Titan – Le petit marché qui a pensé comme un gros

Mario Pouliot a beau être content pour la dizaine de joueurs qui vont passer à une prochaine étape dans leur carrière, il ne peut s’empêcher d’être un brin égoïste en se disant que ça aurait été amusant que l’aventure se poursuive.

«Je suis fier de ce que nous avons accompli, mais je suis également triste que ce soit terminé. Quand les choses vont aussi bien, tu ne veux jamais que ça s’arrête», confie l’entraîneur-chef des champions de la coupe Memorial et de la coupe du Président.

«Je suis un entraîneur privilégié d’avoir pu diriger ce groupe de joueurs. Ils ont marqué à jamais l’histoire de l’organisation en allant remporter la 100e présentation de la coupe Memorial. D’autant plus que c’était notre 20e saison à Bathurst. Nous sommes le plus petit marché dans la Ligue canadienne, mais nous avons pensé comme si nous étions un gros marché. Nous avions un plan et nous y avons cru. Et les joueurs aussi y ont cru», dit-il.

Tous savent déjà tout le bien que Mario Pouliot pense du capitaine Jeffrey Viel. Plusieurs déclarations de l’entraîneur vis-à-vis du numéro 25 ont été publiés dans nos pages au cours des dernières semaines. C’est pourquoi nous nous sommes attardés davantage sur les autres joueurs qui ont particulièrement marqué la dernière campagne.

Pouliot a commencé avec Adam Holwell et Olivier Galipeau. Il estime qu’ils composaient avec Viel le trio de 20 ans parfait.

«Je l’ai déjà dit, Holly est selon moi le joueur le plus sous-estimé de la LHJMQ. Il a été incroyable pour nous. Et Gally a eu un impact extraordinaire dès son arrivée. Jeff était notre grand leader, mais Holly et Gally, ainsi que (Antoine) Morand, (Noah) Dobson et (Mitchell) Balmas, ont aussi apporté beaucoup de leadership», note l’entraîneur, qui ne tarit également pas d’éloges envers Samuel Asselin.

«Les gens ne le réalisent peut-être pas, mais ce gars-là ne devait même pas jouer les séries. Sa saison était terminée quand il a été blessé en janvier à Saint-Jean. C’est lui-même, parce qu’il connaissait des gens, qui s’est arrangé pour aller consulter d’autres médecins. Il a tout fait pour trouver une façon de revenir au jeu», mentionne Pouliot.

«Je peux te dire qu’il voulait revenir en maudit ce kid-là. Et regardez ce qu’il a fait pendant les séries. Il a affronté les meilleurs trios adverses chaque soir et il a contribué offensivement. Il a été un incroyable guerrier», souligne-t-il.

L’entraîneur ne cache également pas son bonheur d’avoir pu compter sur un gardien de la trempe d’Evan Fitzpatrick. Sylvain Couturier est allé le chercher à Sherbrooke en cédant en retour l’ancien numéro un Reilly Pickard.

«Je me souviens que des gens ont dit que Sly avait échangé une piastre contre quatre 30 sous. D’ailleurs, je trouve que Sly a été trop souvent critiqué injustement dans les médias sociaux. C’est lui qui a construit cette équipe», dit-il.

«Et à ce que je sache, Fitz n’a pas eu trop de mauvais matchs avec nous. C’est un gars qui est continuellement calme et son humeur est toujours pareil. Il a surtout le don de faire les bons arrêts aux bons moments. C’est tout ce qu’on demande à un gardien et il l’a fait.

Dimanche, il a été incroyable pour nous en troisième période», raconte Pouliot.

L’entraîneur est également triste de voir partir Antoine Morand, Jordan Maher (tous deux pour Halifax), Mitchell Balmas (au Cap-Breton) et Justin Ducharme (chez les Saguenéens de Chicoutimi).

«C’est difficile de voir Antoine et Jordan quitter l’équipe. Ces deux gars-là sont arrivés ici à 16 ans et je les ai vus grandir. Malheureusement, il y a un prix à payer pour aller gagner une coupe Memorial. Antoine est tout un gagnant. Il a remporté la coupe Ferrari (championnat des séries éliminatoires de la Ligue midget AAA du Québec), la coupe du Président, la coupe Memorial et il a été un choix de deuxième ronde avec les Ducks d’Anaheim», indique-t-il.

«Chacun à leur façon, ces quatre joueurs ont eu un impact direct sur le résultat final de notre saison», ajoute Mario Pouliot.

Déjà un oeil sur la saison 2018-2019

Mario Pouliot et Sylvain Couturier ont rencontré individuellement chaque joueur, mardi matin, afin de faire le point sur la saison historique qui vient de prendre fin. Ils ont aussi profité de l’occasion, du moins avec ceux qui poursuivront l’aventure avec l’organisation, pour leur parler des défis qui les attendent en 2018-2019.

De son propre aveu, Mario Pouliot dit avoir vécu d’autres moments émotifs lors de ces rencontres. Et le défilé n’avait même pas encore eu lieu lors de cette conversation à brûle-pourpoint en fin d’après-midi.

«Je suis tellement fier des gars. Ils ont tous très bien fait ça au cours des derniers mois. Tous ont su accepter leur rôle. Je pense à des gars comme (Marc-André) LeCouffe et (Cole) Rafuse, entre autres, qui ont eu une attitude irréprochable malgré le fait qu’ils n’ont pas joué beaucoup même s’ils étaient en uniforme. Et quand je les faisais jouer, ils ont toujours livré la marchandise», affirme Pouliot.

«LeCouffe, Rafuse, de même que des joueurs comme Logan Chisholm, Félix-Antoine Drolet et Domenic Malatesta vont tous avoir la chance de jouer des rôles plus importants dans nos succès», assure l’entraîneur.

Il est déjà acquis que Jeffrey Viel, Adam Holwell et Olivier Galipeau, dont les carrières junior sont terminées, Antoine Morand, Jordan Maher, Mitchell Balmas et Justin Ducharme, tous les quatre déjà échangés, ainsi qu’Evan Fitzpatrick et German Rubtsov, qui feront à moins d’une grande surprise le saut chez les professionnels, ne seront pas de retour.

Reste à voir comment Sylvain Couturier et le chef recruteur André Lévesque vont manoeuvrer cette semaine lors des assises qui culminent avec le repêchage de samedi.

«Nous savons quel genre de joueurs nous avons et quel style de jeu nous préconisons. Sylvain et André vont trouver des joueurs qui viendront ici pour compétitionner», mentionne Pouliot.