Titan – Jeffrey Viel se forge une belle réputation

Il y a des joueurs qui deviennent meilleurs quand les rendez-vous sont plus importants. Chez les anglophones, on surnomme ce genre de bonshommes des «money players». En français, on pourrait traduire cela par «joueurs de grandes occasions». Claude Lemieux a joué toute sa carrière professionnelle avec une telle étiquette. Le capitaine du Titan Jeffrey Viel est en train de se forger une réputation similaire, du moins au niveau junior.

Le récent gagnant du trophée Guy Lafleur remis au joueur le plus utile des séries éliminatoires de la LHJMQ domine la colonne des pointeurs du tournoi de la Coupe Memorial avec une récolte de neuf points en trois rencontres, dont trois buts.

Des chiffres pour le moins impressionnants de la part d’un attaquant qui a joué toute sa carrière junior sous le radar des recruteurs de la LNH. Les Sharks de San Jose doivent sûrement se claquer les cuisses de satisfaction ces jours-ci quand ils voient comment se débrouille leur récente trouvaille quand ça compte vraiment.

Pourtant, ce n’est pas d’hier que Viel élève son jeu d’un cran quand la situation l’exige. Lors de ses trois dernières campagnes, sa moyenne de points par partie a toujours été de beaucoup supérieure en séries éliminatoires qu’en saison régulière. La preuve, il a compilé lors des trois dernières saisons des moyennes de ,85, ,95 et 1,08 point par match en saison, comparativement à 1,4, 1,4 et 1,2 point en séries. D’ailleurs, Viel a dominé la colonne des pointeurs du Titan en séries à chacune des trois dernières séries éliminatoires, alors qu’il n’a jamais pu faire mieux qu’une troisième place en saison régulière.

«J’ai toujours aimé les matchs importants, dit-il. C’est pendant ces moments-là que tu peux vraiment démontrer ce dont tu es capable de faire.»

Tout ça est bien beau, mais comment parvient-il soir après soir à garder un tel niveau de jeu, alors que les matchs sont nettement plus difficiles à disputer qu’en saison régulière?

«C’est assez difficile à expliquer, rétorque-t-il. Disons que j’aime monter mon jeu d’un cran dans les moments importants. Tout ce que tu as à faire est de trouver l’énergie nécessaire. Et si jamais tu sens que tu as moins d’énergie, tu trouves une façon pour en trouver.»

Le directeur général Sylvain Couturier ne tarit pas d’éloges à l’endroit de son guerrier de 6 pieds 1 pouce et 202 livres. C’est autour de Jeffrey Viel que Couturier a réellement entamé la construction de cette équipe qui vient donner une première coupe du Président au Titan depuis 1999. Dans exactement une semaine, cela fera quatre ans que Couturier est allé chercher Viel à Sherbrooke en retour de l’ex-capitaine Raphaël Lafontaine.

«Il est en mission actuellement. En plus de jouer son rôle de leader, notre capitaine a également pris en charge l’offensive de l’équipe», souligne-t-il.

«Jeffrey et (Samuel) Asselin ont été mes deux attaquants les plus constants depuis le début du tournoi», mentionne de son côté Mario Pouliot.

«Jeffrey travaille comme un guerrier, alors qu’Asselin joueur actuellement le pied dans le prélart», confie l’entraîneur avec couleur.
Pouliot aimerait cependant voir d’autres attaquants contribuer davantage. Des vétérans comme Mitchell Balmas, Jordan Maher, German Rubtsov, Antoine Morand et Samuel L’Italien sont toujours en quête d’un premier but.

«Il y a trop de gars avec un zéro dans la colonne des buts, dit-il. Nous avons été reconnus toute la saison comme un club avec de la profondeur et il faut que ça redevienne comme ça.»

«L’effort est là. Ce n’est pas ça le problème. Mais ils devront toutefois améliorer leur exécution et foncer encore plus au filet. C’est ce que font Viel et Asselin. Pour marquer, les gars devront accepter de se salire un peu plus», ajoute Mario Pouliot.