Coupe Memorial – Noah Dobson, décontracté… et adoré!

À un journaliste qui lui demandait cette semaine comment il faisait pour avoir l’air aussi calme sur la surface glacée, Noah Dobson a eu cette réplique savoureuse: «Ce calme apparent est un trait de caractère des joueurs des provinces de l’Atlantique. Nous sommes décontractés, pas seulement sur la patinoire. C’est le cas même derrière le volant d’une automobile. Conduire dans les Maritimes ne se compare pas à ce qui se vit à Montréal, par exemple».

Vous pouvez parier que les dirigeants des 31 équipes de la Ligue nationale de hockey ont adoré cette réponse. Non seulement le jeune n’a pas la grosse tête, mais il a aussi de la répartie.

Dans le dernier relevé des meilleurs espoirs de la LNH en vue du prochain repêchage, Dobson est répertorié au cinquième rang parmi les joueurs évoluant en Amérique du Nord.

Il n’empêche que le calme olympien que lui concèdent les médias, et cela d’un océan à l’autre, est loin d’être une exagération. Plus calme que Noah Dobson, on doit presque prendre son pouls pour s’assurer qu’il respire.

D’ailleurs, sur les ondes de TVA Sports, le recruteur Jean-Philippe Glaude, des Predators de Nashville, y est allé de cette réflexion qui en dit beaucoup sur la réputation de l’Insulaire de Summerside: «Certains défenseurs sont bons avec la rondelle, mais quand la pression augmente, ils vont précipiter leur geste. Noah Dobson, lui, garde sa capacité à prendre de bonnes décisions».

Bref, le joyau du Titan d’Acadie-Bathurst en met plein la vue à Regina. Seul son capitaine Jeffrey Viel (3-6=9) a empilé plus de points que Dobson (2-5=7) jusqu’ici dans le tournoi. La passe qu’il a servi justement à Viel lors du but du capitaine, mardi soir contre les Bulldogs de Hamilton, était une œuvre d’art.

«C’est fou comment ce gars-là est calme peu importe la situation, a affirmé le capitaine Viel lorsque questionné sur le sujet mercredi matin. Il est vraiment très mature pour son âge. Et honnêtement, je n’ai pas peur de dire qu’à 17 ans, je n’aurais pas été prêt à vivre avec cette pression médiatique.»

«Malgré les nombreux médias qui sont autour de lui, Noah gère très bien ça, soutient pour sa part le directeur général Sylvain Couturier. Il se contente de répondre aux questions et ça ne semble pas l’étouffer. D’ailleurs, il joue très bien dans ce tournoi. Il se comporte comme un professionnel.»

«Je ne sais pas si son rendement ici va lui permettre de grimper dans le top-5 du repêchage, mais je crois que les chances sont là. Selon moi, la seule chose qui pourrait l’empêcher de faire le saut chez les professionnels dès la saison prochaine serait sa maturité physique. Mais on ne sait jamais, un bon été d’entraînement pourrait lui permettre d’ajouter de 10 à 15 livres à sa charpente. Ça s’est déjà vu. On verra bien au prochain camp d’entraînement», poursuit Couturier.

«Un sang-froid incroyable»

À l’entraîneur Mario Pouliot, nous avons demandé si le numéro 53 avait augmenté sa valeur dans la dernière semaine.

«Je n’en suis pas certain pour sa valeur, mais c’est clair que ça n’a pas nuit», a-t-il riposté en ricanant.

«Noah montre un sang-froid incroyable sur glace. Sur le but de Jeffrey, mardi, il a réussi toute une passe après que le défenseur des Bulldogs de Hamilton se soit jeté sur la glace. Il ne restait pas beaucoup d’espace pour passer la rondelle mais Noah l’a trouvé et Jeffrey a complété le jeu comme un guerrier», a raconté un Pouliot admiratif devant le talent de son jeune défenseur qui a célébré son 18e anniversaire de naissance en janvier.

Qu’en pense le principal intéressé?

«Évidemment, il y a beaucoup de médias qui sont impliqués dans un tel événement, mais je prends tout ça une journée à la fois. Le plus important est de garder ma concentration sur notre objectif d’équipe qui est de remporter la coupe Memorial. Je me sens bien avec mon jeu. Et en tant qu’équipe, je crois que nous sommes en train de créer un beau buzz», a-t-il révélé.

«Pour plusieurs gars dans l’équipe, ce tournoi est une grande occasion pour démontrer ce qu’ils sont capables de faire sur une plus grande scène. Ce n’est pas rien pour des gars qui viennent d’un petit marché où, bien souvent, ils vont passer un peu sous le radar», a-t-il ajouté.