Les Wildcats se réjouissent du triomphe du Titan

«Ils vont arrêter de nous dire que les petits marchés ne peuvent pas gagner. Si tu fais ta job, que tu bâtis une bonne équipe, tu vas gagner.»

Le gouverneur des Wildcats de Moncton n’est ni amer ni malheureux de voir les rivaux du nord remporter la Coupe Memorial.

En fait, c’est tout le contraire.

Jean Brousseau rayonnait lundi après-midi. C’est quasiment comme si c’est lui qui venait de soulever le trophée à bout de bras.

«Je suis très content pour eux. Je suis surtout heureux pour ceux qui ont cru dans ce projet et qui ont mis de l’argent là-dedans. Je leur lève mon chapeau. Ce n’était pas évident de garder le navire à flot. Ils auraient très bien pu lâcher ça avant», fait-il remarquer.

«J’étais particulièrement content pour Léopold Thériault (un des copropriétaires), qui a été mon entraîneur dans le hockey mineur à Tracadie. C’est à lui que j’ai d’abord pensé. Il faut aussi donner du crédit à Sylvain Couturier. C’est lui qui a bâti l’équipe.»

Après les victoires des Sea Dogs de Saint-Jean (2011) et du Titan d’Acadie-Bathurst (2018), les Wildcats de Moncton demeurent la seule formation junior majeure dans la province qui n’a pas encore remporté le titre national.

«J’ai fait le commentaire à Robert (Irving) dimanche. On aime se dire que les Wildcats sont uniques. Et bien là, c’est vrai, nous sommes la seule équipe du Nouveau-Brunswick qui n’a pas encore gagné la coupe Memorial», raconte-t-il en riant.

Jean Brousseau affirme qu’il s’agit d’une belle source de motivation pour les Wildcats.

«Combien de temps Shawinigan (les Cataractes) a mis à la gagner? Plus de 40 ans (43 exactement)? Je me dis que notre tour va venir et qu’on va éventuellement gagner. C’est notre vision et on va y arriver. C’est sûr que Moncton va gagner la coupe Memorial. C’est pour ça que je fais du hockey. Ce n’est pas compliqué. Mais c’est sûr que le plus tôt sera le mieux!»

Selon lui, ce n’est pas un hasard si l’équipe de Mario Pouliot est sortie gagnante du tournoi final.

«Le Titan avait la meilleure équipe de la ligue», tranche-t-il.

Meilleure que l’Armada de Blainville-Boisbriand?

«Oui. Ils avaient plus de profondeur. Ils avaient une équipe bien équilibrée. Il faut aussi donner beaucoup de crédit à Evan Fitzpatrick. Beaucoup de monde avait des doutes sur lui, mais il a fait le travail. Il était là dans les moments importants. Il n’a pas volé son blanchissage en finale», souligne le gouverneur des Wildcats.

«J’ai toujours dit que pour gagner la coupe Memorial, il faut que toutes les planètes soient alignées. Je pense que c’est ce qui s’est passé avec le Titan cette année.»

Pour avoir le dessus sur les 59 autres formations de la Ligue canadienne de hockey, il faut trouver la bonne recette. Brousseau mentionne que c’est exactement que le Titan a réussi à faire en 2017-2018.

«C’est un autre exemple que le talent dans la LHJMQ est bien distribué à travers les 18 équipes. Pour être capable de gagner, on doit pouvoir conclure des transactions avec plusieurs équipes pour aller chercher les éléments dont tu as besoin. C’est ce que Sylvain Couturier a été capable de faire sur une période de trois ans.»

Le gouverneur affirme que le Titan vient d’accomplir un exploit remarquable.

«Il y a 60 équipes dans la LCH et il y en a seulement une qui gagne la coupe Memorial. Il y a aussi 18 équipes qui courent après la coupe du Président. Ce sont des cycles et si tu te trompes dans ton cycle, tu manques ton coup.»

Jean Brousseau fait aussi remarquer que la victoire du Titan est une autre preuve que l’expansion dans les Maritimes était une bonne décision pour la LHJMQ.

Depuis 2010, pas moins de six équipes à l’est de Rimouski ont mis la main sur la coupe du Président, soit Moncton (2009-2010), Saint-Jean (2010-2011, 2011-2012 et 2016-2017), Halifax (2012-2013) et Acadie-Bathurst (2017-2018).