Ça va pas mal vite pour Antoine Morand

Le 13 mai, la tête pleine de rêves comme la plupart de ses coéquipiers, Antoine Morand s’apprêtait à sauter sur la glace du Centre régional K.-C.-Irving afin de disputer le sixième match de la finale de la LHJMQ contre l’Armada de Blainville-Boisbriand. Seize jours plus tard, le voilà avec une coupe du Président, une coupe Memorial, un premier contrat professionnel accompagné sans doute d’un beau boni de signature et une nouvelle équipe (Halifax) qui accueillera le prochain rendez-vous national de la Ligue canadienne de hockey. C’est beaucoup pour un jeune homme âgé de 18 ans.

Morand est le premier à admettre que ça va pas mal vite ces jours-ci.

«Tout se passe en même temps, dit-il. Je ne crois pas que je réalise tout. En fait, je commence seulement à descendre de mon nuage. Et honnêtement, tout ce que je veux aujourd’hui c’est de profiter au maximum de mes derniers moments avec mes chums. Ce soir (mardi), il y a le défilé et ça promet d’être émotif.»

Le numéro 88 aura certainement une pensée pour Gilles Cormier, l’actuel chef de la direction du Titan, et sa conjointe Anita, chez qui il habite depuis son arrivée à Bathurst en août 2015.

«Ils m’ont accueilli à l’âge de 16 ans et ils ont été une deuxième famille pour moi. Ça me fait de la peine de les quitter. Ils m’ont tout donné pour que je puisse réussir», affirme Morand.

«J’ai aussi l’intention de parler aux partisans ce soir. Je veux les remercier pour tout ce qu’ils m’ont fait vivre. Et je vais bien sûr parler à mes coéquipiers. Sans eux, rien de tout ça ne serait arrivé», confie-t-il.

Morand dit avoir appris dimanche soir la signature de son premier contrat avec les Ducks d’Anaheim. Idem pour la transaction qui enverra également Jordan Maher dans la capitale néo-écossaise.

«En fait, ça s’est réglé à mon insu, mentionne-t-il. Mon agent (Allain Roy) et les Ducks ne voulaient pas me déranger avec ça pendant le tournoi.»

«Pour l’échange, disons que je m’y attendais un peu. C’est quand même plaisant de me retrouver dans une équipe qui est déjà assurée de prendre part au gros tournoi. On ne parle pas d’un club en reconstruction. Je connais déjà pas mal de gars dans l’équipe. Je pense à Arnaud Durandeau, Benoit-Olivier Groulx, Jared MacIsaac et Olivier Rodrigue, entre autres», ajoute le joueur de centre de 5 pieds 11 pouces et 182 livres.

Morand a été sélectionné par les Ducks pendant la deuxième ronde (60e au total) lors du repêchage de 2017. En 2015, le Titan avait fait de lui sa première sélection au deuxième rang, tout juste derrière un certain Joseph Veleno par les Sea Dogs de Saint-Jean. Morand termine son passage à Bathurst avec un dossier de 68 buts et 132 passes pour 200 points en 181 matchs de saison régulière.

Il fait partie d’un groupe restreint de sept joueurs qui sont parvenus à atteindre le plateau des 200 points en carrière avec la formation d’Acadie-Bathurst. Les six autres sont Olivier Filion (305), Thomas Beauregard (294), Mathieu Perreault (285), Zach O’Brien (259), Christophe Boivin (219) et Mathieu Roy (202).

Morand a ajouté 10 filets et 24 mentions d’aide pour 34 points en 36 duels éliminatoires. Il a de plus enregistré deux passes en quatre parties au tournoi de la Coupe Memorial.

Allain Roy, un agent très occupé

L’agent Allain Roy est un homme occupé ces jours-ci. Très occupé en fait.

Croyez-le ou non,  six de ses clients ont paraphé un premier contrat professionnel dans le dernier mois. Les plus connus pour nos lecteurs sont certes le capitaine du Titan Jeffrey Viel et son coéquipier Antoine Morand avec respectivement les organisations des Sharks de San Jose et des Ducks d’Anaheim, en plus du défenseur Tobie Paquette-Bison, de l’Armada de Blainville-Boisbriand, qui s’alignera plutôt avec les Americans de Rochester au lieu des Aigles Bleus de l’Université de Moncton.

Et Roy est actuellement à Buffalo pour le Combiné de la Ligue nationale en vue du prochain repêchage. Deux de ses clients y participent, dont Zachary Bouthillier, le spectaculaire gardien des Saguenéens de Chicoutimi que les partisans du Titan ont découvert lors de la première ronde des séries éliminatoires.

«Dans le cas d’Antoine, ça faisait un bout que je discutais avec les Ducks, mais tout s’est réglé officiellement dimanche soir. Je le lui ai aussitôt annoncé», mentionne l’agent originaire de Campbellton.

«Les Ducks le voient parmi les joueurs d’avenir de leur organisation», dit-il.

Roy est évidemment très fier pour les quatre agents libres de 20 ans que sont Viel, Paquette-Bisson, Pascal Aquin, des Islanders de Charlottetown (Rochester) et Matt Bradley, des Pats de Regina (Toronto).

«Ce sont toujours de bonnes histoires quand ça concerne des agents libres de 20 ans, affirme Roy. J’aime particulièrement celle de Jeffrey. Ce gars-là, selon moi, va trouver une façon d’atteindre la Ligue nationale. C’est juste une question de temps. Je le vois même en mesure de devenir un joueur capable de contribuer entre 12 et 20 buts par saison.»

Roy complétera sa semaine de travail à Shawinigan pour le repêchage de samedi, alors que plusieurs de ses jeunes clients d’âge midget seront sélectionnés. Parmi ceux-ci, on retrouve Patrick Guy, des Cantonniers de Magog, et Jérémy Poirier, des Grenadiers de Châteauguay, répertoriés aux troisième et quatrième échelons parmi les plus beaux espoirs de l’encan, ainsi que le gardien néo-brunswickois Ethan Pearson, des Gladiators de la Newbridge Academy.