Un congédiement qui aura été bénéfique pour Mario Pouliot

Vous avez sans doute entendu souvent au fil des ans, particulièrement à ce temps-ci de l’année alors que les championnats de ligue et les finales de tournoi se disputent, d’anciens hockeyeurs conseiller aux plus jeunes de ne pas rater une occasion quand elle se présente parce que ça pourrait bien être leur dernière chance. À bien y penser, le conseil est aussi bon pour les entraîneurs.

Depuis 1996, sur les 173 entraîneurs qui ont eu l’occasion de diriger une équipe de la LHJMQ, seulement sept d’entre eux sont parvenus à mener leur club à la victoire ultime au tournoi de la coupe Memorial. Il s’agit de Michel Therrien (1996, Granby), Claude Julien (1997, Hull), Doris Labonté (2000, Rimouski), Patrick Roy (2006, Québec), Gerard Gallant (2011, Saint-Jean), Éric Veilleux (2012, Shawinigan) et Dominique Ducharme (2013, Halifax).

Même des entraîneurs chevronnés comme Guy Chouinard, Réal Paiement, Benoit Groulx, Pascal Vincent, Richard Martel, Clément Jodoin, Denis Francoeur, André Tourigny, Mario Durocher et Yanick Jean, entre autres, n’y sont pas arrivés.

Dimanche, Mario Pouliot aura l’occasion d’ajouter son nom à cette liste pour le moins glorieuse. On lui a donc demandé ce qu’il pensait de cette possibilité.

Au départ, il est surpris par l’invitation. Comme la plupart des entraîneurs, il préfère parler de l’équipe et de ses joueurs plutôt que de lui.

«Je ne suis pas un gars qui parle bien gros de ses affaires», dira-t-il en introduction.

«Il n’y a que mes proches qui savent exactement les sacrifices qu’il y a derrière ça. La persévérance…», ajoutera-t-il sans vraiment terminer sa phrase.

Mais à force de gratter, il finit par avouer qu’il adore son expérience à Regina.

«J’ai beaucoup de plaisir à vivre tout ça. Je savoure chaque seconde», confie-t-il.

Puis, au fil de la conversation, on découvre à quel point il est reconnaissant envers Sylvain Couturier de lui avoir offert cette deuxième chance de diriger un club de la LHJMQ après son congédiement du Drakkar de Baie-Comeau pendant la saison 2012-2013.

Pouliot est même convaincu que cet appel du DG du Titan est le fruit d’une première entrevue réalisée quelques années plus tôt, alors que Léo-Guy Morrissette était encore le propriétaire de l’équipe.

«Je les avais rencontrés pour le poste d’entraîneur, mais Léo-Guy avait finalement décidé d’y aller avec un autre gars. Je crois cependant que Sylvain a aimé mon entrevue et c’est la raison pourquoi il m’a rappelé en 2014. J’ai depuis développé une belle complicité avec Sylvain. J’aime discuter avec lui. J’aime son calme. Ça m’aide bien gros de me servir de toute son expérience. Il a joué chez les professionnels et c’est un gros plus pour moi d’avoir ce vécu à côté de moi», dit-il.

Avec le recul, Pouliot est d’avis que son congédiement a été la meilleure chose qui puisse lui arriver.

«Ça m’a permis de faire des ajustements, souligne-t-il. Bien sûr, j’ai toujours été reconnu comme un entraîneur exigeant et je le suis encore. Par exemple, je ne fais aucun compromis sur l’importance de bien jouer défensivement. Pour moi, ce n’est pas négociable.»

«Je me suis par contre ajusté avec les joueurs de talent en leur laissant plus de liberté pour s’exprimer. Mais là où j’ai le plus changé, je dirais que c’est dans ma façon de communiquer avec les joueurs. J’ai appris qu’il était important de créer des liens avec eux. Parfois, juste de prendre le temps de parler de n’importe quoi avec un joueur est positif», ajoute-t-il.

Influences

L’homme de hockey le plus important dans la vie de Mario Pouliot est un certain Gaétan Pion, aujourd’hui décédé.

Membre du Temple de la renommée de Hockey Québec à titre d’administrateur-bâtisseur, Pion a roulé sa bosse pendant une trentaine d’années, que ce soit dans les niveaux pee-wee, bantam, midget et junior.

«C’est Gaétan qui m’a fait entrer dans l’organisation du Laser de Saint-Hyacinthe en 1989. J’y ai commencé comme recruteur, puis je suis devenu entraîneur adjoint», dit-il.

«Et comme Gaétan était le directeur général pour le début de l’aventure des Gaulois du Collège Antoine-Girard en 1997, il m’a encore demandé de le rejoindre. Il a été un très gros impact sur moi. Il a aussi été mon entraîneur de balle molle», raconte-t-il.

Parmi les autres hommes de hockey qui ont vraiment compté dans son cheminement, on retrouve André Tourigny et Benoit Groulx.

«J’ai été chanceux de pouvoir travailler avec des bonshommes comme André et Benoit au fil des ans. Ce sont deux hommes que je respecte bien gros. Ç’a été formateur de voir comment ces gars-là abordent le sport. J’ai profité de leur expérience. J’ai toujours cru qu’il y a quelque chose à apprendre de chaque homme de hockey et je ne rate jamais une occasion quand elle se présente», mentionne-t-il.

Un autre homme de hockey qu’il n’hésite pas à consulter ces jours-ci c’est son bon ami Dominique Ducharme.

«Je voulais juste m’assurer que je faisais les bonnes choses avec les joueurs», confie-t-il.