant le filet, manquait malheureusement de vitesse. C’est d’ailleurs ce qui l’a empêché d’avoir une longue carrière dans la Ligue nationale. Viel a les deux qualités pour avoir une belle carrière comme attaquant de puissance, le coup de patin et le fait qu’il aime foncer au filet. S’il peut tomber sur de bons entraîneurs, il a de bonnes chances d’atteindre la LNH», confie-t-il.

«Et à l’avant, même si le meilleur est Viel, il y en a d’autres qui se distinguent. J’adore (Ethan) Crossman. Il a du caractère, celui-là. Et j’aime aussi beaucoup le numéro 9 (Samuel L’Italien). Il me fait penser à Éric Bétournay. Ce numéro 9 a des qualités cachées. Il fait tout très bien sur la glace. Et puis j’aime Antoine Morand. C’est vraiment un très bon joueur», révèle-t-il.

Jusqu’à quel point s’ennuie-t-il du hockey junior?

«Si j’étais en santé, j’y retournerais tout de suite. J’y pense encore beaucoup, mais je n’ai pas la santé pour ça. J’ai fait deux ACV ces dernières années (NDLR: dont un le 4 septembre 2015). Je peux te dire que ça te diminue un homme. Heureusement, j’ai récupéré. Je marche, j’ai tous mes membres et je fais tout ce que j’ai à faire tout seul. Par contre, je manque d’énergie. Je n’ai plus l’énergie pour travailler 18 heures par jour comme avant. Aujourd’hui, je suis juste capable d’en faire huit», lance en riant aux éclats l’homme de hockey âgé de 72 ans.
Comme vous le voyez, il n’a rien perdu de sa verve.

«Je suis tellement content pour la région» – Léo-Guy Morrissette

Léo-Guy Morrissette dit se réjouir de voir les excellentes foules au Centre régional K.-C.-Irving depuis deux mois. Ça lui confirme que sa décision de vendre à des intérêts locaux étaient la bonne.

«Je suis tellement content pour la région. Quand j’ai décidé de vendre le Titan, j’avais deux choix. J’avais une offre d’un groupe de Terre-Neuve-Labrador qui était même supérieure à celle du groupe local. Mais la dernière nuit, je me suis dit que non, qu’il fallait que cette équipe-là reste à Bathurst. J’ai décidé de la laisser au groupe local», raconte-t-il.

Il n’a jamais regretté sa décision.

«Ils s’occupent de l’équipe comme il se doit et je suis content que les choses aillent bien. Ma fille (Annie), mon fils (Stéphane) et Sylvain (Couturier) me disent que la population a retrouvé sa fierté envers l’équipe comme à la belle époque. J’en suis très content. C’est agréable d’apprendre ça. Je suis tellement fier de Sylvain. Son embauche est l’une des meilleures décisions que j’ai prise dans ma vie. Il a débuté comme adjoint, puis après il a pris ma place. Sylvain est tout un homme de hockey. Ils sont chanceux à Bathurst d’avoir ce gars-là», indique-t-il.

«Sylvain a bâti tout un club de hockey. Tous les éléments sont donc là pour aller gagner la coupe Memorial. J’espère que les joueurs en sont conscients et qu’ils vont accepter de souffrir. Le talent ne suffit pas, ça prend aussi une volonté de travailler. Ça prend aussi un très bon esprit d’équipe. Mais le plus important, c’est d’y croire», dit-il.

Sylvain Couturier aurait-il dû être en nomination pour le titre de directeur général de l’année?

«Bien sûr, mais Bathurst n’est pas Québec ni Montréal. Depuis 1999, j’en ai vu plein des injustices envers les clubs des Maritimes», ajoute-t-il.